Marrakech Airshow 2026. Les nouveaux investissements annoncés
Investissements, emplois, fabrication de composants, recherche, sourcing local et technologies de défense : les signatures enregistrées lors des deux premières journées du Marrakech Airshow 2026 traduisent une volonté d’élargir la chaîne de valeur au Maroc. De l’ACME à Midparc, en passant par Safran, Royal Air Maroc et les projets de défense, plusieurs maillons industriels sont appelés à se renforcer.
Mounia Kabiri Kettani
Les accords signés au Marrakech Airshow 2026 renforcent plusieurs maillons de la chaîne industrielle marocaine, de la recherche et de la fabrication aéronautique au sourcing local et aux technologies de défense.
Le Marrakech Airshow ne se limite pas cette année à présenter des aéronefs et des technologies. Les signatures enregistrées depuis l’ouverture du salon mettent en évidence une autre dimension du rendez-vous : celle d’un Maroc qui cherche à élargir sa base industrielle et à capter davantage de valeur sur son territoire.
Du renforcement de la recherche à la fabrication de composants, en passant par l’intégration de fournisseurs marocains et le développement de capacités dans la défense, les différents accords couvrent plusieurs niveaux de la chaîne industrielle.
La recherche et la fabrication avancée au cœur du dispositif
L’un des accords structurants de la première journée concerne l’Africa Center for Manufacturing Excellence (ACME). Le consortium réunit l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’Administration de la Défense nationale, Boeing, le groupe OCP, Lockheed Martin, le CETIM, Safran Nacelles et Airbus.
Implanté à Nouaceur, le centre doit rapprocher recherche, formation et applications industrielles. L’ACME Academy doit notamment contribuer au développement des compétences, tandis que les activités du centre portent sur des domaines tels que les matériaux avancés, la fabrication additive, la robotique, l’automatisation et les technologies de fabrication avancée. L’objectif est de faciliter le passage de la recherche à l’industrialisation et de renforcer les capacités locales dans des technologies utilisées par les secteurs aéronautique et industriel.
Safran renforce la chaîne de valeur des moteurs
Autre annonce de la première journée : le protocole d’accord conclu avec Safran Oil Systems pour le développement d’un projet industriel consacré aux systèmes d’huile et à la gestion des fluides des moteurs aéronautiques.
L’investissement annoncé atteint 160 millions de dirhams, pour environ 100 emplois. Le projet doit notamment développer au Maroc des compétences en usinage et en fabrication de composants de haute précision.
Pour l’écosystème aéronautique marocain, l’enjeu dépasse donc la seule création d’une nouvelle activité. Il s’agit aussi d’élargir progressivement la présence locale sur des composants et systèmes à forte exigence technologique.
Royal Air Maroc veut élargir son sourcing local
La chaîne de valeur se joue également du côté de la demande. Une convention-cadre entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et Royal Air Maroc vise à augmenter la part des achats réalisés auprès d’entreprises marocaines. L’objectif annoncé peut atteindre 60% des besoins concernés.
Le dispositif doit permettre à la compagnie nationale de communiquer davantage sur ses besoins et son calendrier d’achats, tandis que les pouvoirs publics accompagneront la mise à niveau des fournisseurs.
Pour les PME marocaines, l’enjeu est de pouvoir accéder à une commande industrielle plus importante et de répondre aux standards exigés par le secteur aéronautique. À terme, cette démarche peut favoriser l’émergence de nouveaux fournisseurs et renforcer les effets d’entraînement de l’industrie aéronautique sur le tissu productif national.
La défense entre dans une nouvelle phase industrielle
Les annonces concernent également les technologies de défense. L’État marocain et Harmattan AI ont signé une convention d’investissement portant sur un projet intégré couvrant la recherche et développement, le prototypage, l’ingénierie, la production, l’intégration et les essais de technologies anti-drones. Le projet prévoit la création de 1.000 emplois directs et indirects.
Une lettre d’intention distincte porte par ailleurs sur le développement d’un drone et le renforcement de capacités nationales dans les systèmes autonomes. Cette orientation s’inscrit dans le virage vers une base industrielle de défense davantage axée sur la recherche, l’ingénierie et la production locale. Des annonces faites lors de l’ouverture ont notamment porté sur le programme IRIFI et sa perspective de production au Maroc.
Midparc élargit encore le tissu industriel
Les signatures se sont poursuivies le 8 octobre avec plusieurs accords autour de Midparc, confirmant l’élargissement de l’écosystème aéronautique de Nouaceur. Un accord avec APS Coating porte sur la création d’une unité spécialisée dans le traitement de surface de pièces aéronautiques, ainsi que dans le contrôle non destructif. Le projet représente un investissement de 18 millions d’euros et doit générer 120 emplois directs.
Avec Mecapole, Midparc prévoit le développement de capacités d’usinage de pièces destinées aux avions et aux hélicoptères. L’investissement annoncé atteint 14 millions d’euros, pour 85 emplois directs. Ces deux projets ciblent des maillons industriels spécifiques, mais stratégiques, de la chaîne aéronautique : le traitement des pièces et l’usinage de précision.
Trelleborg double la superficie de son usine
Le groupe Trelleborg renforce également sa présence à Midparc. L’accord signé prévoit le doublement de la superficie couverte de son usine, qui passera de 5.209 m² à plus de 10.000 m². Le site est spécialisé dans les systèmes d’étanchéité destinés à l’aéronautique.
Cette extension traduit l’élargissement progressif des capacités industrielles installées au Maroc et l’évolution d’un écosystème qui cherche à attirer des activités de plus en plus spécialisées.
La défense mobilise aussi du foncier industriel
Sept autres signatures portent sur la mobilisation de foncier au sein de la zone d’accélération industrielle de défense. Des projets sont concernés, notamment ceux portés par Arquus, Marcotec, MKU, Inkas, ABA Technologie, IGG/Bal Teq Defense Industries et Harmattan. Ces opérations constituent une étape en amont de futurs projets industriels : elles permettent de réserver ou mobiliser des emprises destinées à accueillir des activités liées à la défense.
Elles élargissent ainsi le nombre d’acteurs appelés à participer au développement de cette nouvelle base industrielle.
Pris séparément, les accords portent sur des activités différentes. Mis bout à bout, ils dessinent cependant une même trajectoire : augmenter la part de recherche, de fabrication, d’ingénierie et de valeur ajoutée réalisée au Maroc.
Du renforcement de la recherche à la fabrication de composants, en passant par l’intégration de fournisseurs marocains et le développement de capacités dans la défense, les différents accords couvrent plusieurs niveaux de la chaîne industrielle.
La recherche et la fabrication avancée au cœur du dispositif
L’un des accords structurants de la première journée concerne l’Africa Center for Manufacturing Excellence (ACME). Le consortium réunit l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’Administration de la Défense nationale, Boeing, le groupe OCP, Lockheed Martin, le CETIM, Safran Nacelles et Airbus.
Implanté à Nouaceur, le centre doit rapprocher recherche, formation et applications industrielles. L’ACME Academy doit notamment contribuer au développement des compétences, tandis que les activités du centre portent sur des domaines tels que les matériaux avancés, la fabrication additive, la robotique, l’automatisation et les technologies de fabrication avancée. L’objectif est de faciliter le passage de la recherche à l’industrialisation et de renforcer les capacités locales dans des technologies utilisées par les secteurs aéronautique et industriel.
Safran renforce la chaîne de valeur des moteurs
Autre annonce de la première journée : le protocole d’accord conclu avec Safran Oil Systems pour le développement d’un projet industriel consacré aux systèmes d’huile et à la gestion des fluides des moteurs aéronautiques.
L’investissement annoncé atteint 160 millions de dirhams, pour environ 100 emplois. Le projet doit notamment développer au Maroc des compétences en usinage et en fabrication de composants de haute précision.
Pour l’écosystème aéronautique marocain, l’enjeu dépasse donc la seule création d’une nouvelle activité. Il s’agit aussi d’élargir progressivement la présence locale sur des composants et systèmes à forte exigence technologique.
Royal Air Maroc veut élargir son sourcing local
La chaîne de valeur se joue également du côté de la demande. Une convention-cadre entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et Royal Air Maroc vise à augmenter la part des achats réalisés auprès d’entreprises marocaines. L’objectif annoncé peut atteindre 60% des besoins concernés.
Le dispositif doit permettre à la compagnie nationale de communiquer davantage sur ses besoins et son calendrier d’achats, tandis que les pouvoirs publics accompagneront la mise à niveau des fournisseurs.
Pour les PME marocaines, l’enjeu est de pouvoir accéder à une commande industrielle plus importante et de répondre aux standards exigés par le secteur aéronautique. À terme, cette démarche peut favoriser l’émergence de nouveaux fournisseurs et renforcer les effets d’entraînement de l’industrie aéronautique sur le tissu productif national.
La défense entre dans une nouvelle phase industrielle
Les annonces concernent également les technologies de défense. L’État marocain et Harmattan AI ont signé une convention d’investissement portant sur un projet intégré couvrant la recherche et développement, le prototypage, l’ingénierie, la production, l’intégration et les essais de technologies anti-drones. Le projet prévoit la création de 1.000 emplois directs et indirects.
Une lettre d’intention distincte porte par ailleurs sur le développement d’un drone et le renforcement de capacités nationales dans les systèmes autonomes. Cette orientation s’inscrit dans le virage vers une base industrielle de défense davantage axée sur la recherche, l’ingénierie et la production locale. Des annonces faites lors de l’ouverture ont notamment porté sur le programme IRIFI et sa perspective de production au Maroc.
Midparc élargit encore le tissu industriel
Les signatures se sont poursuivies le 8 octobre avec plusieurs accords autour de Midparc, confirmant l’élargissement de l’écosystème aéronautique de Nouaceur. Un accord avec APS Coating porte sur la création d’une unité spécialisée dans le traitement de surface de pièces aéronautiques, ainsi que dans le contrôle non destructif. Le projet représente un investissement de 18 millions d’euros et doit générer 120 emplois directs.
Avec Mecapole, Midparc prévoit le développement de capacités d’usinage de pièces destinées aux avions et aux hélicoptères. L’investissement annoncé atteint 14 millions d’euros, pour 85 emplois directs. Ces deux projets ciblent des maillons industriels spécifiques, mais stratégiques, de la chaîne aéronautique : le traitement des pièces et l’usinage de précision.
Trelleborg double la superficie de son usine
Le groupe Trelleborg renforce également sa présence à Midparc. L’accord signé prévoit le doublement de la superficie couverte de son usine, qui passera de 5.209 m² à plus de 10.000 m². Le site est spécialisé dans les systèmes d’étanchéité destinés à l’aéronautique.
Cette extension traduit l’élargissement progressif des capacités industrielles installées au Maroc et l’évolution d’un écosystème qui cherche à attirer des activités de plus en plus spécialisées.
La défense mobilise aussi du foncier industriel
Sept autres signatures portent sur la mobilisation de foncier au sein de la zone d’accélération industrielle de défense. Des projets sont concernés, notamment ceux portés par Arquus, Marcotec, MKU, Inkas, ABA Technologie, IGG/Bal Teq Defense Industries et Harmattan. Ces opérations constituent une étape en amont de futurs projets industriels : elles permettent de réserver ou mobiliser des emprises destinées à accueillir des activités liées à la défense.
Elles élargissent ainsi le nombre d’acteurs appelés à participer au développement de cette nouvelle base industrielle.
Pris séparément, les accords portent sur des activités différentes. Mis bout à bout, ils dessinent cependant une même trajectoire : augmenter la part de recherche, de fabrication, d’ingénierie et de valeur ajoutée réalisée au Maroc.
