Ivan Segal : « Le Maroc, un marché de référence pour Renault face à l’offensive chinoise »
Avec une part de marché cumulée de 36 % pour Renault et Dacia au Maroc, le groupe français s’appuie sur la solidité de ses marques, son ancrage industriel et son réseau commercial pour défendre ses positions face à une concurrence chinoise de plus en plus offensive. Au Mondial de l’Auto 2026 à Paris, Ivan Segal, directeur Ventes et Opérations Monde de la marque Renault, détaille les leviers de cette stratégie, entre accélération internationale, maîtrise des coûts et adaptation aux spécificités de chaque marché.
Kawtar Firdaous
Ivan Segal, directeur ventes et opérations Monde de la marque Renault.
En marge du Mondial de l’Auto 2026 à Paris, Ivan Segal a souligné, lors d’une table ronde réunissant des journalistes marocains à laquelle L’Observateur du Maroc a pris part, la place stratégique qu’occupe le Royaume dans les ambitions internationales du constructeur français.
Avec une part de marché cumulée de 36 % pour Renault et Dacia, le Royaume figure parmi les marchés de référence du constructeur, qui entend préserver ses positions face à la montée en puissance des marques chinoises.
Dans un secteur automobile mondial marqué par l’intensification de la concurrence et l’accélération de la transition énergétique, le Maroc constitue un atout commercial et industriel pour Renault. Le groupe y bénéficie d’une forte implantation, portée par la complémentarité de ses deux marques, ainsi que par un dispositif industriel qui contribue à son organisation internationale.
Ivan Segal a notamment mis en avant les performances commerciales réalisées par Renault et Dacia sur le marché marocain. La marque Renault y revendique environ 16 % de part de marché, tandis que Dacia représente près de 20 %. Ensemble, les deux marques cumulent ainsi 36 % du marché, selon les chiffres évoqués lors de l’entretien.
« Le Maroc fait partie des pays dont nous sommes particulièrement fiers », a souligné le dirigeant, insistant sur la complémentarité des deux marques. Cette performance constitue un point d’appui stratégique pour le groupe, qui entend consolider ses positions dans un environnement automobile en pleine mutation.
Au-delà des volumes de ventes, le marché marocain illustre la capacité de Renault à construire une présence durable en s’appuyant sur des marques bien implantées et une offre adaptée aux attentes locales. Cette implantation représente également un levier pour les ambitions du groupe en Afrique, où il entend renforcer sa présence commerciale.
Le Maroc, un pilier de l’offensive internationale
Après avoir privilégié le renouvellement de sa gamme européenne à partir de 2020, Renault accélère désormais son offensive hors d’Europe. L’objectif est de rééquilibrer progressivement ses ventes mondiales, aujourd’hui réparties à hauteur d’environ 60 % en Europe et de 40 % dans le reste du monde, pour tendre vers un équilibre de 50/50.
Cette nouvelle phase s’appuie sur le lancement de modèles adaptés aux différents marchés internationaux, notamment en Amérique latine, en Inde, en Corée du Sud et en Afrique du Nord. Le Maroc figure parmi les bases stratégiques de cette organisation mondiale, aux côtés de la Turquie, du Brésil, de l’Inde et de la Corée du Sud.
Le groupe entend ainsi tirer parti de ses différents pôles industriels et commerciaux pour développer des véhicules compétitifs, en fonction des besoins de chaque région. La logique ne consiste pas à produire systématiquement un modèle dans un seul pays pour l’exporter partout, mais à déterminer, au cas par cas, la localisation la plus pertinente.
Ivan Segal explique que cette décision dépend de plusieurs paramètres, notamment les coûts de production, la disponibilité des composants, le potentiel commercial et les accords commerciaux entre les pays. Un modèle conçu pour un marché donné peut ainsi être produit dans un autre pays si les conditions économiques le justifient.
Cette approche conforte le rôle des plateformes industrielles du groupe, dont celle du Maroc, dans un dispositif international fondé sur la complémentarité des sites et la recherche de compétitivité.
Face aux constructeurs chinois, Renault mise sur la vitesse et la compétitivité
La progression des constructeurs chinois constitue l’un des principaux défis auxquels Renault doit faire face. En Europe, les marques chinoises représentent désormais, selon les chiffres avancés par Ivan Segal, environ 12 % du marché. Leur développement rapide s’appuie notamment sur des investissements massifs, une forte intégration technologique et des cycles de développement plus courts.
Le dirigeant reconnaît que les constructeurs chinois ont pris de l’avance dans plusieurs domaines, notamment les technologies embarquées. Mais Renault entend combler cet écart en accélérant ses méthodes de développement et en renforçant sa connaissance de cet écosystème.
"Le groupe a ainsi constitué en Chine, selon Ivan Segal, une équipe de 150 à 200 personnes chargée d’observer les constructeurs locaux, mais également leurs fournisseurs et l’ensemble de leur environnement technologique. L’objectif est d’identifier les pratiques les plus efficaces et de les intégrer aux processus internes" du constructeur.
L’exemple de la nouvelle Twingo illustre cette transformation. Renault a réussi à ramener son cycle de développement à environ deux ans, contre près de quatre ans auparavant, en s’appuyant notamment sur une collaboration avec un partenaire chinois et sur l’évolution de ses méthodes d’ingénierie. Le groupe ambitionne désormais de généraliser cette accélération à ses futurs projets.
Cette recherche de rapidité répond à un enjeu central : réduire les coûts, renouveler les gammes plus rapidement et commercialiser des véhicules capables de rivaliser avec les nouveaux acteurs du marché, sans renoncer aux exigences de qualité et aux attentes des clients.
Une stratégie technologique pragmatique
Sur le terrain technologique, Renault entend également renforcer ses capacités, tout en distinguant les domaines dans lesquels le groupe estime disposer déjà d’un avantage concurrentiel de ceux où des progrès restent nécessaires.
Ivan Segal cite notamment le système multimédia développé avec Google, dont la nouvelle génération doit intégrer l’intelligence artificielle Gemini. Selon lui, cette solution permet à Renault de se positionner favorablement face aux constructeurs chinois sur l’expérience numérique à bord.
Le groupe travaille parallèlement sur le concept de Software Defined Vehicle, qui consiste à centraliser davantage les fonctions électroniques du véhicule autour d’une architecture logicielle. Cette évolution doit permettre de déployer plus facilement de nouvelles fonctionnalités, d’améliorer la gestion des données et de réduire les coûts d’utilisation, notamment pour les véhicules utilitaires.
Renault revendique une approche fondée sur l’apprentissage et le benchmarking permanent. Les partenariats avec des acteurs chinois, y compris dans le domaine industriel, sont considérés comme des occasions d’accélérer les transferts de compétences et d’améliorer les méthodes de développement.
Cette démarche repose sur une conviction : la concurrence chinoise impose une remise en question des pratiques traditionnelles, mais elle peut également servir de catalyseur pour moderniser l’organisation du groupe.
L’électrification, sans modèle unique pour tous les marchés
La réponse de Renault à la concurrence ne se limite pas à la technologie ou à la réduction des coûts. Le constructeur défend également une stratégie de motorisations diversifiées, baptisée « Two Legs Strategy », qui repose sur deux grandes familles de véhicules : d’un côté, des modèles thermiques électrifiés, notamment hybrides, et de l’autre, une gamme entièrement électrique.
Cette approche vise à tenir compte des différences de rythme dans la transition énergétique. Alors que certains marchés européens progressent rapidement vers le 100 % électrique, d’autres restent davantage orientés vers les motorisations hybrides et thermiques.
Pour Renault, la compétitivité passe donc par la capacité à proposer la bonne technologie au bon prix, en fonction des infrastructures disponibles, du pouvoir d’achat et des attentes des automobilistes.
Cette flexibilité demeure particulièrement importante à l’international, où les conditions de marché varient fortement d’un pays à l’autre. Elle permet au groupe de ne pas dépendre d’une seule technologie et de maintenir une offre adaptée à des environnements très différents.
Un enjeu stratégique pour le Maroc
Dans ce contexte, le Maroc représente bien davantage qu’un marché commercial performant. Sa place dans l’organisation internationale de Renault en fait un point d’appui pour accompagner le développement du groupe hors d’Europe, tout en contribuant à sa compétitivité industrielle.
La combinaison des performances de Renault et de Dacia, la présence industrielle du groupe et son rôle dans les échanges internationaux constituent autant d’atouts pour défendre ses positions face à de nouveaux concurrents.
La montée en puissance des marques chinoises oblige néanmoins Renault à accélérer sur plusieurs fronts : développement des produits, maîtrise des coûts, technologies embarquées et adaptation des capacités industrielles aux besoins des marchés. La progression des nouveaux acteurs ne se traduit pas mécaniquement par un recul du constructeur français. Ivan Segal rappelle que Renault a enregistré quatre années consécutives de croissance de ses parts de marché et affirme que le groupe continue de progresser malgré l’intensification de la concurrence.
Au Maroc, où Renault et Dacia totalisent près de 36 % du marché selon les chiffres avancés lors de l’entretien, l’enjeu sera de préserver cet avantage tout en poursuivant l’adaptation de l’offre et le renforcement de la compétitivité.
Le message porté au Mondial de l’Auto 2026 est clair : Renault ne compte pas répondre à la concurrence chinoise par une stratégie uniforme. Le groupe entend s’appuyer sur ses marques, ses implantations internationales et l’accélération de ses méthodes pour défendre ses positions. Dans cette équation, le Maroc conserve un rôle majeur, à la fois comme marché de référence et comme maillon d’un dispositif industriel tourné vers l’international.
Avec une part de marché cumulée de 36 % pour Renault et Dacia, le Royaume figure parmi les marchés de référence du constructeur, qui entend préserver ses positions face à la montée en puissance des marques chinoises.
Dans un secteur automobile mondial marqué par l’intensification de la concurrence et l’accélération de la transition énergétique, le Maroc constitue un atout commercial et industriel pour Renault. Le groupe y bénéficie d’une forte implantation, portée par la complémentarité de ses deux marques, ainsi que par un dispositif industriel qui contribue à son organisation internationale.
Ivan Segal a notamment mis en avant les performances commerciales réalisées par Renault et Dacia sur le marché marocain. La marque Renault y revendique environ 16 % de part de marché, tandis que Dacia représente près de 20 %. Ensemble, les deux marques cumulent ainsi 36 % du marché, selon les chiffres évoqués lors de l’entretien.
« Le Maroc fait partie des pays dont nous sommes particulièrement fiers », a souligné le dirigeant, insistant sur la complémentarité des deux marques. Cette performance constitue un point d’appui stratégique pour le groupe, qui entend consolider ses positions dans un environnement automobile en pleine mutation.
Au-delà des volumes de ventes, le marché marocain illustre la capacité de Renault à construire une présence durable en s’appuyant sur des marques bien implantées et une offre adaptée aux attentes locales. Cette implantation représente également un levier pour les ambitions du groupe en Afrique, où il entend renforcer sa présence commerciale.
Le Maroc, un pilier de l’offensive internationale
Après avoir privilégié le renouvellement de sa gamme européenne à partir de 2020, Renault accélère désormais son offensive hors d’Europe. L’objectif est de rééquilibrer progressivement ses ventes mondiales, aujourd’hui réparties à hauteur d’environ 60 % en Europe et de 40 % dans le reste du monde, pour tendre vers un équilibre de 50/50.
Cette nouvelle phase s’appuie sur le lancement de modèles adaptés aux différents marchés internationaux, notamment en Amérique latine, en Inde, en Corée du Sud et en Afrique du Nord. Le Maroc figure parmi les bases stratégiques de cette organisation mondiale, aux côtés de la Turquie, du Brésil, de l’Inde et de la Corée du Sud.
Le groupe entend ainsi tirer parti de ses différents pôles industriels et commerciaux pour développer des véhicules compétitifs, en fonction des besoins de chaque région. La logique ne consiste pas à produire systématiquement un modèle dans un seul pays pour l’exporter partout, mais à déterminer, au cas par cas, la localisation la plus pertinente.
Ivan Segal explique que cette décision dépend de plusieurs paramètres, notamment les coûts de production, la disponibilité des composants, le potentiel commercial et les accords commerciaux entre les pays. Un modèle conçu pour un marché donné peut ainsi être produit dans un autre pays si les conditions économiques le justifient.
Cette approche conforte le rôle des plateformes industrielles du groupe, dont celle du Maroc, dans un dispositif international fondé sur la complémentarité des sites et la recherche de compétitivité.
Face aux constructeurs chinois, Renault mise sur la vitesse et la compétitivité
La progression des constructeurs chinois constitue l’un des principaux défis auxquels Renault doit faire face. En Europe, les marques chinoises représentent désormais, selon les chiffres avancés par Ivan Segal, environ 12 % du marché. Leur développement rapide s’appuie notamment sur des investissements massifs, une forte intégration technologique et des cycles de développement plus courts.
Le dirigeant reconnaît que les constructeurs chinois ont pris de l’avance dans plusieurs domaines, notamment les technologies embarquées. Mais Renault entend combler cet écart en accélérant ses méthodes de développement et en renforçant sa connaissance de cet écosystème.
"Le groupe a ainsi constitué en Chine, selon Ivan Segal, une équipe de 150 à 200 personnes chargée d’observer les constructeurs locaux, mais également leurs fournisseurs et l’ensemble de leur environnement technologique. L’objectif est d’identifier les pratiques les plus efficaces et de les intégrer aux processus internes" du constructeur.
L’exemple de la nouvelle Twingo illustre cette transformation. Renault a réussi à ramener son cycle de développement à environ deux ans, contre près de quatre ans auparavant, en s’appuyant notamment sur une collaboration avec un partenaire chinois et sur l’évolution de ses méthodes d’ingénierie. Le groupe ambitionne désormais de généraliser cette accélération à ses futurs projets.
Cette recherche de rapidité répond à un enjeu central : réduire les coûts, renouveler les gammes plus rapidement et commercialiser des véhicules capables de rivaliser avec les nouveaux acteurs du marché, sans renoncer aux exigences de qualité et aux attentes des clients.
Une stratégie technologique pragmatique
Sur le terrain technologique, Renault entend également renforcer ses capacités, tout en distinguant les domaines dans lesquels le groupe estime disposer déjà d’un avantage concurrentiel de ceux où des progrès restent nécessaires.
Ivan Segal cite notamment le système multimédia développé avec Google, dont la nouvelle génération doit intégrer l’intelligence artificielle Gemini. Selon lui, cette solution permet à Renault de se positionner favorablement face aux constructeurs chinois sur l’expérience numérique à bord.
Le groupe travaille parallèlement sur le concept de Software Defined Vehicle, qui consiste à centraliser davantage les fonctions électroniques du véhicule autour d’une architecture logicielle. Cette évolution doit permettre de déployer plus facilement de nouvelles fonctionnalités, d’améliorer la gestion des données et de réduire les coûts d’utilisation, notamment pour les véhicules utilitaires.
Renault revendique une approche fondée sur l’apprentissage et le benchmarking permanent. Les partenariats avec des acteurs chinois, y compris dans le domaine industriel, sont considérés comme des occasions d’accélérer les transferts de compétences et d’améliorer les méthodes de développement.
Cette démarche repose sur une conviction : la concurrence chinoise impose une remise en question des pratiques traditionnelles, mais elle peut également servir de catalyseur pour moderniser l’organisation du groupe.
L’électrification, sans modèle unique pour tous les marchés
La réponse de Renault à la concurrence ne se limite pas à la technologie ou à la réduction des coûts. Le constructeur défend également une stratégie de motorisations diversifiées, baptisée « Two Legs Strategy », qui repose sur deux grandes familles de véhicules : d’un côté, des modèles thermiques électrifiés, notamment hybrides, et de l’autre, une gamme entièrement électrique.
Cette approche vise à tenir compte des différences de rythme dans la transition énergétique. Alors que certains marchés européens progressent rapidement vers le 100 % électrique, d’autres restent davantage orientés vers les motorisations hybrides et thermiques.
Pour Renault, la compétitivité passe donc par la capacité à proposer la bonne technologie au bon prix, en fonction des infrastructures disponibles, du pouvoir d’achat et des attentes des automobilistes.
Cette flexibilité demeure particulièrement importante à l’international, où les conditions de marché varient fortement d’un pays à l’autre. Elle permet au groupe de ne pas dépendre d’une seule technologie et de maintenir une offre adaptée à des environnements très différents.
Un enjeu stratégique pour le Maroc
Dans ce contexte, le Maroc représente bien davantage qu’un marché commercial performant. Sa place dans l’organisation internationale de Renault en fait un point d’appui pour accompagner le développement du groupe hors d’Europe, tout en contribuant à sa compétitivité industrielle.
La combinaison des performances de Renault et de Dacia, la présence industrielle du groupe et son rôle dans les échanges internationaux constituent autant d’atouts pour défendre ses positions face à de nouveaux concurrents.
La montée en puissance des marques chinoises oblige néanmoins Renault à accélérer sur plusieurs fronts : développement des produits, maîtrise des coûts, technologies embarquées et adaptation des capacités industrielles aux besoins des marchés. La progression des nouveaux acteurs ne se traduit pas mécaniquement par un recul du constructeur français. Ivan Segal rappelle que Renault a enregistré quatre années consécutives de croissance de ses parts de marché et affirme que le groupe continue de progresser malgré l’intensification de la concurrence.
Au Maroc, où Renault et Dacia totalisent près de 36 % du marché selon les chiffres avancés lors de l’entretien, l’enjeu sera de préserver cet avantage tout en poursuivant l’adaptation de l’offre et le renforcement de la compétitivité.
Le message porté au Mondial de l’Auto 2026 est clair : Renault ne compte pas répondre à la concurrence chinoise par une stratégie uniforme. Le groupe entend s’appuyer sur ses marques, ses implantations internationales et l’accélération de ses méthodes pour défendre ses positions. Dans cette équation, le Maroc conserve un rôle majeur, à la fois comme marché de référence et comme maillon d’un dispositif industriel tourné vers l’international.
