Diesel. Pas de retour à la normale avant 2027
Stocks sous pression, approvisionnements perturbés et prix élevés : le marché mondial du diesel reste fragilisé. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la reprise du raffinage ne suffira pas à combler le déficit accumulé en 2026, faisant planer le risque d’un renchérissement durable du transport et des coûts de production.
Mounia Kabiri Kettani
elon l’AIE, les perturbations des approvisionnements et l’érosion des stocks devraient maintenir le marché mondial du diesel sous tension jusqu’en 2027, avec des répercussions possibles sur les coûts de transport, la production et l’inflation.
Le marché mondial du diesel reste sous forte pression. Malgré une reprise attendue de l’activité des raffineries, les tensions sur l’offre devraient se prolonger bien au-delà de la fin de l’année. Dans son rapport mensuel publié le 14 octobre 2026, l’Agence internationale de l’énergie estime que le rééquilibrage du marché du gasoil pourrait prendre du temps et que le retour à une situation plus confortable dépendra notamment de la reprise des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.
La difficulté tient au décalage entre les pertes d’approvisionnement enregistrées en 2026 et les capacités de reconstitution des stocks. Au troisième trimestre, les perturbations des exportations russes et moyen-orientales ont entraîné des prélèvements inhabituels dans les réserves, alors que les opérateurs auraient normalement commencé à les reconstituer avant la période hivernale.
Des stocks fragilisés à l’approche de l’hiver
Les disponibilités mondiales en diesel et en gasoil se sont nettement contractées sous l’effet des perturbations des flux commerciaux et des contraintes affectant les capacités de raffinage. En septembre, les exportations mondiales de gasoil ont diminué d’environ 700.000 barils par jour sur un an. Les pertes combinées de la Russie et du Moyen-Orient ont atteint 1,3 million de barils par jour, selon l’AIE.
Cette réduction de l’offre intervient dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, marqué par les perturbations des routes maritimes et les difficultés de production et d’exportation dans plusieurs régions. Les volumes supplémentaires fournis par d’autres producteurs n’ont pas suffi à compenser les pertes enregistrées.
L’épuisement des stocks constitue un facteur de vulnérabilité supplémentaire. Les réserves disponibles offrent moins de marge pour absorber de nouvelles perturbations, alors que la demande saisonnière augmente avec l’approche de l’hiver dans l’hémisphère Nord.
L’AIE estime que les stocks mondiaux de pétrole observés ont diminué de 509 millions de barils entre la fin février et la fin septembre. Dans ce contexte, la persistance des tensions géopolitiques pourrait accentuer les déséquilibres du marché au cours des prochains mois.
Le raffinage ne suffira pas à combler le déficit
La reprise attendue des activités de raffinage devrait améliorer progressivement les disponibilités en produits pétroliers. L’AIE prévoit notamment une remontée des volumes traités par les raffineries mondiales à l’approche de la fin de l’année, puis une augmentation plus marquée en 2027.
Cette amélioration ne devrait toutefois pas permettre de reconstituer rapidement les réserves perdues. Selon l’agence, le marché du gasoil pourrait enregistrer un excédent au premier trimestre 2027, à la faveur de la hausse de la production. Mais cet excédent resterait insuffisant pour compenser le déficit accumulé en 2026. Le marché devrait donc demeurer tendu pendant une bonne partie de 2027, avec une détente plus probable au second semestre.
Les prix témoignent déjà de cette situation. En septembre, les cours de gros du diesel ont dépassé 200 dollars le baril à Singapour et atteint des niveaux record proches de 220 dollars en Europe et aux États-Unis. Même après leur repli, les prix restent nettement supérieurs à leurs niveaux d’avant la crise.
L’évolution du marché dépendra notamment de la capacité des producteurs à rétablir leurs exportations et à remettre en service les installations affectées. De nouvelles perturbations logistiques ou une dégradation de la rentabilité des raffineries pourraient retarder davantage le rééquilibrage.
Une pression supplémentaire sur les coûts de l’économie
Les tensions sur le diesel dépassent le seul secteur énergétique. Ce carburant joue un rôle essentiel dans le transport routier de marchandises, l’agriculture, la construction et une partie de l’activité industrielle. Une hausse prolongée de son prix se répercute donc sur les coûts d’acheminement et de production.
L’AIE souligne que les prix élevés des produits pétroliers ont déjà des conséquences sur les revenus réels, l’activité économique et l’inflation. Les entreprises fortement consommatrices de carburant peuvent être contraintes d’absorber une partie du surcoût, de revoir leurs tarifs ou de réduire certaines dépenses.
Cette pression intervient alors que la demande mondiale de pétrole se contracte. L’agence prévoit une baisse moyenne de 2,6 millions de barils par jour en 2026, pour atteindre environ 102,4 millions de barils par jour. Elle anticipe ensuite une reprise partielle en 2027, sans retour immédiat aux niveaux de consommation de 2025. La cherté des carburants et la dégradation des perspectives économiques contribuent à freiner la consommation.
La baisse de la demande globale ne suffit cependant pas à résoudre les tensions propres au diesel, dont les disponibilités sont directement affectées par les perturbations des exportations et les contraintes du raffinage.
À court terme, l’évolution du marché dépendra de la continuité des flux maritimes, du redressement de la production des raffineries et de la capacité des exportateurs à rétablir leurs livraisons. Une amélioration de l’offre en provenance du Moyen-Orient sera particulièrement déterminante pour reconstituer les stocks et réduire les tensions.
À l’inverse, la prolongation des perturbations pourrait maintenir les prix à des niveaux élevés et accentuer la pression sur les chaînes d’approvisionnement. Pour les pays importateurs, le risque est double : une facture énergétique plus lourde et une transmission du surcoût aux prix des biens et services.
Le scénario présenté par l’AIE reste donc conditionné à l’évolution de la situation géopolitique et des flux commerciaux. Si une amélioration de l’offre est attendue en 2027, le retour à un marché durablement équilibré pourrait prendre plusieurs mois supplémentaires.
La difficulté tient au décalage entre les pertes d’approvisionnement enregistrées en 2026 et les capacités de reconstitution des stocks. Au troisième trimestre, les perturbations des exportations russes et moyen-orientales ont entraîné des prélèvements inhabituels dans les réserves, alors que les opérateurs auraient normalement commencé à les reconstituer avant la période hivernale.
Des stocks fragilisés à l’approche de l’hiver
Les disponibilités mondiales en diesel et en gasoil se sont nettement contractées sous l’effet des perturbations des flux commerciaux et des contraintes affectant les capacités de raffinage. En septembre, les exportations mondiales de gasoil ont diminué d’environ 700.000 barils par jour sur un an. Les pertes combinées de la Russie et du Moyen-Orient ont atteint 1,3 million de barils par jour, selon l’AIE.
Cette réduction de l’offre intervient dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, marqué par les perturbations des routes maritimes et les difficultés de production et d’exportation dans plusieurs régions. Les volumes supplémentaires fournis par d’autres producteurs n’ont pas suffi à compenser les pertes enregistrées.
L’épuisement des stocks constitue un facteur de vulnérabilité supplémentaire. Les réserves disponibles offrent moins de marge pour absorber de nouvelles perturbations, alors que la demande saisonnière augmente avec l’approche de l’hiver dans l’hémisphère Nord.
L’AIE estime que les stocks mondiaux de pétrole observés ont diminué de 509 millions de barils entre la fin février et la fin septembre. Dans ce contexte, la persistance des tensions géopolitiques pourrait accentuer les déséquilibres du marché au cours des prochains mois.
Le raffinage ne suffira pas à combler le déficit
La reprise attendue des activités de raffinage devrait améliorer progressivement les disponibilités en produits pétroliers. L’AIE prévoit notamment une remontée des volumes traités par les raffineries mondiales à l’approche de la fin de l’année, puis une augmentation plus marquée en 2027.
Cette amélioration ne devrait toutefois pas permettre de reconstituer rapidement les réserves perdues. Selon l’agence, le marché du gasoil pourrait enregistrer un excédent au premier trimestre 2027, à la faveur de la hausse de la production. Mais cet excédent resterait insuffisant pour compenser le déficit accumulé en 2026. Le marché devrait donc demeurer tendu pendant une bonne partie de 2027, avec une détente plus probable au second semestre.
Les prix témoignent déjà de cette situation. En septembre, les cours de gros du diesel ont dépassé 200 dollars le baril à Singapour et atteint des niveaux record proches de 220 dollars en Europe et aux États-Unis. Même après leur repli, les prix restent nettement supérieurs à leurs niveaux d’avant la crise.
L’évolution du marché dépendra notamment de la capacité des producteurs à rétablir leurs exportations et à remettre en service les installations affectées. De nouvelles perturbations logistiques ou une dégradation de la rentabilité des raffineries pourraient retarder davantage le rééquilibrage.
Une pression supplémentaire sur les coûts de l’économie
Les tensions sur le diesel dépassent le seul secteur énergétique. Ce carburant joue un rôle essentiel dans le transport routier de marchandises, l’agriculture, la construction et une partie de l’activité industrielle. Une hausse prolongée de son prix se répercute donc sur les coûts d’acheminement et de production.
L’AIE souligne que les prix élevés des produits pétroliers ont déjà des conséquences sur les revenus réels, l’activité économique et l’inflation. Les entreprises fortement consommatrices de carburant peuvent être contraintes d’absorber une partie du surcoût, de revoir leurs tarifs ou de réduire certaines dépenses.
Cette pression intervient alors que la demande mondiale de pétrole se contracte. L’agence prévoit une baisse moyenne de 2,6 millions de barils par jour en 2026, pour atteindre environ 102,4 millions de barils par jour. Elle anticipe ensuite une reprise partielle en 2027, sans retour immédiat aux niveaux de consommation de 2025. La cherté des carburants et la dégradation des perspectives économiques contribuent à freiner la consommation.
La baisse de la demande globale ne suffit cependant pas à résoudre les tensions propres au diesel, dont les disponibilités sont directement affectées par les perturbations des exportations et les contraintes du raffinage.
À court terme, l’évolution du marché dépendra de la continuité des flux maritimes, du redressement de la production des raffineries et de la capacité des exportateurs à rétablir leurs livraisons. Une amélioration de l’offre en provenance du Moyen-Orient sera particulièrement déterminante pour reconstituer les stocks et réduire les tensions.
À l’inverse, la prolongation des perturbations pourrait maintenir les prix à des niveaux élevés et accentuer la pression sur les chaînes d’approvisionnement. Pour les pays importateurs, le risque est double : une facture énergétique plus lourde et une transmission du surcoût aux prix des biens et services.
Le scénario présenté par l’AIE reste donc conditionné à l’évolution de la situation géopolitique et des flux commerciaux. Si une amélioration de l’offre est attendue en 2027, le retour à un marché durablement équilibré pourrait prendre plusieurs mois supplémentaires.
