Mehdi Tazi veut ressusciter la banque de projets industriels
Le président de la CGEM annonce la relance d'un dispositif destiné à identifier des opportunités industrielles et à accompagner les investisseurs. Une initiative inscrite dans sa volonté de renforcer la valeur ajoutée produite au Maroc.
C'est l'une des annonces les plus concrètes du Forum. Devant les entrepreneurs réunis à Casablanca, Mehdi Tazi a annoncé que la CGEM entendait reprendre le concept de banque de projets industriels, lancé il y a plusieurs années déjà par le ministère de l'Industrie.
«La CGEM reprendra ce projet parce qu'une ancienne bonne idée est encore une bonne idée», a-t-il déclaré.
L'objectif est d'identifier des projets industriels susceptibles de remplacer certaines importations, de trouver des entrepreneurs pour les porter et de les accompagner dans leur réalisation. Une ambition qui repose sur une conviction. Le Maroc doit désormais produire davantage de valeur sur son propre territoire.
Le président de la Confédération a rappelé les transformations de l'économie marocaine au cours des vingt-cinq dernières années. Selon les chiffres qu'il a présentés, le PIB a été multiplié par quatre et les exportations par sept.
Ces performances s'appuient sur les grands investissements réalisés dans les infrastructures, la stabilité institutionnelle et la compétitivité de la plateforme industrielle nationale.
Mais, pour Mehdi Tazi, le modèle historique fondé principalement sur les coûts atteint progressivement ses limites.
«Ce qui est durable, c'est l'innovation», a-t-il insisté. Tazi a cité les exemples de l'automobile, dont le taux d'intégration locale dépasserait désormais 60%, et de l'aéronautique, où il se situerait autour de 40 à 50%. L'enjeu consiste à généraliser cette montée en gamme à d'autres filières.
La relance de la banque de projets pourrait constituer un instrument de cette nouvelle orientation, à condition de déboucher sur des investissements effectifs.
Cinq leviers pour changer d'échelle
Mehdi Tazi a présenté cinq priorités. L'investissement privé, qui ne représente encore qu'environ un tiers de l'investissement global selon son estimation, doit prendre davantage de poids.
La compétitivité constitue son deuxième chantier. Il a notamment évoqué l'ambition d'atteindre un coût de l'énergie de 50 centimes par kilowattheure, susceptible d'améliorer sensiblement l'attractivité industrielle du Royaume.
Le troisième levier concerne le développement des TPME, avec un renforcement des financements bancaires, des fonds de dette et du capital-investissement.
La formation professionnelle figure également parmi les priorités, tout comme l'accélération des exportations vers l'Europe et l'Afrique.
Le président de la CGEM a aussi plaidé pour un changement dans les rapports entre entreprises et administration. Il propose de remplacer, lorsque cela est possible, les régimes d'autorisation par des cahiers des charges assortis de contrôles et de sanctions.
Il réclame également un meilleur encadrement des refus administratifs, le remboursement rapide des trop-perçus fiscaux et une politique douanière qui ne pénalise pas les intrants industriels.
Cette offensive patronale intervient au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement. Mehdi Tazi a annoncé que le manifeste élaboré par les différentes composantes de la CGEM servirait de base aux discussions avec le nouvel exécutif.
Dans sa déclaration à L'Observateur du Maroc et d'Afrique, il a réaffirmé la mobilisation du secteur privé aux côtés du gouvernement.
La feuille de route patronale est ainsi dessinée. La prochaine étape consistera à préciser le fonctionnement, les moyens et le calendrier de cette banque de projets appelée à transformer les intentions en usines, en investissements et en emplois.
