Inflation mondiale. Coface alerte sur un nouveau choc géopolitique
La dégradation de la situation au Moyen-Orient et l’intensification de la guerre en Ukraine ravivent les pressions sur les matières premières et les marchés financiers. Dans sa dernière évaluation des risques pays et sectoriels, Coface abaisse les notes de trois économies du Golfe et dégrade le risque de plusieurs filières agroalimentaires, sur fond de durcissement des conditions de financement.
Mounia Kabiri Kettani
Coface alerte sur un risque de choc inflationniste mondial lié aux tensions géopolitiques, à la hausse des matières premières et au durcissement des conditions de financement.
L’économie mondiale fait face à un nouvel enchaînement de risques. La montée des tensions géopolitiques renchérit l’énergie, les produits agricoles et les métaux, tandis que la perspective d’un retour de l’inflation pousse les banques centrales à maintenir une politique monétaire restrictive. C’est le constat dressé par Coface dans son analyse du 26 octobre 2026, qui révise plusieurs évaluations des risques pays et sectoriels.
L’assureur-crédit a procédé à trois dégradations et quatre améliorations de ses évaluations pays. Au niveau sectoriel, 20 modifications ont été enregistrées, dont 12 déclassements et huit reclassements. Ces ajustements traduisent une exposition inégale des économies et des entreprises aux tensions sur les approvisionnements, aux coûts de production et au resserrement du crédit.
L’énergie et les matières premières sous pression
La nouvelle dégradation du contexte géopolitique pèse sur les chaînes d’approvisionnement et les prix des matières premières. Selon Coface, le pétrole a franchi le seuil de 100 dollars le baril en septembre. Sur la période considérée par l’étude, les prix des hydrocarbures ont progressé de plus de 50 % pour le pétrole et de près de 100 % pour le gaz naturel.
Les marchés agricoles sont également affectés. Les frappes visant des infrastructures portuaires en mer Noire et les épisodes de chaleur extrême enregistrés en Europe ont contribué à la hausse des cours du blé, en progression de 40 % sur un an. Les prix des métaux, eux, restent élevés.
Cette évolution ravive les craintes d’un nouvel épisode inflationniste. Face à ces pressions, les banques centrales durcissent leur politique monétaire. Coface fait état d’une hausse de 25 points de base des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, dans le sillage de la Banque centrale européenne. Depuis fin février, les taux longs ont progressé de plus de 100 points de base dans la plupart des grandes zones monétaires, tandis que le dollar s’est apprécié de plus de 6 % en termes effectifs depuis son point bas de la mi-janvier.
Pour les entreprises, cette combinaison de coûts plus élevés et de financements plus chers accroît les risques sur les marges et l’activité. Coface estime que le conflit au Moyen-Orient pourrait amputer la croissance mondiale de 0,5 point en 2026 et en 2027.
Le Golfe particulièrement exposé
Les tensions se répercutent directement sur les évaluations des risques au Moyen-Orient. Coface abaisse la note de l’Arabie saoudite de A3 à A4, celle des Émirats arabes unis de A2 à A3 et celle du Qatar de A3 à A4.
L’Arabie saoudite est exposée aux attaques contre ses infrastructures énergétiques et ses voies d’exportation. Les Émirats arabes unis et le Qatar restent, pour leur part, vulnérables en raison de leur dépendance au détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les échanges énergétiques mondiaux.
Selon l’analyse, l’activité devrait se contracter en 2026 dans l’ensemble des pays du Conseil de coopération du Golfe. La hausse des risques dans cette région illustre la vulnérabilité des économies fortement dépendantes des exportations d’hydrocarbures et des routes maritimes stratégiques.
L’agroalimentaire fragilisé dans six pays
Les tensions sur les prix et les approvisionnements se reflètent également dans les évaluations sectorielles. Coface dégrade le risque du secteur agroalimentaire dans six pays : la France, l’Autriche, la Pologne, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Argentine.
En Europe, les conditions climatiques extrêmes de l’été 2026 constituent le principal facteur de fragilisation. Dans les pays du Golfe, la vulnérabilité tient surtout à la dépendance aux importations alimentaires, qui expose les marchés aux perturbations logistiques et à la hausse des coûts internationaux.
En Argentine, les difficultés sont davantage liées à l’environnement financier. Les défaillances d’acteurs agricoles, le niveau élevé des coûts et la contraction des marges pèsent sur la solidité du secteur.
Ces situations montrent que les risques agroalimentaires ne relèvent pas uniquement des conditions de production. Ils dépendent aussi de la capacité des entreprises à financer leur activité, à absorber les hausses de coûts et à sécuriser leurs approvisionnements.
Une croissance mondiale qui résiste, mais reste vulnérable
Malgré ces tensions, l’économie mondiale continue de faire preuve de résistance. Coface prévoit une croissance de 2,5 % en 2026, après 2,8 % en 2025, puis de 2,6 % en 2027. Les investissements liés à l’intelligence artificielle et les effets de richesse soutiennent encore l’activité.
Les trajectoires régionales restent toutefois contrastées. Aux États-Unis, la consommation des ménages et les investissements dans l’IA contribuent à la résistance de l’économie, avec un taux de chômage proche de 4 %. En Europe, les performances de l’Allemagne et de l’Espagne sont meilleures qu’anticipé, malgré les préoccupations liées aux finances publiques françaises.
En Asie, le Vietnam et l’Inde affichent une dynamique soutenue, avec des croissances respectives de 8,4 % et 7,5 %, portées notamment par les infrastructures et les technologies liées à l’IA. À l’inverse, l’affaiblissement de la demande intérieure pèse sur la Chine, tandis que la Thaïlande et les Philippines subissent la hausse des coûts énergétiques.
En Afrique et en Amérique latine, le risque réside notamment dans l’installation d’une inflation alimentée par les prix de l’énergie et des produits agricoles, avec le phénomène El Niño parmi les facteurs de vigilance cités par Coface.
Pour Jean-Christophe Caffet, chef économiste de Coface, la prolongation du conflit au Moyen-Orient ravive le risque d’un choc inflationniste mondial. La hausse de l’énergie, des matières premières et du transport pourrait contraindre les banques centrales à maintenir des conditions monétaires restrictives, compliquant davantage la situation des États et des entreprises les plus fragiles.
L’assureur-crédit a procédé à trois dégradations et quatre améliorations de ses évaluations pays. Au niveau sectoriel, 20 modifications ont été enregistrées, dont 12 déclassements et huit reclassements. Ces ajustements traduisent une exposition inégale des économies et des entreprises aux tensions sur les approvisionnements, aux coûts de production et au resserrement du crédit.
L’énergie et les matières premières sous pression
La nouvelle dégradation du contexte géopolitique pèse sur les chaînes d’approvisionnement et les prix des matières premières. Selon Coface, le pétrole a franchi le seuil de 100 dollars le baril en septembre. Sur la période considérée par l’étude, les prix des hydrocarbures ont progressé de plus de 50 % pour le pétrole et de près de 100 % pour le gaz naturel.
Les marchés agricoles sont également affectés. Les frappes visant des infrastructures portuaires en mer Noire et les épisodes de chaleur extrême enregistrés en Europe ont contribué à la hausse des cours du blé, en progression de 40 % sur un an. Les prix des métaux, eux, restent élevés.
Cette évolution ravive les craintes d’un nouvel épisode inflationniste. Face à ces pressions, les banques centrales durcissent leur politique monétaire. Coface fait état d’une hausse de 25 points de base des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, dans le sillage de la Banque centrale européenne. Depuis fin février, les taux longs ont progressé de plus de 100 points de base dans la plupart des grandes zones monétaires, tandis que le dollar s’est apprécié de plus de 6 % en termes effectifs depuis son point bas de la mi-janvier.
Pour les entreprises, cette combinaison de coûts plus élevés et de financements plus chers accroît les risques sur les marges et l’activité. Coface estime que le conflit au Moyen-Orient pourrait amputer la croissance mondiale de 0,5 point en 2026 et en 2027.
Le Golfe particulièrement exposé
Les tensions se répercutent directement sur les évaluations des risques au Moyen-Orient. Coface abaisse la note de l’Arabie saoudite de A3 à A4, celle des Émirats arabes unis de A2 à A3 et celle du Qatar de A3 à A4.
L’Arabie saoudite est exposée aux attaques contre ses infrastructures énergétiques et ses voies d’exportation. Les Émirats arabes unis et le Qatar restent, pour leur part, vulnérables en raison de leur dépendance au détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les échanges énergétiques mondiaux.
Selon l’analyse, l’activité devrait se contracter en 2026 dans l’ensemble des pays du Conseil de coopération du Golfe. La hausse des risques dans cette région illustre la vulnérabilité des économies fortement dépendantes des exportations d’hydrocarbures et des routes maritimes stratégiques.
L’agroalimentaire fragilisé dans six pays
Les tensions sur les prix et les approvisionnements se reflètent également dans les évaluations sectorielles. Coface dégrade le risque du secteur agroalimentaire dans six pays : la France, l’Autriche, la Pologne, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Argentine.
En Europe, les conditions climatiques extrêmes de l’été 2026 constituent le principal facteur de fragilisation. Dans les pays du Golfe, la vulnérabilité tient surtout à la dépendance aux importations alimentaires, qui expose les marchés aux perturbations logistiques et à la hausse des coûts internationaux.
En Argentine, les difficultés sont davantage liées à l’environnement financier. Les défaillances d’acteurs agricoles, le niveau élevé des coûts et la contraction des marges pèsent sur la solidité du secteur.
Ces situations montrent que les risques agroalimentaires ne relèvent pas uniquement des conditions de production. Ils dépendent aussi de la capacité des entreprises à financer leur activité, à absorber les hausses de coûts et à sécuriser leurs approvisionnements.
Une croissance mondiale qui résiste, mais reste vulnérable
Malgré ces tensions, l’économie mondiale continue de faire preuve de résistance. Coface prévoit une croissance de 2,5 % en 2026, après 2,8 % en 2025, puis de 2,6 % en 2027. Les investissements liés à l’intelligence artificielle et les effets de richesse soutiennent encore l’activité.
Les trajectoires régionales restent toutefois contrastées. Aux États-Unis, la consommation des ménages et les investissements dans l’IA contribuent à la résistance de l’économie, avec un taux de chômage proche de 4 %. En Europe, les performances de l’Allemagne et de l’Espagne sont meilleures qu’anticipé, malgré les préoccupations liées aux finances publiques françaises.
En Asie, le Vietnam et l’Inde affichent une dynamique soutenue, avec des croissances respectives de 8,4 % et 7,5 %, portées notamment par les infrastructures et les technologies liées à l’IA. À l’inverse, l’affaiblissement de la demande intérieure pèse sur la Chine, tandis que la Thaïlande et les Philippines subissent la hausse des coûts énergétiques.
En Afrique et en Amérique latine, le risque réside notamment dans l’installation d’une inflation alimentée par les prix de l’énergie et des produits agricoles, avec le phénomène El Niño parmi les facteurs de vigilance cités par Coface.
Pour Jean-Christophe Caffet, chef économiste de Coface, la prolongation du conflit au Moyen-Orient ravive le risque d’un choc inflationniste mondial. La hausse de l’énergie, des matières premières et du transport pourrait contraindre les banques centrales à maintenir des conditions monétaires restrictives, compliquant davantage la situation des États et des entreprises les plus fragiles.
