Société
Intoxication au plomb, une menace persistante pour les enfants
Toujours présent dans certaines peintures, le plomb menace silencieusement le développement des enfants. Retards d’apprentissage, troubles du comportement et atteintes neurologiques irréversibles : les spécialistes alertent sur les dangers du saturnisme et l’urgence de renforcer la prévention.
Hayat Kamal Idrissi
Les enfants atteints du syndrome de Pica particulièrement exposé

Le saturnisme guette derrière les vieilles peintures
Il peut affecter durablement les capacités d’apprentissage d’un enfant sans que son entourage en soupçonne l’origine. Malgré les progrès de la réglementation, l’exposition au plomb reste un enjeu de santé publique. À l’occasion de la Semaine internationale de prévention de l’intoxication au plomb, les spécialistes alertent sur les risques du saturnisme, les difficultés du diagnostic et la nécessité de mieux protéger les plus jeunes.
Pendant des années, Nouhaila a vécu avec une fatigue persistante, des douleurs et des difficultés à se concentrer. À 16 ans, cette adolescente casablancaise ignorait encore que ses troubles étaient liés au plomb. Il a fallu un long parcours médical avant qu’un spécialiste ne soupçonne cette intoxication. « On n’a découvert la source de ma maladie qu’après plusieurs années de souffrance », raconte-t-elle dans un témoignage relayé par l’UNICEF.
Sa grande sœur a connu une situation comparable. Elle attribuait son mal-être à une possible dépression, alors qu’elle présentait une plombémie très élevée. L’épuisement, l’isolement et le noircissement de ses gencives faisaient partie des symptômes qu’elle avait subies sans en comprendre la cause. Leur histoire met en évidence l’une des difficultés majeures du saturnisme : ses effets peuvent s’installer progressivement et retarder l’identification de la contamination.
Pour ces deux jeunes femmes, la découverte de l’origine de leurs troubles et la prise en charge médicale ont permis une amélioration de leur quotidien. Nouhaila a notamment retrouvé le chemin de l’école et une meilleure capacité à se concentrer. D’autres enfants, pourtant exposés à des risques similaires, ne bénéficient pas nécessairement d’un bon diagnostic salvateur.
Lourdes conséquences
C’est précisément cette menace, souvent méconnue, que rappelle la Semaine internationale de prévention de l’intoxication au plomb, organisée du 18 au 24 octobre 2026. Pour sa 14e édition, la campagne a mis l’accent sur le passage du repérage des expositions à leur prévention, autour du thème « De la détection à la prévention ».
Au Maroc, l’attention portée à ce risque est d’autant plus nécessaire que le plomb peut affecter le développement des enfants alors même que les signes de contamination restent difficiles à reconnaître. Leur cerveau et leur système nerveux étant encore en formation, ils sont particulièrement sensibles aux effets de ce métal toxique, comme le note l’UNICEF.
« Détecter précocement le saturnisme permet de prévenir ses conséquences durables sur le développement de l’enfant, notamment la baisse du quotient intellectuel, les troubles de l’attention et l’hyperactivité», souligne Dr Naïma Rhalem, toxicologue et présidente de l’Association marocaine santé environnement et toxicovigilance (Amsetox). D’après cette dernière, l’exposition peut se traduire par des difficultés de concentration, des problèmes de comportement et des retards dans les apprentissages.
« Dans les cas les plus sévères, l’exposition au plomb peut provoquer des atteintes neurologiques irréversibles. Ses effets touchent également d’autres organes, notamment les reins, et peuvent entraîner des troubles cardiovasculaires», alerte la toxicologue. « Pire encore, ce métal lourd très toxique peut présenter d’énormes risques pour le fœtus», met-elle en garde par rapport aux risques liés à l’exposition au plomb pendant la grossesse.
De mère à enfant
Chez la femme enceinte, le plomb est une bombe à retardement: il traverse le placenta, mais il est aussi libéré des os où il était stocké depuis l'enfance. Conséquence : risque de fausse couche, d'accouchement prématuré, et surtout d'atteinte irréversible du cerveau du fœtus, avec retard de croissance et séquelles neuro-développementales à vie. Pour l'OMS, il n'existe aucun seuil d'exposition sans danger. La prévention doit donc également tenir compte de l’exposition des femmes enceintes.
A cause de leurs habitudes, les enfants restent particulièrement exposés. En explorant leur environnement, ils portent fréquemment les mains et les objets à la bouche, ce qui favorise l’ingestion de poussières contaminées ou de fragments de peinture. « Les enfants atteints du syndrome de Pica sont très exposés à cause de l’ingestion de substances non alimentaires comme la craie ou les écailles de peinture » note la spécialiste.
Diagnostic, maillon faible
Une anémie persistante sans cause clairement établie, une irritabilité inhabituelle ou des difficultés cognitives ne signifient pas nécessairement qu’un enfant souffre de saturnisme. Mais lorsque ces signes s’inscrivent dans un environnement à risque, ils doivent conduire à rechercher une éventuelle exposition au plomb, comme l’indique Dr Rhalem. Cette dernière invite ainsi les professionnels de santé à tenir compte des conditions de vie de leurs jeunes patients. Pour la toxicologue, tout doit alerter : peintures qui s'écaillent dans un habitat vétuste, enfant qui porte tout à la bouche, ou domicile proche d'une mine ou d'une usine.
La confirmation repose notamment sur la plombémie, un examen sanguin qui mesure la concentration de plomb dans l’organisme. Un hic cependant, «Devant des symptômes peu spécifiques, cet examen n’est pas systématiquement envisagé. Or le repérage de l’exposition au plomb et son interruption sont pourtant essentiels pour limiter les dommages», argumente Rhalem.
L’ampleur du risque est considérable. Selon les données rapportées par l’UNICEF, environ un enfant sur trois dans le monde présente une plombémie supérieure au seuil de sécurité. Au Maroc, près de 1,9 million d’enfants seraient concernés, selon une estimation pour l’année 2025 citée par l’organisation. Si ces données correspondent plutôt à des estimations de l’exposition au plomb, elles soulignent néanmoins l’importance d’une meilleure identification des sources de contamination et des populations touchées.
Réglementation
En plus des vieilles peintures, quelles sont aujourd'hui les principales sources d'exposition domestique au plomb toujours actives au Maroc? « Lorsque les revêtements vieillissent et se détériorent, ils peuvent libérer des poussières susceptibles de contaminer les sols et les surfaces fréquentées par les enfants. Les logements anciens ne sont pas les seuls concernés : les écoles, les crèches et d’autres bâtiments accueillant des mineurs méritent également une attention particulière » note Dr Rhalem.
Les résultats d’une étude pilote menée en 2017 par la Société marocaine de toxicologie clinique et analytique (SMTCA) avaient déjà révélé des concentrations préoccupantes dans des peintures à base de solvants vendues pour un usage domestique. Sur les 33 échantillons analysés, 13 dépassaient la limite de 90 parties par million (ppm), soit près de 40 %. Six présentaient des teneurs égales ou supérieures à 10.000 ppm. Selon ces données, seules 6 % des peintures examinées comportaient une information sur leur teneur en plomb sur l’emballage.
Ces résultats ont contribué à renforcer la mobilisation en faveur d’un encadrement plus strict. Le Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), la SMTCA et l’Amsetox ont notamment participé aux démarches visant à réduire cette source d’exposition, avec l’appui du réseau international IPEN, engagé dans l’élimination des substances chimiques toxiques.
L’Institut marocain de normalisation (Imanor) a ensuite établi la norme NM 03.3.318, qui plafonne à 90 ppm la teneur en plomb dans les peintures. Rendue obligatoire par un arrêté du ministère de l’Industrie du 6 avril 2021, cette disposition constitue une avancée importante. Le Maroc a également pris part aux démarches internationales concernant l’inscription des chromates de plomb à l’annexe III de la Convention de Rotterdam. Mais une réglementation applicable aux peintures ne suffit pas à faire disparaître le plomb déjà présent dans les bâtiments. « Les anciennes couches restent susceptibles de libérer des particules contaminantes, même lorsque les produits neufs sont conformes aux exigences en vigueur », déplore la spécialiste.
Identification et prévention
Le risque peut même augmenter lorsque des travaux sont entrepris sans précautions adaptées. Gratter ou poncer une ancienne peinture susceptible de contenir du plomb peut disséminer des poussières dans l’air et sur les surfaces. Une rénovation mal maîtrisée est donc susceptible d’exposer davantage les occupants, notamment les enfants.
Pour l’ Amsetox, la protection des plus jeunes passe par un programme national permettant d’identifier les bâtiments à risque et d’organiser leur rénovation dans des conditions sécurisées. Les écoles, les crèches et les hôpitaux pédiatriques figurent parmi les établissements prioritaires. La vigilance concerne aussi les travailleurs du bâtiment. Selon la toxicologue, les peintres et les ouvriers peuvent ramener chez eux des poussières contaminées sur leurs vêtements, leurs chaussures ou leurs outils. Leurs enfants risquent alors d’être exposés à leur tour, même en l’absence de travaux dans le logement familial.
La solution ? « La formation des artisans, le port d’équipements de protection appropriés et la maîtrise des poussières pendant les chantiers sont donc indispensables. Dans les habitations concernées, le lavage régulier des mains et des jouets ainsi que le nettoyage humide des sols peuvent limiter la dispersion des particules », détaille la présidente de l’Asmetox. Ces précautions ne remplacent toutefois pas le traitement de la source de contamination.
L’efficacité de la norme marocaine dépend désormais de son application concrète. Pour rappel, le Maroc a rejoint en août 2024 le partenariat mondial «Un Avenir Sans Plomb », soutenu par l’UNICEF et visant à éliminer l’exposition des enfants au plomb d’ici 2040. Depuis 2025, une task-force multisectorielle pilotée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, avec l’appui de l’UNICEF, travaille à l’élaboration d’un programme national dédié.
Pendant des années, Nouhaila a vécu avec une fatigue persistante, des douleurs et des difficultés à se concentrer. À 16 ans, cette adolescente casablancaise ignorait encore que ses troubles étaient liés au plomb. Il a fallu un long parcours médical avant qu’un spécialiste ne soupçonne cette intoxication. « On n’a découvert la source de ma maladie qu’après plusieurs années de souffrance », raconte-t-elle dans un témoignage relayé par l’UNICEF.
Sa grande sœur a connu une situation comparable. Elle attribuait son mal-être à une possible dépression, alors qu’elle présentait une plombémie très élevée. L’épuisement, l’isolement et le noircissement de ses gencives faisaient partie des symptômes qu’elle avait subies sans en comprendre la cause. Leur histoire met en évidence l’une des difficultés majeures du saturnisme : ses effets peuvent s’installer progressivement et retarder l’identification de la contamination.
Pour ces deux jeunes femmes, la découverte de l’origine de leurs troubles et la prise en charge médicale ont permis une amélioration de leur quotidien. Nouhaila a notamment retrouvé le chemin de l’école et une meilleure capacité à se concentrer. D’autres enfants, pourtant exposés à des risques similaires, ne bénéficient pas nécessairement d’un bon diagnostic salvateur.
Lourdes conséquences
C’est précisément cette menace, souvent méconnue, que rappelle la Semaine internationale de prévention de l’intoxication au plomb, organisée du 18 au 24 octobre 2026. Pour sa 14e édition, la campagne a mis l’accent sur le passage du repérage des expositions à leur prévention, autour du thème « De la détection à la prévention ».
Au Maroc, l’attention portée à ce risque est d’autant plus nécessaire que le plomb peut affecter le développement des enfants alors même que les signes de contamination restent difficiles à reconnaître. Leur cerveau et leur système nerveux étant encore en formation, ils sont particulièrement sensibles aux effets de ce métal toxique, comme le note l’UNICEF.
« Détecter précocement le saturnisme permet de prévenir ses conséquences durables sur le développement de l’enfant, notamment la baisse du quotient intellectuel, les troubles de l’attention et l’hyperactivité», souligne Dr Naïma Rhalem, toxicologue et présidente de l’Association marocaine santé environnement et toxicovigilance (Amsetox). D’après cette dernière, l’exposition peut se traduire par des difficultés de concentration, des problèmes de comportement et des retards dans les apprentissages.
« Dans les cas les plus sévères, l’exposition au plomb peut provoquer des atteintes neurologiques irréversibles. Ses effets touchent également d’autres organes, notamment les reins, et peuvent entraîner des troubles cardiovasculaires», alerte la toxicologue. « Pire encore, ce métal lourd très toxique peut présenter d’énormes risques pour le fœtus», met-elle en garde par rapport aux risques liés à l’exposition au plomb pendant la grossesse.
De mère à enfant
Chez la femme enceinte, le plomb est une bombe à retardement: il traverse le placenta, mais il est aussi libéré des os où il était stocké depuis l'enfance. Conséquence : risque de fausse couche, d'accouchement prématuré, et surtout d'atteinte irréversible du cerveau du fœtus, avec retard de croissance et séquelles neuro-développementales à vie. Pour l'OMS, il n'existe aucun seuil d'exposition sans danger. La prévention doit donc également tenir compte de l’exposition des femmes enceintes.
A cause de leurs habitudes, les enfants restent particulièrement exposés. En explorant leur environnement, ils portent fréquemment les mains et les objets à la bouche, ce qui favorise l’ingestion de poussières contaminées ou de fragments de peinture. « Les enfants atteints du syndrome de Pica sont très exposés à cause de l’ingestion de substances non alimentaires comme la craie ou les écailles de peinture » note la spécialiste.
Diagnostic, maillon faible
Une anémie persistante sans cause clairement établie, une irritabilité inhabituelle ou des difficultés cognitives ne signifient pas nécessairement qu’un enfant souffre de saturnisme. Mais lorsque ces signes s’inscrivent dans un environnement à risque, ils doivent conduire à rechercher une éventuelle exposition au plomb, comme l’indique Dr Rhalem. Cette dernière invite ainsi les professionnels de santé à tenir compte des conditions de vie de leurs jeunes patients. Pour la toxicologue, tout doit alerter : peintures qui s'écaillent dans un habitat vétuste, enfant qui porte tout à la bouche, ou domicile proche d'une mine ou d'une usine.
La confirmation repose notamment sur la plombémie, un examen sanguin qui mesure la concentration de plomb dans l’organisme. Un hic cependant, «Devant des symptômes peu spécifiques, cet examen n’est pas systématiquement envisagé. Or le repérage de l’exposition au plomb et son interruption sont pourtant essentiels pour limiter les dommages», argumente Rhalem.
L’ampleur du risque est considérable. Selon les données rapportées par l’UNICEF, environ un enfant sur trois dans le monde présente une plombémie supérieure au seuil de sécurité. Au Maroc, près de 1,9 million d’enfants seraient concernés, selon une estimation pour l’année 2025 citée par l’organisation. Si ces données correspondent plutôt à des estimations de l’exposition au plomb, elles soulignent néanmoins l’importance d’une meilleure identification des sources de contamination et des populations touchées.
Réglementation
En plus des vieilles peintures, quelles sont aujourd'hui les principales sources d'exposition domestique au plomb toujours actives au Maroc? « Lorsque les revêtements vieillissent et se détériorent, ils peuvent libérer des poussières susceptibles de contaminer les sols et les surfaces fréquentées par les enfants. Les logements anciens ne sont pas les seuls concernés : les écoles, les crèches et d’autres bâtiments accueillant des mineurs méritent également une attention particulière » note Dr Rhalem.
Les résultats d’une étude pilote menée en 2017 par la Société marocaine de toxicologie clinique et analytique (SMTCA) avaient déjà révélé des concentrations préoccupantes dans des peintures à base de solvants vendues pour un usage domestique. Sur les 33 échantillons analysés, 13 dépassaient la limite de 90 parties par million (ppm), soit près de 40 %. Six présentaient des teneurs égales ou supérieures à 10.000 ppm. Selon ces données, seules 6 % des peintures examinées comportaient une information sur leur teneur en plomb sur l’emballage.
Ces résultats ont contribué à renforcer la mobilisation en faveur d’un encadrement plus strict. Le Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), la SMTCA et l’Amsetox ont notamment participé aux démarches visant à réduire cette source d’exposition, avec l’appui du réseau international IPEN, engagé dans l’élimination des substances chimiques toxiques.
L’Institut marocain de normalisation (Imanor) a ensuite établi la norme NM 03.3.318, qui plafonne à 90 ppm la teneur en plomb dans les peintures. Rendue obligatoire par un arrêté du ministère de l’Industrie du 6 avril 2021, cette disposition constitue une avancée importante. Le Maroc a également pris part aux démarches internationales concernant l’inscription des chromates de plomb à l’annexe III de la Convention de Rotterdam. Mais une réglementation applicable aux peintures ne suffit pas à faire disparaître le plomb déjà présent dans les bâtiments. « Les anciennes couches restent susceptibles de libérer des particules contaminantes, même lorsque les produits neufs sont conformes aux exigences en vigueur », déplore la spécialiste.
Identification et prévention
Le risque peut même augmenter lorsque des travaux sont entrepris sans précautions adaptées. Gratter ou poncer une ancienne peinture susceptible de contenir du plomb peut disséminer des poussières dans l’air et sur les surfaces. Une rénovation mal maîtrisée est donc susceptible d’exposer davantage les occupants, notamment les enfants.
Pour l’ Amsetox, la protection des plus jeunes passe par un programme national permettant d’identifier les bâtiments à risque et d’organiser leur rénovation dans des conditions sécurisées. Les écoles, les crèches et les hôpitaux pédiatriques figurent parmi les établissements prioritaires. La vigilance concerne aussi les travailleurs du bâtiment. Selon la toxicologue, les peintres et les ouvriers peuvent ramener chez eux des poussières contaminées sur leurs vêtements, leurs chaussures ou leurs outils. Leurs enfants risquent alors d’être exposés à leur tour, même en l’absence de travaux dans le logement familial.
La solution ? « La formation des artisans, le port d’équipements de protection appropriés et la maîtrise des poussières pendant les chantiers sont donc indispensables. Dans les habitations concernées, le lavage régulier des mains et des jouets ainsi que le nettoyage humide des sols peuvent limiter la dispersion des particules », détaille la présidente de l’Asmetox. Ces précautions ne remplacent toutefois pas le traitement de la source de contamination.
L’efficacité de la norme marocaine dépend désormais de son application concrète. Pour rappel, le Maroc a rejoint en août 2024 le partenariat mondial «Un Avenir Sans Plomb », soutenu par l’UNICEF et visant à éliminer l’exposition des enfants au plomb d’ici 2040. Depuis 2025, une task-force multisectorielle pilotée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, avec l’appui de l’UNICEF, travaille à l’élaboration d’un programme national dédié.
