Provinces du Sud. Les grands projets accélèrent l’ambition d’un hub africain
Après plusieurs décennies consacrées à la mise à niveau des infrastructures et à la généralisation des services de base, les provinces du Sud abordent une nouvelle étape de leur développement. Pour Jabrane Reklaoui, directeur général de l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du Sud, l’enjeu est désormais de transformer les investissements réalisés en leviers d’intégration économique, avec une ouverture renforcée sur la profondeur africaine.
Mounia Kabiri Kettani
Les provinces du Sud franchissent une nouvelle étape de leur développement, avec des investissements structurants destinés à renforcer leur rôle de hub économique et de plateforme d’échanges entre le Maroc et l’Afrique.
Le modèle de développement des provinces du Sud entre dans une nouvelle phase. L’enjeu ne se limite plus à combler les déficits en infrastructures et en équipements, mais consiste désormais à positionner ce territoire comme un espace d’échanges et un levier de croissance à l’échelle nationale et africaine. Jabrane Reklaoui, directeur général de l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du Sud du Royaume décrit une évolution en deux grandes étapes.
La première, engagée à partir de 1975, a été consacrée au rattrapage territorial. À cette période, les provinces du Sud présentaient, selon le responsable, des indicateurs de développement humain particulièrement faibles. La priorité était alors de rapprocher les conditions de vie et l’accès aux services essentiels des standards nationaux.
Cette phase a porté sur la généralisation des services de base, le développement des infrastructures et la structuration des activités économiques. Agriculture, pêche maritime, tourisme, enseignement, urbanisation et aménagement du territoire ont ainsi constitué les principaux axes de cette dynamique. L’objectif, souligne Jabrane Reklaoui, était de construire les fondamentaux nécessaires à un développement territorial durable. Il estime que cette étape de mise à niveau a été largement accomplie autour de 2015.
2025, un tournant vers l’intégration économique
Une nouvelle orientation s’est dessinée à partir de 2025. Le responsable parle d’un « point d’inflexion » dans la trajectoire des provinces du Sud : le développement territorial doit désormais s’accompagner d’une ambition géoéconomique, en faisant du territoire un point d’appui pour les échanges avec l’Afrique et un moteur d’entraînement pour l’économie nationale.
Cette évolution se traduit par des investissements dans les infrastructures de transport, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. Parmi les projets cités figurent les travaux de la voie express, le développement de formations universitaires en médecine dans les trois régions, ainsi que le renforcement de l’offre de formation professionnelle.
L’ouverture du Centre de formation des métiers et des compétences de Guelmim, présenté comme le troisième établissement de ce type dans la région, et la mise en place d’un noyau universitaire s’inscrivent dans cette logique. Pour Jabrane Reklaoui, ces équipements doivent contribuer à préparer les compétences locales et à accompagner les nouvelles activités économiques appelées à se développer dans le territoire.
Des infrastructures au service des corridors africains
La priorité est désormais de convertir la connectivité en intégration économique. Dans cette perspective, le prolongement de la route reliant Tiznit à Dakhla vers Nouakchott, à travers un accord portant sur son extension depuis la frontière mauritanienne, ouvre la voie à la constitution d’un corridor terrestre à vocation africaine.
Le port de Dakhla Atlantique figure également parmi les infrastructures structurantes de cette stratégie. Il est appelé à compléter le réseau portuaire national, notamment les plateformes de Tanger Med et de Nador, tout en renforçant les connexions commerciales avec les marchés africains et internationaux.
L’ambition est ainsi de dépasser la seule logique de désenclavement pour faire des infrastructures des outils de circulation des marchandises, de développement des échanges et d’attractivité économique. Leur finalité reste également, insiste le responsable, l’amélioration des conditions de vie des populations locales.
Des partenariats multiples
Jabrane Reklaoui rappelle que cette transformation ne relève pas de l’action d’un seul organisme. Elle repose, selon lui, sur une mobilisation coordonnée de l’État, des institutions publiques et des représentants de la population, dans le cadre d’une approche partenariale et multisectorielle.
Créée en 2002 à la suite d’une visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Laâyoune, l’Agence a notamment pour mission de fédérer les intervenants et de contribuer à la coordination des projets. Son action s’appuie sur des conventions et des contrats multipartites associant différents partenaires.
Le responsable fait état d’un premier cycle d’intervention ayant mobilisé près de 20 milliards de dirhams, provenant de l’Agence et de ses partenaires. Ces ressources ont contribué à la mise en place des infrastructures et des équipements qui soutiennent aujourd’hui les nouveaux projets structurants.
À cette dynamique nationale s’ajoute une dimension internationale. Jabrane Reklaoui évoque les avancées diplomatiques autour de la question du Sahara, ainsi que l’ouverture de plusieurs consulats à Laâyoune et à Dakhla, qui ont, selon lui, favorisé l’intérêt d’investisseurs étrangers et le développement de la coopération institutionnelle. Il cite notamment des projets portés par des investisseurs internationaux à Laâyoune et à Tan-Tan. Pour le directeur général, la dynamique est désormais engagée.
La première, engagée à partir de 1975, a été consacrée au rattrapage territorial. À cette période, les provinces du Sud présentaient, selon le responsable, des indicateurs de développement humain particulièrement faibles. La priorité était alors de rapprocher les conditions de vie et l’accès aux services essentiels des standards nationaux.
Cette phase a porté sur la généralisation des services de base, le développement des infrastructures et la structuration des activités économiques. Agriculture, pêche maritime, tourisme, enseignement, urbanisation et aménagement du territoire ont ainsi constitué les principaux axes de cette dynamique. L’objectif, souligne Jabrane Reklaoui, était de construire les fondamentaux nécessaires à un développement territorial durable. Il estime que cette étape de mise à niveau a été largement accomplie autour de 2015.
2025, un tournant vers l’intégration économique
Une nouvelle orientation s’est dessinée à partir de 2025. Le responsable parle d’un « point d’inflexion » dans la trajectoire des provinces du Sud : le développement territorial doit désormais s’accompagner d’une ambition géoéconomique, en faisant du territoire un point d’appui pour les échanges avec l’Afrique et un moteur d’entraînement pour l’économie nationale.
Cette évolution se traduit par des investissements dans les infrastructures de transport, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. Parmi les projets cités figurent les travaux de la voie express, le développement de formations universitaires en médecine dans les trois régions, ainsi que le renforcement de l’offre de formation professionnelle.
L’ouverture du Centre de formation des métiers et des compétences de Guelmim, présenté comme le troisième établissement de ce type dans la région, et la mise en place d’un noyau universitaire s’inscrivent dans cette logique. Pour Jabrane Reklaoui, ces équipements doivent contribuer à préparer les compétences locales et à accompagner les nouvelles activités économiques appelées à se développer dans le territoire.
Des infrastructures au service des corridors africains
La priorité est désormais de convertir la connectivité en intégration économique. Dans cette perspective, le prolongement de la route reliant Tiznit à Dakhla vers Nouakchott, à travers un accord portant sur son extension depuis la frontière mauritanienne, ouvre la voie à la constitution d’un corridor terrestre à vocation africaine.
Le port de Dakhla Atlantique figure également parmi les infrastructures structurantes de cette stratégie. Il est appelé à compléter le réseau portuaire national, notamment les plateformes de Tanger Med et de Nador, tout en renforçant les connexions commerciales avec les marchés africains et internationaux.
L’ambition est ainsi de dépasser la seule logique de désenclavement pour faire des infrastructures des outils de circulation des marchandises, de développement des échanges et d’attractivité économique. Leur finalité reste également, insiste le responsable, l’amélioration des conditions de vie des populations locales.
Des partenariats multiples
Jabrane Reklaoui rappelle que cette transformation ne relève pas de l’action d’un seul organisme. Elle repose, selon lui, sur une mobilisation coordonnée de l’État, des institutions publiques et des représentants de la population, dans le cadre d’une approche partenariale et multisectorielle.
Créée en 2002 à la suite d’une visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Laâyoune, l’Agence a notamment pour mission de fédérer les intervenants et de contribuer à la coordination des projets. Son action s’appuie sur des conventions et des contrats multipartites associant différents partenaires.
Le responsable fait état d’un premier cycle d’intervention ayant mobilisé près de 20 milliards de dirhams, provenant de l’Agence et de ses partenaires. Ces ressources ont contribué à la mise en place des infrastructures et des équipements qui soutiennent aujourd’hui les nouveaux projets structurants.
À cette dynamique nationale s’ajoute une dimension internationale. Jabrane Reklaoui évoque les avancées diplomatiques autour de la question du Sahara, ainsi que l’ouverture de plusieurs consulats à Laâyoune et à Dakhla, qui ont, selon lui, favorisé l’intérêt d’investisseurs étrangers et le développement de la coopération institutionnelle. Il cite notamment des projets portés par des investisseurs internationaux à Laâyoune et à Tan-Tan. Pour le directeur général, la dynamique est désormais engagée.
