Agriculture numérique. L’UM6P et l’INP-HB lancent une école dédiée aux talents africains en Côte d’Ivoire

Installée au sein de l’INP-HB, cette nouvelle structure ambitionne de former une génération de professionnels capables de mobiliser les outils numériques au service des activités agricoles. Son approche repose sur le croisement de trois disciplines : les sciences agronomiques, la programmation informatique et l’entrepreneuriat. L’objectif est de développer des compétences adaptées aux mutations des filières agricoles et aux réalités du continent.
L’intérêt suscité par cette formation se reflète dans le nombre de candidatures enregistrées : près de 4 000 dossiers ont été déposés pour une première promotion limitée à 50 apprenants. Le démarrage du cursus est prévu le 9 novembre.
D’une durée de deux ans, le programme privilégie une pédagogie fondée sur la pratique, baptisée « Learning by farming ». Les apprenants ne seront pas uniquement formés aux outils informatiques et aux fondamentaux de l’agronomie : ils seront également amenés à concevoir et à tester des solutions répondant à des problématiques agricoles concrètes.

Pour cela, l’école s’appuiera notamment sur une ferme expérimentale de 170 hectares. Ce dispositif servira de terrain d’expérimentation pour plusieurs applications, parmi lesquelles la cartographie des parcelles par drone, l’analyse des sols, la gestion de l’eau et le suivi numérique des cultures.
Le parcours doit permettre aux étudiants de suivre l’ensemble du processus d’innovation, depuis l’identification d’un besoin sur le terrain jusqu’à la conception et à l’expérimentation d’une réponse technologique. Une démarche qui vise à rapprocher les compétences numériques des contraintes opérationnelles rencontrées par les exploitants et les acteurs des filières.
La création de la DFS intervient dans un contexte où les systèmes agricoles africains sont confrontés à plusieurs défis : amélioration de la productivité, gestion des ressources naturelles, adaptation des pratiques et renforcement de la valeur ajoutée locale. Pour y répondre, l’intégration des technologies nécessite des profils capables de comprendre aussi bien les réalités agronomiques que les possibilités offertes par le numérique.
Pour Hicham El Habti, président de l’UM6P, la formation et la production de connaissances doivent accompagner cette évolution. Il estime que la transformation de l’agriculture africaine dépendra notamment de la capacité du continent à valoriser son potentiel productif grâce aux compétences et aux technologies qu’il développe lui-même.
Le dispositif ne se limite toutefois pas à la formation technique. Un accompagnement à l’entrepreneuriat et à l’incubation est également prévu pour aider les apprenants à transformer leurs projets en solutions susceptibles de trouver des applications économiques. Les entreprises et les professionnels du secteur agricole pourront, de leur côté, contribuer à l’évolution des programmes en faisant remonter les besoins du marché et les problématiques rencontrées sur le terrain.
La Digital Farming School s’inscrit dans le prolongement d’une coopération engagée en 2023 entre l’État ivoirien et le groupe OCP. Elle vient également consolider les relations académiques et scientifiques entre l’UM6P et l’INP-HB, deux institutions déjà associées dans le cadre du Green Energy Park Maroc–Côte d’Ivoire, inauguré à Yamoussoukro en février 2026.
L’inauguration de l’école s’est déroulée sous la présidence d’Adama Diawara, ministre ivoirien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, avec le co-parrainage de Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, et de Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique.
Pour l’INP-HB, cette initiative illustre l’importance des partenariats entre institutions pour accompagner les transformations économiques et technologiques. Son directeur général, Moussa Abdoul Kader Diaby, a notamment mis en avant la complémentarité des expertises mobilisées dans le cadre de cette coopération.
À travers la DFS, les partenaires entendent ainsi contribuer au développement de compétences locales dans un domaine appelé à prendre une place croissante dans l’évolution des systèmes agricoles africains.
