Marché du travail. Le HCP revoit son dispositif statistique avec une nouvelle enquête
Le Haut-Commissariat au Plan introduit l’Enquête sur la main-d’œuvre (EMO), qui remplace l’Enquête nationale sur l’emploi. Ce nouveau dispositif élargit la mesure de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, intègre de nouveaux critères d’analyse et porte l’échantillon à 135 000 ménages par an.
Mounia Kabiri Kettani
Le HCP renouvelle son dispositif de mesure du marché du travail avec une enquête élargie qui affine les indicateurs de l’emploi, du chômage et de la sous-utilisation de la main-d’œuvre.
À l’occasion de la publication de sa note sur la situation de l’emploi au troisième trimestre 2026, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) présente un dispositif statistique entièrement renouvelé : l’Enquête sur la main-d’œuvre (EMO), qui prend désormais le relais de l’Enquête nationale sur l’emploi (ENE).
Cette évolution ne se limite pas à un changement d’intitulé. Elle repose sur une révision des concepts, des méthodes de collecte et des indicateurs utilisés pour analyser les dynamiques du marché du travail. L’objectif est de mieux appréhender les différentes situations professionnelles, au-delà de la seule mesure du chômage, et de disposer de données plus précises sur les réalités de l’emploi au Maroc.
Une nouvelle définition de l’emploi et du chômage
Parmi les principales évolutions figure l’introduction du concept d’« emploi contre revenu ». Celui-ci englobe toute activité exercée en contrepartie d’une rémunération ou dans le but de réaliser un profit individuel ou familial.
Le HCP adopte également une définition plus stricte du chômage. Sont désormais considérées comme chômeurs les personnes qui ne disposent pas d’un emploi contre revenu, recherchent activement un tel emploi et sont disponibles pour en occuper un.
Cette approche s’inscrit dans l’alignement du dispositif national sur les dernières normes internationales de statistiques du travail, élaborées dans le cadre des travaux des Conférences internationales des statisticiens du travail, avec la contribution de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Leur adaptation tient compte des spécificités du marché marocain afin d’assurer leur pertinence dans le contexte national.
Autre changement majeur : l’analyse du marché du travail ne repose plus uniquement sur le taux de chômage. L’EMO introduit une approche multidimensionnelle de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, articulée autour de quatre indicateurs complémentaires.
Deux indicateurs constituent le socle de l’analyse présentée dans la note du troisième trimestre : le taux de chômage strict et le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre. Deux autres mesures permettent d'affiner cette lecture en prenant en compte le chômage associé, d'une part, à la main-d'œuvre potentielle et, d'autre part, au sous-emploi lié à la durée du travail.
Cette approche vise à mieux rendre compte des situations qui échappent à une lecture limitée au chômage strict, notamment celles des personnes disponibles pour travailler ou souhaitant augmenter leur durée de travail.
Un échantillon élargi à 135 000 ménages par an
La refonte concerne également le dispositif de collecte. La taille de l’échantillon a été portée à 135 000 ménages par an, tandis que la base de sondage a été actualisée à partir des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024.
Le HCP a par ailleurs introduit un nouveau système de rotation de l’échantillon, avec un chevauchement de 50 % entre deux trimestres consécutifs et de 50 % entre un même trimestre de deux années successives. Ce mécanisme doit permettre de mieux suivre les évolutions du marché du travail dans le temps, tout en améliorant la précision des estimations, notamment à l’échelle infranationale.
Le champ de l’enquête a également été élargi. Il couvre désormais davantage de dimensions liées à l’accès à l’emploi, à l’adéquation entre formation et marché du travail, à la qualité des emplois et aux différentes formes de précarité.
Avec cette nouvelle enquête, le HCP entend ainsi disposer d’une lecture plus complète du marché du travail marocain.
Cette évolution ne se limite pas à un changement d’intitulé. Elle repose sur une révision des concepts, des méthodes de collecte et des indicateurs utilisés pour analyser les dynamiques du marché du travail. L’objectif est de mieux appréhender les différentes situations professionnelles, au-delà de la seule mesure du chômage, et de disposer de données plus précises sur les réalités de l’emploi au Maroc.
Une nouvelle définition de l’emploi et du chômage
Parmi les principales évolutions figure l’introduction du concept d’« emploi contre revenu ». Celui-ci englobe toute activité exercée en contrepartie d’une rémunération ou dans le but de réaliser un profit individuel ou familial.
Le HCP adopte également une définition plus stricte du chômage. Sont désormais considérées comme chômeurs les personnes qui ne disposent pas d’un emploi contre revenu, recherchent activement un tel emploi et sont disponibles pour en occuper un.
Cette approche s’inscrit dans l’alignement du dispositif national sur les dernières normes internationales de statistiques du travail, élaborées dans le cadre des travaux des Conférences internationales des statisticiens du travail, avec la contribution de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Leur adaptation tient compte des spécificités du marché marocain afin d’assurer leur pertinence dans le contexte national.
Autre changement majeur : l’analyse du marché du travail ne repose plus uniquement sur le taux de chômage. L’EMO introduit une approche multidimensionnelle de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, articulée autour de quatre indicateurs complémentaires.
Deux indicateurs constituent le socle de l’analyse présentée dans la note du troisième trimestre : le taux de chômage strict et le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre. Deux autres mesures permettent d'affiner cette lecture en prenant en compte le chômage associé, d'une part, à la main-d'œuvre potentielle et, d'autre part, au sous-emploi lié à la durée du travail.
Cette approche vise à mieux rendre compte des situations qui échappent à une lecture limitée au chômage strict, notamment celles des personnes disponibles pour travailler ou souhaitant augmenter leur durée de travail.
Un échantillon élargi à 135 000 ménages par an
La refonte concerne également le dispositif de collecte. La taille de l’échantillon a été portée à 135 000 ménages par an, tandis que la base de sondage a été actualisée à partir des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024.
Le HCP a par ailleurs introduit un nouveau système de rotation de l’échantillon, avec un chevauchement de 50 % entre deux trimestres consécutifs et de 50 % entre un même trimestre de deux années successives. Ce mécanisme doit permettre de mieux suivre les évolutions du marché du travail dans le temps, tout en améliorant la précision des estimations, notamment à l’échelle infranationale.
Le champ de l’enquête a également été élargi. Il couvre désormais davantage de dimensions liées à l’accès à l’emploi, à l’adéquation entre formation et marché du travail, à la qualité des emplois et aux différentes formes de précarité.
Avec cette nouvelle enquête, le HCP entend ainsi disposer d’une lecture plus complète du marché du travail marocain.
