Cinema
« Les Évadés de Tindouf » : quand le cinéma donne voix aux oubliés de l’Histoire
Présenté en avant-première lundi soir au Mégarama de Casablanca, le long-métrage d’Abdelhak Najib a réuni ses comédiens et de nombreux invités autour d’une œuvre inspirée de témoignages de survivants des camps de Tindouf. Entre mémoire, épreuve humaine et quête de liberté, le film transforme une histoire de captivité et d’évasion en un récit cinématographique où la dignité humaine occupe le premier plan.
Kawtar Firdaous
Les évadés de Tindouf de Abdelhak Najib sortira le 4 novembre 2026 dans les salles marocaines.
Il y a des histoires que le temps n’efface pas. Des récits enfouis dans les replis de la mémoire, portés longtemps par le silence de ceux qui les ont vécus. Avec Les Évadés de Tindouf, Abdelhak Najib choisit de les ramener à la lumière. Lundi soir, le Mégarama de Casablanca a accueilli l’avant-première de ce long-métrage, en présence du réalisateur, de ses comédiens et de plusieurs personnalités du monde culturel.
Inspiré de témoignages réels, le film retrace le parcours de cinq Marocains, trois hommes et deux femmes, qui, après plus de vingt-cinq années de captivité dans les camps de Tindouf, entreprennent une fuite périlleuse à travers le désert. Une traversée où la faim, la peur, l'épuisement et la menace permanente mettent à l'épreuve les dernières forces des protagonistes. Au bout de cette longue marche, un seul horizon : retrouver la liberté et regagner leur pays.
Derrière cette fiction se trouve une rencontre déterminante entre Abdelhak Najib et Abdellah Lamani, rescapé des camps, dont le témoignage a nourri la genèse du projet. Le réalisateur s'est ainsi saisi d'une histoire individuelle pour construire un récit à dimension collective, donnant une forme cinématographique à des expériences humaines longtemps restées dans l'ombre.
« Filmer la mémoire et raconter l'humain »
Pour Abdelhak Najib, écrivain, journaliste et désormais réalisateur, ce film s'inscrit dans une démarche qui dépasse le simple exercice de mise en scène. Il s'agit de faire du cinéma un espace de mémoire, mais aussi de transmission. Le réalisateur a déjà résumé cette ambition par une formule forte, présentant son œuvre comme un « film contre l'oubli », une manière de rendre leur place à ceux dont les souffrances sont restées trop longtemps méconnues.
Cette intention traverse la construction du film, qui s'attache autant aux épreuves physiques qu'aux blessures intérieures des personnages. La captivité, la peur, la solidarité et la volonté de survivre composent la matière d'un récit où l'évasion devient aussi une reconquête de soi.
À travers une narration qui puise dans plusieurs temporalités, Abdelhak Najib explore les traces laissées par le passé et la manière dont elles continuent de façonner le présent. Le désert devient alors bien davantage qu'un décor. Il incarne à la fois l'immensité de l'épreuve, la solitude des personnages et l'espoir fragile d'une délivrance.
Des comédiens au cœur d'une histoire éprouvante
Porté par une distribution réunissant Driss Roukhe, Mohamed Choubi, Kamal Haïmoud, Dean Mountaki, Imane Kendili, Alia Bencheikh, Mohamed Simoka et Yassine Abdelkader, le film repose sur des interprétations confrontées à une matière dramatique particulièrement exigeante.
Driss Roukhe, qui incarne l'un des personnages liés à l'univers de la détention, avait déjà souligné la difficulté d'interpréter un rôle aussi sombre. Il évoquait notamment la charge psychologique d'un personnage confronté à la cruauté et à la déshumanisation. Une expérience qui interroge, au-delà du jeu, la capacité de l'acteur à habiter des réalités humaines douloureuses sans en atténuer la gravité.
Mohamed Choubi, Kamal Haïmoud et les autres membres de la distribution participent à cette fresque chorale où chaque personnage porte une part du récit. Les interprètes ne sont pas seulement au service d'une intrigue : ils donnent un visage, une voix et une présence à des destins marqués par l'épreuve.
Avec ses paysages désertiques, ses silences et ses espaces de tension, Les Évadés de Tindouf cherche ainsi à inscrire l'émotion dans l'image plutôt que dans le seul discours. Le film privilégie le parcours des êtres, leurs failles, leur résistance et cette volonté de rester debout lorsque tout semble inviter à renoncer.
Une sortie au croisement de trois temps forts de la mémoire nationale
Attendu dans les salles marocaines à partir du 4 novembre, Les Évadés de Tindouf arrive à quelques jours du 51e anniversaire de la Marche verte et dans le prolongement de la Fête de l'Unité, célébrée le 31 octobre. Sa sortie coïncide également avec la fin du mandat de la MINURSO et le lancement du processus de liquidation de cette mission onusienne, après trente-cinq années de présence. Une actualité qui confère au film une résonance particulière, en inscrivant son récit de captivité et d'évasion dans une réflexion sur la mémoire nationale, la dignité humaine et le Sahara marocain.
Au-delà de son sujet, le long métrage de Abdelhak Najib pose finalement une question essentielle : que peut le cinéma face à l'oubli ? Pour le réalisateur, la réponse tient peut-être dans cet acte simple et exigeant : raconter, transmettre et rendre visibles des histoires humaines. Car parfois, filmer, c'est aussi refuser que le silence soit le dernier mot.
Inspiré de témoignages réels, le film retrace le parcours de cinq Marocains, trois hommes et deux femmes, qui, après plus de vingt-cinq années de captivité dans les camps de Tindouf, entreprennent une fuite périlleuse à travers le désert. Une traversée où la faim, la peur, l'épuisement et la menace permanente mettent à l'épreuve les dernières forces des protagonistes. Au bout de cette longue marche, un seul horizon : retrouver la liberté et regagner leur pays.
Derrière cette fiction se trouve une rencontre déterminante entre Abdelhak Najib et Abdellah Lamani, rescapé des camps, dont le témoignage a nourri la genèse du projet. Le réalisateur s'est ainsi saisi d'une histoire individuelle pour construire un récit à dimension collective, donnant une forme cinématographique à des expériences humaines longtemps restées dans l'ombre.
« Filmer la mémoire et raconter l'humain »
Pour Abdelhak Najib, écrivain, journaliste et désormais réalisateur, ce film s'inscrit dans une démarche qui dépasse le simple exercice de mise en scène. Il s'agit de faire du cinéma un espace de mémoire, mais aussi de transmission. Le réalisateur a déjà résumé cette ambition par une formule forte, présentant son œuvre comme un « film contre l'oubli », une manière de rendre leur place à ceux dont les souffrances sont restées trop longtemps méconnues.
Cette intention traverse la construction du film, qui s'attache autant aux épreuves physiques qu'aux blessures intérieures des personnages. La captivité, la peur, la solidarité et la volonté de survivre composent la matière d'un récit où l'évasion devient aussi une reconquête de soi.
À travers une narration qui puise dans plusieurs temporalités, Abdelhak Najib explore les traces laissées par le passé et la manière dont elles continuent de façonner le présent. Le désert devient alors bien davantage qu'un décor. Il incarne à la fois l'immensité de l'épreuve, la solitude des personnages et l'espoir fragile d'une délivrance.
Des comédiens au cœur d'une histoire éprouvante
Porté par une distribution réunissant Driss Roukhe, Mohamed Choubi, Kamal Haïmoud, Dean Mountaki, Imane Kendili, Alia Bencheikh, Mohamed Simoka et Yassine Abdelkader, le film repose sur des interprétations confrontées à une matière dramatique particulièrement exigeante.
Driss Roukhe, qui incarne l'un des personnages liés à l'univers de la détention, avait déjà souligné la difficulté d'interpréter un rôle aussi sombre. Il évoquait notamment la charge psychologique d'un personnage confronté à la cruauté et à la déshumanisation. Une expérience qui interroge, au-delà du jeu, la capacité de l'acteur à habiter des réalités humaines douloureuses sans en atténuer la gravité.
Mohamed Choubi, Kamal Haïmoud et les autres membres de la distribution participent à cette fresque chorale où chaque personnage porte une part du récit. Les interprètes ne sont pas seulement au service d'une intrigue : ils donnent un visage, une voix et une présence à des destins marqués par l'épreuve.
Avec ses paysages désertiques, ses silences et ses espaces de tension, Les Évadés de Tindouf cherche ainsi à inscrire l'émotion dans l'image plutôt que dans le seul discours. Le film privilégie le parcours des êtres, leurs failles, leur résistance et cette volonté de rester debout lorsque tout semble inviter à renoncer.
Une sortie au croisement de trois temps forts de la mémoire nationale
Attendu dans les salles marocaines à partir du 4 novembre, Les Évadés de Tindouf arrive à quelques jours du 51e anniversaire de la Marche verte et dans le prolongement de la Fête de l'Unité, célébrée le 31 octobre. Sa sortie coïncide également avec la fin du mandat de la MINURSO et le lancement du processus de liquidation de cette mission onusienne, après trente-cinq années de présence. Une actualité qui confère au film une résonance particulière, en inscrivant son récit de captivité et d'évasion dans une réflexion sur la mémoire nationale, la dignité humaine et le Sahara marocain.
Au-delà de son sujet, le long métrage de Abdelhak Najib pose finalement une question essentielle : que peut le cinéma face à l'oubli ? Pour le réalisateur, la réponse tient peut-être dans cet acte simple et exigeant : raconter, transmettre et rendre visibles des histoires humaines. Car parfois, filmer, c'est aussi refuser que le silence soit le dernier mot.
