Cinema
« Autisto » : Jérôme Cohen-Olivar brise le silence autour de l’autisme dans un film profondément humain
Derrière le silence, il y a des combats invisibles, des peurs profondes et un amour sans limites. Avec « Autisto », Jérôme Cohen-Olivar livre un récit intime et bouleversant sur l'autisme, la solitude des familles et cette question déchirante : qui prendra soin de nos enfants lorsque nous ne serons plus là ? Un film poignant à découvrir dans les salles marocaines dès le 4 novembre 2026.
Kawtar Firdaous
Autisto de Jérôme Cohen-Olivar sort dans les salles marocaines le 4 novembre 2026.
Certains sujets restent longtemps à la marge des écrans, non par manque d'histoires à raconter, mais parce qu'ils touchent à des réalités difficiles à regarder en face. Avec « Autisto », Jérôme Cohen-Olivar choisit de consacrer son cinéma à l'une de ces réalités : le quotidien des familles confrontées à l'autisme et à l'incertitude qui accompagne parfois toute une vie de soutien et d'accompagnement.
Au cœur du récit, Malika, une mère qui élève seule Adam, son fils atteint d'autisme sévère. Son quotidien est rythmé par les besoins de l'enfant, les difficultés de communication et une vigilance constante. Mais derrière les gestes ordinaires se cache une angoisse plus profonde : que deviendra son fils lorsqu'elle ne sera plus là pour veiller sur lui ?
Cette peur, intime et universelle, constitue le fil émotionnel du film. Lorsque les circonstances la conduisent à envisager le placement d'Adam dans un établissement spécialisé, Malika se retrouve face à un choix douloureux, tiraillée entre son instinct maternel, son épuisement et la nécessité de penser à l'avenir de son enfant.
L'histoire prend une dimension singulière avec l'arrivée de Mahmoud, un gardien de cimetière qui affirme entretenir un rapport particulier avec les morts. Une relation inattendue se noue entre cet homme et Adam. Elle se construit dans les silences, les regards et une forme de compréhension qui semble échapper aux codes habituels de la communication. Cette rencontre introduit dans le récit une dimension mystérieuse, presque poétique, qui vient éclairer autrement la relation entre les personnages.
Une histoire personnelle devenue un récit universel
Derrière « Autisto », il y a une histoire qui dépasse largement le cadre de la fiction. Le réalisateur Jérôme Cohen-Olivar puise dans sa propre expérience de père d'un enfant atteint d'autisme sévère. Le projet n'est pas né immédiatement de cette expérience. Il lui a fallu du temps avant de ressentir la nécessité de raconter cette réalité au cinéma.
Le passage à l'adolescence de son fils et les difficultés rencontrées à cette période l'ont progressivement convaincu de prendre la parole. Le cinéaste voulait notamment mettre en lumière un sujet encore trop peu présent dans le débat public. Pour lui, l'autisme demeure une réalité silencieuse, souvent mal comprise, qui concerne non seulement les enfants, mais aussi leurs familles et les personnes qui les accompagnent tout au long de leur vie.
Jérôme Cohen-Olivar insiste également sur la difficulté de communiquer avec certaines personnes autistes et sur les interrogations auxquelles les proches sont confrontés. La plus douloureuse reste sans doute celle de l'après : comment garantir un avenir digne et sécurisé à un enfant lorsque ses parents vieillissent ou disparaissent ?
Le réalisateur résume finalement l'esprit de son œuvre par une conviction qui en constitue le cœur : « L'amour est un mode de communication, c'est le mode de communication ultime. » Une déclaration qui éclaire le regard qu'il porte sur ses personnages et sur cette relation qui peut se construire au-delà des mots.
Dans le rôle de Malika, Loubna Abidar livre une interprétation qui marque également une étape importante dans son parcours. Après plusieurs années d'absence du cinéma marocain, l'actrice retrouve le grand écran avec un personnage exigeant, traversé par des émotions contradictoires et une responsabilité maternelle permanente.
L'actrice présente cette expérience comme une histoire d'amour entre une mère et son enfant. Elle revendique également une approche fondée sur la sincérité plutôt que sur la provocation. « Ce n'est pas de l'audace, c'est la transmission de la réalité », explique-t-elle à propos de son travail. Des propos qui traduisent son attachement à un rôle où la justesse émotionnelle importe davantage que les effets dramatiques. Elle évoque aussi son bonheur de retrouver le cinéma marocain après dix ans d'absence, saluant notamment le soutien de la productrice Zhor Fassi-Fihri, à l'origine de ce retour.
Face à elle, Youssef Bouguerra Ezzina incarne Adam. Un personnage dont l'interprétation exige une attention particulière aux gestes, aux attitudes et aux formes d'expression qui ne passent pas nécessairement par la parole. L'acteur a évoqué la difficulté de s'approprier ce rôle et son travail pour en comprendre les particularités. Sam Kanater et Sandia Aboutajedyne complètent la distribution de ce long-métrage produit par Zhor Fassi-Fihri avec le soutien du Centre cinématographique marocain.
Un cinéma qui interroge autant qu'il émeut
Au-delà de son histoire familiale, « Autisto » pose une question de société essentielle : quelle place notre environnement réserve-t-il aux personnes autistes et à leurs familles ? Derrière les difficultés quotidiennes, le film met en lumière la solitude des aidants, le manque de réponses face à certaines situations complexes et l'inquiétude de parents qui portent souvent seuls la responsabilité de l'avenir de leurs enfants.
Sans prétendre résumer la diversité des expériences de l'autisme, le long-métrage choisit de s'attarder sur une situation particulière, celle d'un enfant ayant besoin d'un accompagnement important et d'une mère qui tente de lui construire un avenir au-delà de sa propre présence. C'est précisément dans cette dimension que le film trouve sa portée sociale et humaine.
Avant sa sortie nationale, « Autisto » a déjà entamé un parcours dans plusieurs manifestations cinématographiques. Il a notamment été présenté au Festival du film francophone d'Angoulême et au Festival national du film de Tanger en 2025, avant de poursuivre son parcours international au Festival international du film de Fort Lauderdale en mars 2026.
Avec une durée annoncée de 108 minutes, le film s'inscrit dans une démarche où le drame familial rencontre une réflexion plus large sur la différence, la vulnérabilité et la solidarité. Jérôme Cohen-Olivar transforme ainsi une expérience personnelle en matière cinématographique, sans perdre de vue l'essentiel : les êtres humains qui se trouvent derrière les difficultés et les regards parfois incompris.
À partir du 4 novembre 2026, le public marocain pourra découvrir « Autisto » dans les salles nationales. Plus qu'un film sur l'autisme, cette œuvre se présente comme une histoire de filiation, de protection et d'amour inconditionnel. Un cinéma qui invite à regarder autrement, à écouter les silences et à comprendre que certaines des relations les plus profondes ne nécessitent pas toujours de mots.
Au cœur du récit, Malika, une mère qui élève seule Adam, son fils atteint d'autisme sévère. Son quotidien est rythmé par les besoins de l'enfant, les difficultés de communication et une vigilance constante. Mais derrière les gestes ordinaires se cache une angoisse plus profonde : que deviendra son fils lorsqu'elle ne sera plus là pour veiller sur lui ?
Cette peur, intime et universelle, constitue le fil émotionnel du film. Lorsque les circonstances la conduisent à envisager le placement d'Adam dans un établissement spécialisé, Malika se retrouve face à un choix douloureux, tiraillée entre son instinct maternel, son épuisement et la nécessité de penser à l'avenir de son enfant.
L'histoire prend une dimension singulière avec l'arrivée de Mahmoud, un gardien de cimetière qui affirme entretenir un rapport particulier avec les morts. Une relation inattendue se noue entre cet homme et Adam. Elle se construit dans les silences, les regards et une forme de compréhension qui semble échapper aux codes habituels de la communication. Cette rencontre introduit dans le récit une dimension mystérieuse, presque poétique, qui vient éclairer autrement la relation entre les personnages.
Une histoire personnelle devenue un récit universel
Derrière « Autisto », il y a une histoire qui dépasse largement le cadre de la fiction. Le réalisateur Jérôme Cohen-Olivar puise dans sa propre expérience de père d'un enfant atteint d'autisme sévère. Le projet n'est pas né immédiatement de cette expérience. Il lui a fallu du temps avant de ressentir la nécessité de raconter cette réalité au cinéma.
Le passage à l'adolescence de son fils et les difficultés rencontrées à cette période l'ont progressivement convaincu de prendre la parole. Le cinéaste voulait notamment mettre en lumière un sujet encore trop peu présent dans le débat public. Pour lui, l'autisme demeure une réalité silencieuse, souvent mal comprise, qui concerne non seulement les enfants, mais aussi leurs familles et les personnes qui les accompagnent tout au long de leur vie.
Jérôme Cohen-Olivar insiste également sur la difficulté de communiquer avec certaines personnes autistes et sur les interrogations auxquelles les proches sont confrontés. La plus douloureuse reste sans doute celle de l'après : comment garantir un avenir digne et sécurisé à un enfant lorsque ses parents vieillissent ou disparaissent ?
Le réalisateur résume finalement l'esprit de son œuvre par une conviction qui en constitue le cœur : « L'amour est un mode de communication, c'est le mode de communication ultime. » Une déclaration qui éclaire le regard qu'il porte sur ses personnages et sur cette relation qui peut se construire au-delà des mots.
Dans le rôle de Malika, Loubna Abidar livre une interprétation qui marque également une étape importante dans son parcours. Après plusieurs années d'absence du cinéma marocain, l'actrice retrouve le grand écran avec un personnage exigeant, traversé par des émotions contradictoires et une responsabilité maternelle permanente.
L'actrice présente cette expérience comme une histoire d'amour entre une mère et son enfant. Elle revendique également une approche fondée sur la sincérité plutôt que sur la provocation. « Ce n'est pas de l'audace, c'est la transmission de la réalité », explique-t-elle à propos de son travail. Des propos qui traduisent son attachement à un rôle où la justesse émotionnelle importe davantage que les effets dramatiques. Elle évoque aussi son bonheur de retrouver le cinéma marocain après dix ans d'absence, saluant notamment le soutien de la productrice Zhor Fassi-Fihri, à l'origine de ce retour.
Face à elle, Youssef Bouguerra Ezzina incarne Adam. Un personnage dont l'interprétation exige une attention particulière aux gestes, aux attitudes et aux formes d'expression qui ne passent pas nécessairement par la parole. L'acteur a évoqué la difficulté de s'approprier ce rôle et son travail pour en comprendre les particularités. Sam Kanater et Sandia Aboutajedyne complètent la distribution de ce long-métrage produit par Zhor Fassi-Fihri avec le soutien du Centre cinématographique marocain.
Un cinéma qui interroge autant qu'il émeut
Au-delà de son histoire familiale, « Autisto » pose une question de société essentielle : quelle place notre environnement réserve-t-il aux personnes autistes et à leurs familles ? Derrière les difficultés quotidiennes, le film met en lumière la solitude des aidants, le manque de réponses face à certaines situations complexes et l'inquiétude de parents qui portent souvent seuls la responsabilité de l'avenir de leurs enfants.
Sans prétendre résumer la diversité des expériences de l'autisme, le long-métrage choisit de s'attarder sur une situation particulière, celle d'un enfant ayant besoin d'un accompagnement important et d'une mère qui tente de lui construire un avenir au-delà de sa propre présence. C'est précisément dans cette dimension que le film trouve sa portée sociale et humaine.
Avant sa sortie nationale, « Autisto » a déjà entamé un parcours dans plusieurs manifestations cinématographiques. Il a notamment été présenté au Festival du film francophone d'Angoulême et au Festival national du film de Tanger en 2025, avant de poursuivre son parcours international au Festival international du film de Fort Lauderdale en mars 2026.
Avec une durée annoncée de 108 minutes, le film s'inscrit dans une démarche où le drame familial rencontre une réflexion plus large sur la différence, la vulnérabilité et la solidarité. Jérôme Cohen-Olivar transforme ainsi une expérience personnelle en matière cinématographique, sans perdre de vue l'essentiel : les êtres humains qui se trouvent derrière les difficultés et les regards parfois incompris.
À partir du 4 novembre 2026, le public marocain pourra découvrir « Autisto » dans les salles nationales. Plus qu'un film sur l'autisme, cette œuvre se présente comme une histoire de filiation, de protection et d'amour inconditionnel. Un cinéma qui invite à regarder autrement, à écouter les silences et à comprendre que certaines des relations les plus profondes ne nécessitent pas toujours de mots.
