
Dans le décor de bonbonnière de la salle des fêtes de l’Elysée, un grand poster de Nelson Mandela a été planté sur la tribune et c’est sous le regard bienveillant de cette divinité tutélaire que François Hollande engage la conférence de presse qui clôt le Sommet sur la paix et la Sécurité en Afrique. Evidemment, le Président français se félicite de sa réussite. Il a raison de le faire lui-même, car il reçoit peu de louanges par les temps qui courent. Avant de passer la parole à ses voisins qui pilotent l’Onu, l’Union africaine et sa Commission, la Banque mondiale, l’Union Européenne, autant de partenaires qui sont censés éviter aux relations franco-africaines le huis clos d’un tête à tête, François Hollande fait le bilan.
Et comme il avait scandé pendant la campagne, « Moi, Président… », il répète que « ce sommet a été extraordinaire » parce que le Conseil de sécurité s’est engagé sur la RCA, parce que l’ombre de Mandela a plané sur les travaux, parce que les objectifs fixés sont ambitieux, etc. C’est un discours comme l’aiment les médias : concis, concret, compatissant. François Hollande dégage de l’autorité, une vision, une volonté. Soudain, il est Président. Le moment est vraiment « extraordinaire ». Mais en passant la parole à Ban Ki-moon, il ne peut s’empêcher de le présenter comme « un Secrétaire général qui est bien sûr lui aussi tout à fait extraordinaire !». C’est le retour de « Monsieur Petites blagues ». Le (bon) mot en trop. Dans le carré des officiels, les conseillers du chef de l’Etat qui semblaient aux anges font soudain triste mine.
