BAB’LIVE. Des concerts à vivre en live depuis son canapé

Pour soutenir la scène musicale indépendante en arrêt total depuis le début de la pandémie, Backstage et les Free Monkeyz lancent Bab’Live, un nouveau concept musical de concerts live filmés et enregistrés sans public et diffusés en ligne.

 

 

 

 

Cela fait pratiquement un an que les artistes agonisent à cause de la crise sanitaire qui a totalement paralysé le monde du spectacle et interdit les festivals.  Directement affectés par les mesures restrictives de la pandémie, certains d’entre eux qui vivent en grande partie de la scène, tirent à nouveau la sonnette d’alarme : « Les conséquences sur le travail et les revenus sont catastrophiques. On ne gagne plus rien ! s’indigne Adil Kaghat, musicien et prof de musique. Que ça soit pour le Bistro où je bossais 4 fois par semaine, les cours de musique que je donnais dans le cadre de l’Uzine à Ain Sebaa, ou à l’université internationale de Rabat,… tout s’est arrêté avec la crise sanitaire, donc 0 DH de revenus ! On est en train de voir comment on peut faire mijoter une guitare pour manger ? ».

 

Les oubliés de la Covid !

 

Même son de cloche pour Zakaria Mansour, luthiste qui rappelle que ses « seules rentrées d’argent c’était la scène. Les concerts. Aujourd’hui il n’y a plus rien et personne ne pense aux musiciens du live qui vivent de ça. Nous n’avons pas de carte d’artistes, nous ne bénéficions pas de subventions et pourtant, nous vivons de la musique en temps normal. Nous sommes des oubliés ».

 

 

« La culture a toujours été considérée comme la dernière roue du carrosse. Avec l’épidémie, c’est encore plus flagrant ! s’insurge la chanteuse Jihane Bougrine. Depuis un an, on ne lève pas le petit doigt pour ces musiciens qui vivent de la scène.  Ils ne sont pas couverts, s’ils ne sortent pas jouer, ils ne mangent pas et avec la pandémie, c’est ce qui s’est passé. La Covid n’a fait que souligner les failles d’un système qui ne protège pas ses artistes. Beaucoup de musiciens ont dû vendre leur instrument pour continuer à vivre. Et l’Etat ne fait rien. La scène se meurt à petit feu. Les musiciens aussi. Heureusement que des initiatives comme Bab Live, Visa for Music, Studio Live ou We Casablanca sont là pour penser à la scène ».

 

Comment penser le déconfinement culturel on line

 

 

 

Pour soutenir les artistes et les musiciens en ces temps moroses, un nouveau concept de concerts en ligne voit le jour. Bab’Live est une série de concerts intimistes, filmée sans public, dans une ambiance cosy et un décor original pensé par le Backstage, acteur culturel pour la promotion de la culture marocaine traditionnelle et urbaine et la boite de production audiovisuelle et musicale les Free Monkeyz, en partenariat avec la Fondation Touria et Abdelaziz Tazi (L’Uzine).

Soucieux de voir une scène musicale marocaine à l’agonie, les trois partenaires mordus de la culture au Maroc ont décidé de pallier au problème avec des concerts confinés, histoire de penser le déconfinement culturel on line en attendant des jours meilleurs. « Bab’live est un souffle d’espoir pour la scène live en ces temps de covid, nous confie Julien Fouré, monteur, réalisateur et co-fondateur des FreeMonkeyz. C’est une énergie de groupe qui a permis d’enregistrer 4 mini-concerts et qui espère pouvoir en faire beaucoup d’autres. C’est de l’auto financement dans une période délicate mais c’était nécessaire. Au même titre que wecasa ou encore Visa for music, nous voulions faire perdurer le son live ».

 

La « scène » n’est pas morte

 

 

 

 

Constitué de mini- concerts de trois morceaux d’un répertoire diverse et varié de la scène marocaine, Bab’Live offre des moments de musique unique, enregistrés en live et accessibles à tous et sur tous les supports (téléphone, tv, ordinateur …), dans le respect des normes sanitaires depuis les locaux de l’Uzine, selon une mise en scène simple. Les concerts étant une invitation à un univers musical différent à chaque fois, une version du Live autrement. « Nous voulons, à notre échelle, aider nos amis musiciens en manque d’espaces, de concerts, de créativité, d’amour du public … mais aussi offrir au public une manière différente de redécouvrir et d’apprécier notre musique, même si ce n’est pas du vrai Live, mais à travers la porte du Web « Bab’Live » » concluent les producteurs.

Les artistes programmés pour les premiers concerts (23/02) sont : Betweenatna (Punk-Rock) ; Maâlem Hamid El Kasri (musique traditionnelle Gnaoua) ; Jihane Bougrine (Pop musique) et The Rulerz Band (Reggae).

 

 

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