Covid-19/ Variants en circulation au Maroc, doit-on s’inquiéter ?

24 nouvelles souches du variant anglais sont détectées jusque là au Maroc. Le ministère de la santé appelle à la vigilance. Faut-il s’inquiéter ? Quels risques en cas d’apparition de nouveaux cas liés aux autres variants en circulation dans d’autres pays ? Avis des experts.

Tout allait bien ou presque. Le nombre des contaminations liées à la covid-19 sont en baisse, et la campagne de vaccination avance bien. Jusqu’à ce que ce communiqué du ministère de la santé ne vient secouer les Marocains. Le Consortium des laboratoires en charge de la veille génomique et du suivi des souches circulantes au niveau national annonce la détection de 21 nouvelles souches du variant anglais ce qui porte le nombre total des cas de ce variant  à 24 souches décelées à ce jour. Faut-il s’inquiéter ? «Il faut s’inquiéter dans la mesure où il faut être plus vigilant qu’avant en matière de respect de mesures barrières. Il faut aussi se faire vacciner surtout que les vaccins administrés au Maroc protègent contre ce variant britannique », explique Mustapha Naji, directeur du laboratoire de virologie de l’Université Hassan II. «On sent qu’il y a un relâchement, et c’est très inquiétant. N’oubliez pas, qu’on avait bien géré la première phase de la pandémie. Et le relâchement constaté lors de la période de l’Aid El Kebir nous a coûté cher. La preuve la flambée importante des cas positifs lors de cette période. Il faut donc éviter que cette situation ne se reproduise », prévient-il.

Rapide propagation

De son côté, l’épidémiologiste Jaâfar Haykal note qu’il est normal d’avoir différents types de variants au Maroc. «Le virus à la base est une souche qui a subi jusqu’à présent plus que 4.000 mutations.  S’il y a des mutations invisibles qui ne modifient pas la transmissibilité et la virulence du virus, d’autres sont plus visibles comme c’est le cas de la mutation anglaise, celles sud-africaine et brésilienne. Ces dernières ont alors des caractéristiques qui changent soit au niveau de la vitesse de propagation ou encore de la dangerosité », détaille l’épidémiologiste. Ainsi, pour le variant anglais, Haykal souligne qu’il se caractérise par sa rapide vitesse de transmission.  «En France, ce variant britannique ne représentait que 2 à 3% des cas au début. Aujourd’hui, il représente plus de 35% des cas. En Angleterre, 70% des cas détectés sont liés à variant. Au Maroc, il représente actuellement moins de 5% des nouveaux cas confirmés.  Mais, attention,  dans les jours qui viennent le nombre pourrait être plus important. D’où la nécessité de vacciner le maximum de la population afin d’atteindre une immunité collective. Quand on aura atteint 80% des personnes vaccinées, cela signifie que le virus classique et son variant britannique n’auront plus la capacité de transmissibilité », rassure Jaâfar Haykal.

Pas de vaccin contre les variants sud-africain et brésilien

A l’heure actuelle, le ministère de la santé assure que le dispositif de la veille génomique n’a détecté,  aucun variant sud-africain ni brésilien sur le territoire national. Mais, pour Jaâfar Haykal, rien n’empêche de détecter les autres souches prochainement qui se caractérisent non seulement par leur vitesse de circulation mais aussi leur dangerosité.  Or, si les vaccins utilisés au Maroc protègent aussi contre le variant britannique, Haykal  précise que ce n’est pas le cas pour les autres types de variants. «Nous ne disposons pas suffisamment de données scientifiques dans ce sens. Si les Sud-Africains sont inquiets aujourd’hui, c’est qu’il semble que certains vaccins comme celui d’Astrazeneca ne protègent pas contre ce variant », alerte Haykal. La prudence est donc de mise. «On ne peut pas rester indéfiniment confinés. Mais, il faut être vigilant. Il n’y pas de recette magique. La meilleure manière de lutter contre une éventuelle recrudescence des cas est de maintenir les mesures barrières et se faire vacciner », conclut Haykal

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