A la Taverne philo à Casablanca : Temps d’humain, temps de chien… 

Refaire le monde dans une ambiance bon enfant, c’est ce que propose la Taverne philo depuis sa genèse, il y a 8 ans. Ce mardi 18 juin 2019 à 19H à la Fol, c’est autour de la question philosophique du temps qu’est organisée la dernière rencontre de la saison à Casablanca.

Comme d’habitude, il est demandé aux personnes intéressées par le débat à apporter des collations pour être dans l’esprit de partage qui caractérise cette initiative originale.

Présentation des termes du débat

Qu’est ce que le temps ? 

Saint Augustin lui-même  avec ses cadrans solaires, ses sabliers et ses horloges à eau est embarrassé : « Si personne ne me le demande, je le sais, mais si on me demande et que je veuille l’expliquer, je ne sais plus qu’en dire, passé, présent, avenir ne sont que des moments subjectifs ».

Alors aujourd’hui à l’heure de la physique quantique sans flèche du temps,  ou de la physique relativiste qui lie espace et énergie sans y mettre le temps, quelle métaphysique ?

Le découpage parcellaire du temps par les horloges est une invention qui a structuré la modernité, mais il ne s’agit que d’un outil pour mesure l’espace parcourue, du balancier ou de l’atome. Un outil peut-il formater la psychologie et la vie des humains ?

Comment faire face à un univers où les rythmes s’enchevêtrent sans pouvoir trouver de mesure unique.

Pourquoi la lune et le soleil sont ils déréglés l’un face à l’autre sans que jamais on ne trouve de solution satisfaisante ?

Et pourtant le temps n’est que mesure, que ce soit en musique ou physique, et il ne sert qu’à donner le temps des relations aux temps indistincts, se donner des rendez-vous ?

L’horloge ne sert qu’à faire partir des trains à l’heure ou à des amoureux ne plus voir passer le temps ?

L’existence d’un espace est liée à mon expérience du corps, mais je lui refuse le temps. Qu’y a-t-il de si mécanique, de si inhumain que je le refuse de toutes manières ?

Et si les physiciens d’aujourd’hui avaient raison en soutenant que le temps n’existe pas, mais que c’est nous qui le faisons entrer comme une constante de l’univers pour lui imposer notre existence d’observateurs, alors le temps redevient si simple, ce n’est rien d’autre que ma mesure, la mesure de mon harmonie avec l’univers.

Je cesserais de parler de passé de présent ou d’avenir, mais de ce que je suis, je serais, ou j’ai été. L’humain mesure de l’espace selon le célèbre dessin de Vitruve repris par  Léonard de Vinci ne le serait il pas aussi du temps, si vous en faites les aiguilles de l’horloge universelle ?

Les humains ont toujours soupçonné que le temps appartenait à leur sphèreet qu’il y avait des dimensions divines par exemple dans lesquels le temps n’existait pas. A nous de penser  vie de ce monde et vie d’éternité comme simultanée et en expérience d’aujourd’hui.

Que faisons nous de la durée qui suspend le temps ?

Que faisons nous de l’absence de temps comme temps véritable de l’humaine condition ?

Sommes nous prêts à nous passer du temps ?

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