Des empreintes de dinosaures sauvées par des étudiants et leur professeur

 

Un paléontologue marocain et ses étudiants ont réussi, via les réseaux sociaux, à éviter la destruction d’un site historique d’empreintes de dinosaures dans le sud du Maroc.

 

Par Hayat Kamal Idrissi

 

Un important site historique situé au sud du Maroc a failli être complètement détruit. Transformé en carrière d’extraction de pierres, les empreintes de dinosaures allaient disparaitre à jamais sans l’intervention du paléontologue Moussa Masrour et de ses étudiants.

Genèse

 

Averti par d’anciens étudiants, le chercheur lancera aussitôt une alerte sur les réseaux sociaux en provocant une forte mobilisation pour sauver le site. « Le site d’empreintes de Dinosaures Issil n’Aït Arbi 1 à la vallée de Dadès risque de disparaitre à jamais ! Il est devenu une carrière d’extraction des pierres ! », s’alarme le chercheur le 15  septembre.

Découvert en 2010, dans le Haut Atlas par le randonneur marocain Hassan Yamani, le site d’Issli n’Ait Arbi sera étudié scientifiquement pour la première fois par Moussa Masrour, professeur à l’Université Ibn Zohr d’Agadir et le paléontologue espagnol Félix Pérez-Lorente de l’Université de La Rioja. Une première étude réalisée par les deux experts est publiée en 2014 dans la revue scientifique « Geogaceta ». « Il s’agit de traces d’un dinosaure herbivore, qui vivait au début de l’ère Jurassique, avec des membres antérieurs encore courts et pouvait à peine marcher à quatre pattes », explique Masrour. Une première découverte du genre non seulement au Maroc mais en Afrique du Nord.

 

 

Mobilisation

 

« Le site a déjà été convoité par les extracteurs de pierres », assure Pr Masrour qui évoque une autre menace ayant pesé sur les couches contenant les empreintes de dinosaures, datant de 2011. Aujourd’hui, l’Histoire se répète et l’importante découverte est encore menacée de disparaitre. « J’ai été alerté par Driss Benyahia et Abdelkarim Najim, d’anciens étudiants. Ils m’ont informé, avec photos à l’appui, que le site est devenu une carrière d’extraction des pierres et que des surfaces contenant des empreintes de Dinosaures ont disparues », raconte le scientifique. Le chercheur et ses étudiants lancent aussitôt une campagne de sensibilisation sur leurs comptes Facebook. Une forte mobilisation s’ensuit pour bloquer les travaux d’exploitation de cette carrière de pierre.

« On demande aux Ministère de l’Energie et Mines, l’association APPGM et les autorités locales de faire le nécessaire pour arrêter ce massacre de notre patrimoine géologique », alerte Masrour. Un appel qui n’est pas resté sans retour. « Finalement les autorités locales ont arrêté les travaux à la carrière et ont promis de protéger le site », assure Masrour, avec grand soulagement.

Evité de justesse, la démolition d’un aussi précieux site remet au gout du jour la grande problématique de la protection du patrimoine culturel et historique national. Sujet de toutes les convoitises, cet héritage est souvent détruit et spolié surtout dans les régions  reculées et en l’absence de mesures de surveillance et de valorisation.

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