Entretien- Jalal Ibrahimi: « Au Maroc, notre stratégie d’investissement va s’accélérer dans les années à venir «

Jalal Ibrahimi, directeur général de Philip Morris Maroc

 Avenir sans fumée, impact covid sur la consommation de la cigarette au Maroc, réglementation du tabac chauffé, dispositions du projet de loi de finances 2021, …Point avec le directeur général de Philip Morris Maroc, Jalal Ibrahimi.

L’Observateur.info : Philip Morris a de fortes ambitions de développement sur le marché marocain. Quels sont les grands axes de votre stratégie de développement ?

Jalal Ibrahimi : Effectivement. Nous avons dès 2016, fait du Royaume un hub pour la région Afrique du Nord. Durant les trois dernières années, nous avons investi quelques 100 millions de dollars soit près d’un milliard de dirhams sur le territoire marocain. Cela indique  clairement notre volonté de participer à l’essor économique national. L’écosystème créé autour de Philip Morris au Maroc compte 600 emplois permanents et collabore avec une cinquantaine de PME nationales. Sur le volet de la distribution, grâce au partenariat avec notre distributeur exclusif, nous avons établi un réseau qui couvre 100% du territoire national avec une dimension digitale très forte.

Aujourd’hui, notre ambition est de proposer aux 5,5 millions de fumeurs adultes au Maroc, un produit alternatif de tabac chauffé sans combustion avec un risque modifié comme cela a été reconnu par la « Food and Drug Administration » (FDA). Et pour y parvenir, notre stratégie d’investissement va s’accélérer dans les années à venir.

La décision de la FDA, signe-t-elle la fin de la cigarette combustible ?

Le CEO de Philip Morris International (PMI)l’a déjà annoncé: PMI veut arrêter la vente de cigarettes terme. Et dans certains pays on espère y arriver dans un délai ne dépassant pas 15 ans. Notre ambition est d’ouvrir la voie à un « monde sans fumée ». Contrairement à la cigarette combustible, le tabac chauffé ne brûle pas. Les études cliniques menées par différents organismes révèlent que les produits alternatifs de tabac chauffé sans combustion émettent entre 90 et 95% de matières nocives en moins par rapport à une cigarette.  Actuellement, l’IQOS(le système de chauffage électronique de tabac de PMI) est distribué dans 61 marchés dans le monde dont l’Angleterre, la hollande, l’Allemagne, le Japon… Au Maroc, les HEETS (produit de tabac chauffé sans combustion en forme de bâtonnets de tabac), sont disponibles au niveau des duty free de l’aéroport de Casablanca et celui de Marrakech. Pour l’introduction des appareils IQOS, le pas sera franchi dès que le produit sera lancé sur le marché national.

La loi de finances 2021 prévoit l’instauration d’une taxe sur le tabac chauffé. Qu’en pensez-vous ?

Nous saluons l’adoption de cette mesure, tant attendue. C’est un grand pas pour le Maroc vers l’accélération de l’introduction de produits de tabac chauffé sans combustion. C’est en effet, une opportunité pour mettre à la disposition des fumeurs adultes marocains des produits qui sont des alternatives à risque réduit aux cigarettes. Cela se traduira également par une redynamisation du secteur notamment en matière d’investissement et de création d’emplois.  Une étape importante a  été franchie avec la loi 46-02 qui s’est traduite par la mise en place d’une catégorie fiscale dédiée au tabac chauffé. Aujourd’hui, il reste à mettre en place tous les aspects  réglementaires, à savoir les standards appliqués à ces produits sans combustion à risque réduit, afin de de protéger les fumeurs adultes voulant passer à ce type de produits.

Quel a été l’impact du coronavirus sur le marché de tabac au Maroc ?

Pendant la période de confinement, la consommation de cigarettes a subi une baisse à deux chiffres. Cela était conjugué une nouvelle tendance de consommation : l’orientation vers des produits à prix bas. Les marques prémiums ont donc perdu beaucoup plus au profit des autres marques intermédiaires et cela peut être expliqué par la baisse du pouvoir d’achat et la volonté de rationalisation des dépenses Considérant le grand gap de prix entre les segments « prémium » et « entrée de gamme », cela a encouragé cette tendance qui a eu un impact significatif sur les opérateurs et sur les recettes de l’Etat.

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