Escale littéraire au Sofitel Casablanca

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Par : Jamila Arif

Qui a dit que tous les voyages ont été faits et tous les récits écrits ? Certainement pas dans un monde de plus en plus ouvert et petit, et où les écrivains du monde migrent de rivages en rivages pour scruter d’autres horizons, ressentir, partager et décrire ce qui compte : les paysages, naturellement, mais surtout la vie des gens, leurs espoirs et leurs préoccupations.

Ainsi de l’Europe à l’Afrique, des Etats-Unis au Moyen-Orient et jusqu’en Asie, les nouveaux Ecrivains Voyageurs,
passeport en poche, posent leurs valises dans un Sofitel pour nous dévoiler leur récit et les histoires que ces destinations font naître sous leur plume d’exception.
« Je suis heureuse de vous faire découvrir les nouvelles que ces destinations ont inspirées à ces prestigieux auteurs, et j’espère que tel un prélude au voyage, elles vous donneront, un instant, cet exquis sentiment d’être ailleurs… », se félicite Catherine Enjolet, qui, avec la complicité de Denis Labayle, a initié l’idée d’accueillir des auteurs et leur ouvrir des horizons d’inspiration. Une idée qui a grandi et voyagé avec le temps. Désormais, un lien se tisse entre un auteur, une destination et un Sofitel.
Et c’est au Sofitel Casablanca Tour Blanche que Robert Solé a été l’invité d’un café littéraire le vendredi 4 janvier. En présence de Thomas Greggory, le directeur général de l’établissement et Denis Labayle, l’écrivain voyageur s’est fait un plaisir de manier les mots et raconter des histoires. Romancier, journaliste et essayiste, Il conjugue au pluriel sa passion pour l’écriture.
Directeur du Monde des livres, Robert Solé est considéré comme l’un des plus importants spécialistes français de l’Égypte, son pays d’origine. Auteur de plusieurs romans à succès (Le Tarbouche, Le Sémaphore d’Alexandrie, La Mamelouka, Mazag), il a également publié des essais remarqués, comme L’Égypte, passion française et le Dictionnaire amoureux de l’Égypte.
Attentif au moindre détail, aux soubresauts de l’Histoire, il transmet au lecteur la mémoire de cette civilisation ancienne auréolée de gloire et de mystère. «Ce pays, qui était un amour d’enfance, est devenu par la suite un objet d’étude», note à ce propos l’écrivain.
Sa passion pour l’écriture remonte à son plus jeune âge. «Quand j’étais tout petit, je lisais les journaux à la maison, je découpais des livres. J’ai toujours eu envie d’écrire», raconte-t-il. À 15 ans, le jeune homme rêvait déjà de publier son premier livre. Il lui a fallu attendre quelques décennies, le temps d’accumuler le savoir et les expériences de vie.
En 1992, son premier roman Le Tarbouche a remporté le Prix Méditerranée tout en étant bien accueilli par le public. Les autres ouvrages dont Le Sémaphore d’Alexandrie, La Mamelouka, les ouvrages historiques, L’Égypte, passion française, La Pierre de Rosette, Dictionnaire amoureux de l’Égypte ont bientôt suivi, recevant eux aussi un accueil favorable. De son expérience de journaliste au Monde, Robert Solé a gardé un souci de rigueur, de véracité, ainsi qu’un sens aigu du détail. Quand il écrit, le romancier en lui sait inventer un monde imaginaire, jouer avec les odeurs, les sons, les émotions. Cette démarche créative s’accompagne d’une recherche plus formelle sur les lieux, les mœurs, les pratiques qui viennent se greffer sur les principaux thèmes du roman. Si Robert Solé sait si bien décrire, capturer l’atmosphère des rues du Caire, c’est que, pendant ses jeunes années, il a été l’observateur impartial de cette ville bouillonnante et cosmopolite. Né sur les bords du Nil, dans une famille chrétienne d’origine syrienne, Robert Solé a été formé en français au Caire, par les Jésuites de la Sainte-Famille.
«Dans les deux principales villes d’Égypte, Le Caire et Alexandrie, il y avait des gens d’origine et de religions différentes, des musulmans, des chrétiens, des catholiques, des orthodoxes, des protestants et des juifs», se rappelle-t-il.
«La langue française avait un rôle important dans ce pays arabe colonisé par les Anglais. J’ai vécu la fin de ce monde-là. J’en garde un souvenir peut-être embelli, mais en tout cas, un beau souvenir», ajoute l’écrivain.
C’est ainsi que le voyageur a emporté toute l’audience attentive dans une escale égyptienne traduite en mots et en images. Lucien Guissard disait : « Plus on parcourt la planète, plus on écrit sur elle; plus le monde est petit et plus on le traduit en mots; plus il y a de voyageurs et plus il y a de regards. La littérature ne mourra pas».
La littérature de voyage et les voyageurs modernes nous disent qu’on peut encore lire le paysage, la nature, le monde entier différemment. Il suffit de lire le paysage à travers la littérature, et on parlera de voyage littéraire. Comme le dit Roland Le Huenen, dans son analyse de Tristes Tropiques. Les récits de voyages ont le grand mérite d’inciter les lecteurs au voyage parce qu’ils donnent l’envie d’aller confronter le texte à la réalité.
Les voyageurs du Sofitel ont désormais le luxe de vivre cette expérience enrichissante, alliant art de recevoir, voyage et littérature. Une belle initiative pour mettre à l’honneur des écrivains contemporains et faire des Sofitels des relais de la culture littéraire.
Bonne continuation !
Alors, à quand l’histoire casablancaise de Solé ?

Belle lecture !car cover mazda cx 5

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