Facebook : Des internautes arabes se déchaînent sur les homosexuels

 

Des associations du monde arabe, d’Europe, d’Australie et des États-Unis demandent dans une lettre ouverte à Facebook de mettre fin aux discours haineux contre la communauté LGBTQI+ au Moyen-Orient et en Afrique du nord.

 

 

Plusieurs associations issues de plusieurs pays (Maroc, Tunisie, Egypte, Syrie, Soudan, France, Italie, Suisse, Etats-Unis, Australie…) expriment leurs inquiétudes face à la diffusion croissante de discours de haine contre la communauté LGBTQI+ sur Facebook. « Nous appelons l’administration Facebook de la région MENA (Afrique du Nord – Moyen-Orient) à mettre fin à l’utilisation de sa plateforme pour diffuser ces discours, notamment par ses utilisateurs de langue arabe », demandent les signataires dans une lettre ouverte à l’administration de Facebook.

Les associations comme : ATYAF Collectif pour la diversité sexuelle et du genre (Maroc),  Le village médical et psychosociale (Maroc), Nassawiyat (Maroc), Mesahat Foundation for Sexual and Gender Diversity (Egypte et Soudan), Association tunisienne de défense des libertés  individuelles (Tunisie), LGBT Arabic (Syrie), Rainbow-street (USA), Initiative franco-égyptienne pour les droits et  les libertés (France), Philomela (Russie), Il Grande Colibrì – Association   interculturelle LGBTQIA (Italie) …sonnent la sonnette d’alarme.

 

Plusieurs signalements contre les discours de haine en langue arabe n’aboutissent pas

 

En effet, au cours des derniers jours, des campagnes systématiques de propagation de discours de haine contre la communauté LGBTQI+ en Égypte ont explosé, après l’annonce du suicide de la militante égyptienne féministe Sarah Hegazy, retrouvée morte à son domicile au Canada le 13 juin 2020.

Avec la prolifération des médias sociaux ces dernières années, la diffusion de discours de haine en ligne contre la population LGBTQI+, surtout en langue arabe, s’est amplifiée, et « des efforts importants doivent donc être faits afin de lutter contre toute incitation ou discours de haine ».

« Plusieurs signalements contre les discours de haine en langue arabe n’aboutissent pas », peut-on lire dans le communiqué, sous prétexte que : « Le contenu du post/commentaire ne viole pas les standards communautaires de Facebook ».

Pour appuyer leur demande, les associations se réfèrent ainsi à la section des standards communautaires de Facebook sur la société (point 12) qui affirme que « Facebook ne tolère pas tout discours incitant à la haine, …et  toute attaque directe contre des personnes pour leur : race, origine ethnique, origine nationale, appartenance religieuse, orientation sexuelle, classe sociale, sexe, genre, identité sexuelle ou maladie grave, ou handicap. »

 

Sensibilisation aux questions liées à l’orientation sexuelle, l’identité de genre et les droits des minorités

 

Suite aux annonces faites par Zuckerberg le vendredi 26 juin, concernant « le traitement de toute publication qui vise à menacer la sécurité physique et sanitaire des personnes sur la base de leur origine, race, nationalité, classe sociale, genre, orientation sexuelle, et l’assurance que [ces publications] seront interdites », les associations demandent à l’administration de Facebook :

  • De mettre en place un mécanisme pour enquêter individuellement sur tous les cas de discours de haine, notamment liés à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, conformément à des critères spécifiques qui respectent la vie privée et sans préjudice du droit à l’expression ;
  • D’appliquer la même politique de lutte contre les discours de haine contre la communauté LGBTQI+ en Afrique du Nord – Moyen-Orient que dans les pays d’Europe et d’Amérique du Nord, que les discours de haine soient interdits et que des mesures fermes et concrètes soient prises contre leur diffusion ;
  • De former et sensibiliser ses employé(e)s dans la région aux questions liées à l’orientation sexuelle, l’identité de genre, et les droits des minorités (particulièrement la communauté LGBTQI+) ;
  • De nommer un (e) expert(e) concerné(e)  par la lutte contre le discours de haine au sein du comité des sages de Facebook, ainsi que d’un représentant (e) de la communauté LGBTQI+ de notre région.

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