Écosse : Le dilemme de l’indépendance

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Les choses se corsent en Ecosse. Selon les dirigeants de l’industrie, les gestionnaires d’actifs, les investisseurs et les épargnants déplacent des centaines de millions de livres hors Écosse, sur fond de craintes quant aux conséquences de la victoire d’un Oui au référendum qui déterminera si l’Écosse quittera le Royaume-Uni et deviendra un pays indépendant la semaine prochaine. Multrees Investor Services, gestionnaire de comptes bancaires pour l’industrie de la gestion du patrimoine, a déclaré qu’il avait déjà retiré plusieurs centaines de millions de livres pour le compte de plusieurs gestionnaires de patrimoine pour les déposer ailleurs. « Ils ont tous pris des mesures », alerte Chris Fisher, le directeur général de Multrees. « Si nos clients ont pris cette mesure, cela veut dire que d’autres sociétés de services financiers l’ont fait également ». Un autre signe de nervosité réside dans les «clauses de sortie» qui sont désormais insérées dans les contrats liés aux biens immobiliers en Écosse pour permettre aux acheteurs d’annuler les contrats ou renégocier les prix dans le cas d’un Oui Écossais, selon les conseillers du secteur. Selon des sondages d’opinion, les camps du Oui et du Non sont à égalité. Et Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, a averti qu’une union monétaire entre le reste du Royaume- Uni et une Écosse indépendante serait « incompatible avec la souveraineté ». Les propos de ce dernier marquent un durcissement de sa position contre le partage de la monnaie et reflètent les préoccupations croissantes quant aux conséquences d’un Oui. Les gestionnaires de patrimoine rapportent que les clients déplacent leurs dépôts des banques écossaises pour les placer hors Ecosse. Quant aux fonds de pension, ils se sont retirés du marché boursier. Selon un conseiller financier, un client aurait retiré son portefeuille d’actions à hauteur de près d’ 1 million de livres pour le placer dans un actif sûr. « Les clients ont peur de l’inconnu » affirme Claire Walsh, planificateur financier accrédité chez Aspect 8, conseillers financiers indépendants « Certains d’entre eux sont des personnes âgées approchant la retraite et donc ils s’inquiètent pour leurs actifs ». Les actions des entreprises basées en Ecosse ont rebondi après une forte chute enregistrée la veille d’un sondage effectué par Sunday Times / YouGov qui a constaté une petite longueur d’avance pour le camp du Oui pour la première fois. La livre sterling était stable. Et les prix des gilts à 10 ans ont chuté davantage avant d’avoir légèrement perdu du terrain. Douglas Connell, associé principal chez Turcan Connell, a déclaré : « Il s’agit presque d’une frénésie parmi les clients. La grande question qui se pose est : mon argent est-il en sécurité dans une banque écossaise ? » Les clients étaient « surtout préoccupés par le fait que leurs fonds soient en quelque sorte soumis à un quelconque contrôle ». Ils ont peur qu’une « hache leur tombe dessus après le référendum ».Et de conclure que ces craintes n’étaient pas fondées. Selon un dirigeant écossais exécutif dans la gestion d’actifs, les régulateurs britanniques « se sont discrètement rapprochés » des institutions pour élaborer des plans d’urgence. Quant à Barney Reynolds, associé chez Shearman & Sterling, il soutient que « Pour que les entreprises puissent être sous la supervision du Royaume-Uni, leur lieu de travail et de management serait généralement le Royaume-Uni. Cela aura tendance à créer une force d’attraction sur les entreprises écossaises de délocaliser une grande partie de leur infrastructure vers le Royaume-Uni »

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