Monnaies : Le dollar se renchérit

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Les investisseurs pressent le dollar américain vers de nouveaux sommets contre un éventail plus large de monnaies, à l’heure où les marchés s’ajustent aux perspectives divergentes des principales économies du monde et à la perspective d’une hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale. Le dollar a atteint son niveau le plus élevé en six ans de Y106.39 face au yen, le 9 septembre et a touché son plus haut niveau en 14 mois contre un panier de devises. La reprise du dollar souligne, en effet, les politiques monétaires contrastées de chaque côté de l’Atlantique. La Banque centrale européenne devrait assouplir davantage sa politique afin de lutter contre la menace de la déflation au moment même où la Fed se prépare à mettre en exergue de nouveaux détails sur la manière la plus rapide de relever ses taux. «Nous entrons dans une nouvelle phase. Le QE3 ne sera plus là dans environ deux mois. Et nous nous dirigeons vers la première hausse des taux », a déclaré Stephen Jen, responsable du hedge fund SLJMacro. « Un dollar sousévalué a une chance de trouver son niveau normal, ayant été déprimé par la Fed ». L’affaiblissement des perspectives économiques en zone euro et au Japon, couplé au fait que les décideurs de la Fed pourraient changer leur orientation sur les taux d’intérêt, ont ébranlé le marché des changes de $ 5 trillions par jour sur une période de volatilité historiquement basse. Alors que la hausse du dollar de 6% enregistrée depuis début juillet a été en grande partie tirée par l’assouplissement monétaire initié par la BCE, le dollar a tiré sa force cette semaine de certains développements aux États-Unis. Le rebond affiché le 9 septembre est survenu après la publication d’une étude par la Fed de San Francisco suggérant que le marché a sous-évalué la vitesse à laquelle la Fed pourrait relever ses taux une fois que la procédure est entamée. « Le marché a sous-estimé de manière très significative le temps et le rythme du renforcement des États-Unis», a déclaré Steve Englander, stratégiste chez Citigroup. Les devises des marchés émergents particulièrement sensibles aux taux d’intérêt US ont chuté la semaine dernière. La livre turque, le rand sud-africain et le peso mexicain ont affiché les pires performances. Les investisseurs avaient déjà mis en place de grandes opérations contre l’euro et le yen sur les marchés à terme, misant sur un stimulus intensifié par la BCE et la Banque du Japon. Les attentes du marché suggèrent que la BCE va assouplir sa politique dans les mois à venir car elle est aux prises avec une économie stagnante et une inflation en baisse. Pendant ce temps, l’incertitude sur le vote d’indépendance de l’Écosse et le calendrier d’une hausse des taux par la Banque d’Angleterre ont affecté la livre sterling, qui a affiché, le lundi dernier, sa plus grande chute en une journée en plus d’un an avant de se stabiliser le 9 septembre. Les hedge funds qui ont fortement misé sur le dollar et la hausse des taux aux États-Unis ont été frustrés pour une grande partie de cette année par le statu quo de la Fed, les effets d’un hiver amer américain sur la croissance et sur la résilience inattendue de l’euro. Le Stimulus entrepris dans le monde développé a également maintenu la volatilité au plus bas❚

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