France – Justice : De nouveaux inculpés dans l’affaire de décapitation de Samuel Paty (vidéo)

 

L’enquête sur la décapitation en France de l’enseignant Samuel Paty se poursuit. La liste des inculpés pour « complicité d’assassinat terroriste » s’allonge. 

Le parent d’élève Brahim Chnina et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui ont été inculpés, hier mercredi 21 octobre 2020, a annoncé le parquet national antiterroriste français.

Deux amis de l’assaillant, Naim B. (18 ans) et Azim E. (19 ans), ont été inculpés du même chef d’accusation. Un troisième proche, Yussuf C., est poursuivi pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes ».

Tous ont été placés en détention provisoire, sauf Brahim Chnina, qui a toutefois été incarcéré dans l’attente d’un débat sur cette question.

Les deux collégiens de 14 et 15 ans accusés d’avoir désigné contre rémunération l’enseignant à l’assaillant ont eux aussi été inculpés pour « complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », mais ils ont été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Complicité ?

Chnina, 48 ans, et Sefrioui, 61 ans, sont accusés d’avoir « nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux » l’enseignant « au moyen d’une manoeuvre et d’une réinterprétation des faits », a indiqué le procureur antiterroriste Jean-François Ricard lors d’une conférence de presse tenue hier.

L’avocat de Sefrioui a affirmé à l’AFP qu’avant l’assassinat du professeur son client « n’avait aucune idée de ce qui allait se passer ».

Selon lui, « il n’y a eu aucun contact » entre Anzorov et son client, et « rien ne dit même qu’Anzorov ait vu sa vidéo ».

« Il y a des commanditaires qui sont derrière cet attentat et qui sont certainement ravis de voir que l’enquête se focalise sur des comparses périphériques, qui n’ont jamais voulu une telle horreur », a estimé l’avocat.

Selon lui, « les personnes dangereuses, qui ont formé Anzorov, sont à l’abri et vont en former d’autres ».

Dans un message envoyé sur les réseaux sociaux après avoir posté une photo de sa victime, Abdoullakh Anzorov avait annoncé dans un russe hésitant qu’il avait « vengé le prophète », en reprochant au professeur de l’avoir « montré de manière insultante ».

Pour rappel, Samuel Paty, 47 ans, professeur d’histoire et de géographie à Conflans-Sainte-Honorine, à 25 kilomètres au nord-ouest de Paris, a été décapité vendredi dernier par Anzorov, un réfugié d’origine russe tchétchène de 18 ans, pour avoir montré des caricatures du prophète Mohamed début octobre lors de deux cours sur la liberté d’expression.

 

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