Hicham Talby Chef de la division du financement sectoriel et de l’inclusion financière au sein du ministère de l’économie et des finances : « Le programme offre une opportunité aux jeunes de se lancer dans l’initiative entrepreneuriale ».

Le nouveau programme d’appui et financement de l’entrepreneuriat vient de voir le jour. Rencontre avec Hicham Talby, chef de la division du financement sectoriel et de l’inclusion financière au sein du ministère de l’économie et des Finances autour des détails du dispositif.

L’Observateur du Maroc et d’Afrique : Quels sont les grands axes de ce nouveau programme d’appui et financement de l’entrepreneuriat ?
Hicham Talby : Le Programme d’appui et de financement de l’entrepreneuriat lancé au niveau de Sa Majesté le Roi ambitionne d’apporter une solution globale à la problématique d’accès au financement notamment des jeunes porteurs de projet des TPE. Les conventions signées dance ce cadre portent sur 3 axes :

– Le financement de l’entrepreneuriat via la mise en place du « Fonds d’Appui au Financement de l’Entrepreneuriat » qui sera doté de 6 Milliards de Dh sur 3ans fournis à parts égales par l’Etat et le secteur bancaire ;

– La coordination des actions des différentes parties prenantes de l’écosystème entrepreneuriale au niveau des régions ;

– La promotion de l’accès des populations rurales et des TPE rural aux services financiers au sens large et plus particulièrement au financement de leur projet.

Qui va en bénéficier, quels sont les secteurs ciblés ? Et Quel sera l’impact sur l’économie ?
Le programme s’adressera en priorité aux populations évoquées par le discours Royal d’ouverture de la session parlementaire à savoir : les jeunes diplômés porteurs de projet, les TPE et les entreprises actives à l’export. Le programme cible aussi l’inclusion économique et professionnelle du secteur informel. Le programme vise à contourner les insuffisances du marché de travail en offrant une opportunité aux jeunes de se lancer dans l’initiative entrepreneuriale. La création d’entreprise, et la création d’emploi qui s’en suit permettra d’adresser la problématique du chômage et assurera une intégration d’une partie de la population inactive, ou active dans l’informel, dans les circuits de production formels. Ceci ne peut être sans impact sur la création de valeur ajoutée au niveau national et par conséquent sur le taux de croissance du PIB. Le soutien à l’export est aussi un objectif afin de réduire les effets du déficit de la balance commerciale. Je précise à ce titre que les études démontrent clairement que l’essentiel de la création de l’emploi est fait au niveau des TPE et en particulier dans leurs premiers stades de vie. D’où l’intérêt accordé à travers ce programme aux stades de pré-création et de création des entreprises.

Le programme a vu la participation d’un bon nombre de parties prenantes, qui fera quoi ?
En effet, l’ensemble des acteurs concernés par la question de l’entrepreneuriat ont répondu présents pour la mise en place de ce programme, et ceci nous semble une des forces de ce programme. En effet que ce soit pour la déclinaison de la nouvelle offre, son financement ou le suivi/pilotage de ce programme, c’est l’approche participative qui a été retenue. Ceci étant, chacun des partenaires devra agir dans le cadre de ses missions et attributions. Ainsi, le ministère de l’Économie et des Finances agit en tant que représentant de l’Etat, chargé des politiques de développement économique, de la tutelle du secteur financier et principal intervenant dans l’inclusion financière et l’appui public au financement des TPME, à travers notamment les systèmes qu’il donne en gestion à la Caisse Centrale de Garantie. Le secteur bancaire agira en qualité de front office et sera en contact direct avec les demandeurs de financement du fait du réseau bancaire et de l’expérience clientèle dont disposent les banques. Bank Al-Maghrib interviendra en tant qu’organe de contrôle et de supervision du secteur bancaire, et également de par sa mission de politique monétaire. Les CRI, l’OFFPT et la CGEM ainsi que les autres parties prenantes de l’écosystème entrepreneurial agiront en tant qu’intervenants dans les commissions d’accompagnement des entrepreneurs au niveau régional.

Comment sera décliné ce nouveau dispositif ?
Le nouveau dispositif comprendra principalement un volet dédié à l’appui financier (appui à l’offre de financement) et un autre dédié au soutien non financier (appui à la demande). Ainsi, de nouveaux mécanismes de garantie seront mis en place ciblant notamment les entreprises de moins de 5 ans ou en création avec des conditions préférentielles et une garantie pouvant atteindre 80 % du montant du prêt. Ces mécanismes de garantie s’ajouteront aux mécanismes existant gérés par la CCG. De plus, des mécanismes de financement directs ou de co-financement au profit des cibles seront mis en place. Je cite à titre d’exemple la mise en place d’avances sans intérêt pour les AE et TPE ou également des prêts de cofinancement avec des taux avantageux. Au niveau du volet accompagnement, des commissions seront créées au niveau régional, leurs travaux seront coordonnés par les CRI. Elles seront chargées de mettre en place les conditions idoines à l’accompagnement des entrepreneurs et des jeunes porteurs de projets.

Cet accompagnement, sera adressé principalement aux porteurs de projets et aux TPE en stade de création et visera à les aider à préparer leur business plan, à revoir leur plan d’affaires et à soumettre un dossier de crédit et ainsi accroitre la chance de réussite de leur projet…

Un FAFE a été créé dans le cadre de la loi de finances 2020, il sera géré par qui et comment sera-t-il alimenté et quelles conditions d’octroi ?

Le FAFE est un CAS dont la gestion ne peut être assurée que par le Ministère des Finances, et ce aux même titre que les autres CAS. Néanmoins, et s’agissant d’un fonds qui reçoit une contribution de secteur bancaire, il a été convenu, en vertu de la convention signée devant Sa Majesté, la mise en place d’un comité de pilotage présidé par le ministre de l’Économie et des Finances et comprenant le Wali de Bank Al Maghrib et le Président du GPBM, qui sera chargé de définir la stratégie d’intervention du Fonds et d’assurer la mise en œuvre du programme. Ce comité sera épaulé par un comité de technique composé des représentants du comité de pilotage ainsi que la CCG et qui sera chargé d’un rôle de proposition, de suivi, de reporting et d’optimisation des processus. Le FAFE sera doté, sur 3 ans, d’au moins 6 Milliards de Dh dont 3 Milliards provenant de l’Etat et 3 Milliards provenant du secteur bancaire .

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