Délais de paiement: Beaucoup reste à faire

La problématique de délais s’aggrave de plus en plus. La TPE en est la première victime. L’observatoire dédié publiera son premier rapport en 2019. D’ici là, la CGEM et le ministère des finances tentent de trouver des issues !

Les délais de paiement dans les entreprises ont battu tous les records », lance d’un ton sérieux le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Salaheddine Mezouar lors d’une rencontre dédiée à la présentation de l’Observatoire des délais de paiement.

Selon les chiffres d’Inforisk, la TPE est la première victime du délai de paiement. Ce dernier a atteint 10 mois en 2015 et s’est allongé de plus de 77 jours depuis 2010. Dans les TPE, dont le chiffre d’affaires est de 10 millions DH, le délai est de 9,9 mois pour encaisser et 6,6 mois pour payer les factures reçues. Pour les PME de 200 millions DH de chiffre d’affaires, le délai va de 5,1 mois à 3,5 mois.

La même source soulugne que le crédit entreprise s’établit à 387 MMDH, soit 39% du PIB. Le secteur public est aussi concerné. Les chiffres montrent une aggravation des délais de paiement qui dépassent les 72 jours, mais avec « une amélioration sensible au début de l’année 2018 puisqu’on a gagné 6 jours depuis décembre à aujourd’hui ». Sur un échantillon d’EEP qui représentent les 3/4 des investissements, le nombre d’EEP qui respectent les délais contractuels est de 18.

Face à cette problématique, le patron des patrons appelle le gouvernement à prendre le taureau par les cornes par l’accélération de la mise en place des décrets d’application de la loi consacrée aux délais de paiement. Il propose aussi la création d’une commission  dans ce sens.

Pour le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Boussaid, le sujet des délais de paiement est « brûlant et devient plus pesant, voire complexe » de par le foisonnement des chiffres entre autres. D’où l’intérêt d’un observatoire dédié qui d’après lui, permettra de « fiabiliser les chiffres et identifier les obstacles pour les redresser».

« Au titre de l’année en cours, l’ODP procédera à la mise en place de son cadre organisationnel et de son secrétariat ainsi qu’à l’élaboration d’un plan de communication. En 2019, l’Observatoire élaborera son premier rapport et renforcera ses actions en matière d’analyse et de suivi des délais de paiement ainsi que les capacités de la dEPP », déclare Zineb El Alaoui, chef de service à la Direction des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP).

Notons que de nombreuses actions ont été entreprises ces dernières années pour faire face à ce fléau notamment au niveau réglementaire avec l’amendement de la loi relative aux délais de paiement 49-15. Boussaïd évoque également des actions opérationnelles à l’instar du remboursement de la TVA à l’export et des initiatives destinées à reconnaître le butoir ainsi que des actions au niveau de la trésorerie et établissements publics. « Mais ce n’est pas suffisant », reconnait le ministre. Ainsi, ces actions seront renforcées par la mise en ligne de la plateforme électronique des réclamations des fournisseurs sur les délais de paiement des EEP. Il s’agit d’une plateforme élaborée selon une approche participative impliquant les EEP et en concertation avec la CGEM. Cette plateforme est dédiée à la réception et au traitement des réclamations des fournisseurs en les mettant en lien direct avec les EEP.

 

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