Le Gharnati a son Pirou man

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Cela fait des décennies qu’il met le feu là où il s’«exprime». Rbati inconsolable, il se diffuse allégrement à travers le Maroc et ailleurs –Addar El Ghanatiya algérienne entre autres- qui ne cessent de le vénérer. El Haj Ahmed est consacré par l’association Ribat Al Fath (RAF) le 2 juin 2013, ouvrage à l’appui. Une ambiance bon enfant dans la demeure de feu Mohamed Hakam.

Un dimanche à Rabat. Cela ressemble à quoi ? A rien et à moins encore. Cette fière ville, tenant à sa sérénité culturelle, se mue en ce 2 juin et grave son bouillonnement muet dans une fine histoire. En capitales, l’évènement déploie des singularités tricotées dans le fort en thème, un hommage bienfaiteur. El Haj Ahmed Pirou, récent auteur d’un ouvrage rassemblant les Noubas du gharnati (vingt ans d’un travail de titans), flanqué de lui-même en sage et humble pluriel, écoute ce qui se dit à son endroit et finit par trouver fuyants les termes sensés s’apparenter à des remerciements. Seulement, cet artiste langoureux, émouvant et impertinent, se tait pour mieux s’extérioriser quatre heures plus tard, lors d’un récital auquel des invités prestigieux prennent part. Si le chant est historiquement son champ, l’enveloppe feutrée de son interprétation demeure une marque de fabrique connue et reconnue de tous, des autres aussi. Disciple devenu maître, il s’attarde plus sur ceux qui l’ont fait que sur ceux qu’il a initiés. Si Ahmed, du fond de sa boutique de la vieille médina de Rabat, s’exerce au tout andalou et arabe avant de faire un choix définitif qui, en fait, vient à lui : le gharnati. Beau et séduisant, il fait craquer en frappant là où cela fait tilt. Il drague de plus en plus d’adeptes, ouvrant grand-ouverte sa maison à ceux qui s’inclinent devant ce pan de la musique andalouse. Les adeptes, Pirou en a à profusion. La plus en vogue et à jamais sa disciple se nomme Bahaa Ronda qui, la matinée de l’hommage au troubadour non déclaré, a cette déclaration sans ambages : «Ce grand homme m’a tout appris. Que Dieu le préserve. Mon parcours est lié à ce qu’il m’a inculqué et à ce qu’il continue à me prodiguer. Que la divinité nous le garde.» Ceci est raconté de mémoire, le reste étant fortement plus troublant. Les témoignages retraçant le passé, le présent et le devenir de Pirou sont légion. Les participants à cet hommage, plus ou moins performants, s’expriment et n’en disent pas assez. Ceux qui ne parlent pas sont, forcément, les plus silencieusement bavards. L’hommage à El Haj Ahmed Pirou, véhiculé par Mounir Guédira sous les auspices de RAF et son président Abdelkrim Bennani, donne à réfléchir à d’autres rencontres de ce gabarit. nous sommes boulimiques. Que le futur s’associe à l’avenir.

A.Hпроверка пр

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