Le ras-le-bol des hammams

Qu’ils soient propriétaires ou de simples exploitants, les professionnels du secteur des hammams traditionnels et douches au Maroc n’en peuvent plus. Ils lancent un nième cri de détresse.

Le secteur des hammams traditionnels et douches au Maroc va mal, très mal même. Les propriétaires et exploitants de ces espaces sont au bord du gouffre. Le secteur compte près de 12.000 professionnels et emploie plus de 200.000 personnes directement. Après 3 mois de confinement, seuls quelques acteurs ont pu ouvrir leurs portes. Les autres ont préféré laisser leurs rideaux baissés. Les décisions d’ouverture et de fermeture se sont succédées par la suite en fonction de la situation épidémiologique des villes et régions.  Et ceci n’a pas été sans impact déjà fragile à la base. Aujourd’hui, selon la fédération de l’activité, les professionnels ont subi une baisse drastique voire même un arrêt total de leurs revenus. Les loyers s’accumulent, les dettes aussi. Pour les masseurs et masseuses (Tyaba ou Kessala), la situation a été encore plus déplorable. «Elles ne bénéficient d’aucune couverture sociale, n’ont pas de Ramed pour la plupart et vivent le jour au jour », déplore Rabie Ouaacha, président de la fédération nationale des associations des propriétaires des hammams traditionnels et douches au Maroc.

Pistes de sauvetage

La situation ne peut pas durer. Où la décision de la fédération d’envoyer un nième courrier au chef de gouvernement pour trouver des issues de sauvetage. « Beaucoup d’enjeux socio-économiques sont en jeu et le contexte est marquée par une incertitude totale et nous n’avons aucune visibilité sur l’avenir du secteur », note  Rabie Ouaacha qui invite aujourd’hui, le gouvernement au dialogue avec les opérateurs du secteur. La fédération propose ainsi l’ouverture des espaces avec mise en place de toutes les précautions et mesures sanitaires exigées par les autorités. Elle préconise aussi une exonération totale des taxes et impôts durant cette période et des loyers pour les hammams relevant du ministère des habous. Pour ceux qui sont liés par des contrats avec des locataires privés, la fédération demande une intervention de la part des parties concernées pour trouver une solution d’ordre juridique. Autre recommandation phare : le lancement d’une ligne de financement  spéciale pour les professionnels du secteur, sans intérêt, avec un différé de paiement de six mois. «on veut surtout que les hammams traditionnels soient reconsidérés et reconnus en tant que patrimoine cultuel marocain dans le cadre d’un programme étatique » , conclut Rabie Ouaacha

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