Les négationnistes

Ahmed CHARAI

Le Maroc n’est pas un pays lisse, anonyme entre ses voisins, indolore et incolore. C’est une nation chargée d’histoire et présente dans son espace. Il est naturel que cette histoire charrie des inimitiés et des animosités, parfois ataviques.

Le Maroc indépendant a connu une lutte politique, pour le pouvoir. Cette lutte était intense, dure, avec une répression qui a laissé des traces dans la conscience collective. Il est naturel que des secteurs de l’opinion, en interne mais surtout à l’international, développent un réflexe suspicieux vis-à-vis des institutions marocaines et du projet national. Ils ne reconnaissent aucune avancée, ne relativisent aucune critique. A l’inverse, les Etats -les vrais -, les hommes et les femmes d’Etat reconnaissent les avancées d’un pays aux choix clairs, assumés, et à la créativité certaine.

L’exemple le plus frappant de la première catégorie est celui de l’Espagne. Presque tous les partis surfent sur des positions anti marocaines quand ils sont dans l’opposition et appellent à la coopération une fois au pouvoir. A cela on ne peut opposer que les faits, et ceuxci sont têtus. C’est bien avant le printemps arabe que le Maroc a entamé sa mue. La monarchie a toujours toléré l’existence légale d’une opposition, même réprimée.

Le contexte régional n’a pas produit de heurts, ni de révolution, parce que le Maroc était déjà engagé dans un processus de réformes, profond, consensuel. Mais le mouvement a été accéléré par le 20 février et a abouti à une réforme constitutionnelle profonde.

Dès la chute du mur de Berlin, feu Hassan II a entamé des négociations, a créé le CCDH, et a libéré les prisonniers politiques, pour arriver au gouvernement dit d’alternance consensuelle. Depuis, le Maroc a connu des réformes essentielles. Le statut de la femme a été modernisé malgré une forte opposition des conservateurs. L’IER est cité, partout dans le monde, comme une voie novatrice de justice transitionnelle, les élections sont libres et transparentes, la lutte contre la précarité est institutionnalisée, la liberté des médias est une réalité.

Le contexte régional n’a pas produit de heurts, ni de révolution, parce que le Maroc était déjà engagé dans un processus de réformes, profond, consensuel. Mais le mouvement a été accéléré par le 20 février et a abouti à une réforme constitutionnelle profonde. Sur le plan économique, la libéralisation est réelle, le secteur bancaire est à la pointe de ce qui se fait en Europe, le secteur privé est devenu le vaisseau amiral, une vraie locomotive pour le développement. Quant à la prétendue prédation, il faut juste rappeler que «SIGER», la famille Royale, ne représente que 16% de l’actionnariat de l’ONA et que bien des fortunes sont supérieures à celle du Roi, au Maroc. Ce sont des faits, des réalités.

Il faut les opposer aux négationnistes en toute sérénité. Il faut rompre avec cette habitude de frémir, chaque fois qu’un plumitif, un écrivaillon, croit toucher la lune en niant au Maroc ses avancées. Le chemin vers un Etat démocratique, moderne, développé est encore long. Les capitales occidentales, de Paris à Washington, reconnaissent l’exemplarité du processus de réformes. Alors la caravane doit continuer à avancer.реклама сайтов

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