Libre cours

Naim KAMAL

« […] AUCUN CHANGEMENT. LA FEMME a toujours joui de sa liberté [et pourra continuer à aller la plage]. Pourquoi interdire le bikini ou l’alcool ? C’est une liberté personnelle, une liberté sacrée». Ce n’est pas Choubani, ministre chargé des relations avec le parlement, qui tient ces propos à la télévision publique française, France 2. Mais un autre islamiste, Hamadi Jebali, Premier ministre de la Tunisie. Il passe généralement pour un islamisme bon teint qui lui conférerait le rôle de paravent rassurant pour Annahda. Néanmoins, son parcours est celui d’un militant islamiste qui n’hésite pas de payer de sa personne.

Dans sa carrière, c’est une rencontre décisive en France, au milieu des années soixantedix, avec le «guide» des islamistes tunisiens, Rached Ghannouchi, qui le propulse au-devant de la scène. Pour résumer son parcours, il suffit de signaler qu’il est condamné à mort sous Habib Bourguiba, s’exile en Espagne puis, de retour en Tunisie, il paye son engagement contre Ben Ali par un tribut de 14 ans de prison.

Les déclarations d’un Choubani, ministre des relations avec le parlement, ne seraient pas d’une grande gravité si n’apparaissaient ici et là des groupes et des agissements qui s’apparentent à une police des moeurs autoproclamée.

EST-IL LE POISSON PILOTE qui va permettre aux islamistes tunisiens, une fois maitrisés tous les leviers du pouvoir, d’abattre leur chape de plomb sur la Tunisie ? On peut le craindre, notamment à la vue des agissements des salafistes tunisiens. Mais la Tunisie ayant trop besoin de l’Occident, on peut croire que le pire n’est pas inéluctable.

JEBALI, SI J’EN PARLE, c’est parce qu’il nous change de certains de nos ministres islamistes encore empêtrés dans un discours qui se source dans l’opposition. Sans qu’ils craignent l’image peu harmonieuse qu’ils projettent du gouvernement. Avant même qu’il n’achève ses cent premiers jours de grâce, celui-ci est déjà à hue et à dia. Les déclarations d’un Choubani hostiles aux manifestations de la joie ne seraient pas d’une grande gravité si n’apparaissaient ici et là des groupes et des agissements qui s’apparentent à une police des moeurs autoproclamée.

Non que j’accuse le PJD d’être derrière les actes d’intimidation de Aïn Louh ou encore de l’agression d’une jeune fille à Rabat, même si l’enseignant de Taroudant qui a agressé son «confrère » berbériste se réclame de ce parti. Reste que des déclarations liberticides à l’échelle gouvernementale peuvent être perçues par des hurluberlus comme des encouragements ou, pire, des incitations. Sans doute le ministère de l’Intérieur est-il fondé de qualifier ces incidents d’isolés et de marginaux. Mais la vigilance doit rester de rigueur. Les grandes maladies commencent par des symptômes qu’on minimise au début et qu’on ne traite pas à temps.продвижение сайтов в гугле

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