Libre cours

Naim KAMAL

UNE FEMME DANS LE VENT Elle pilote les avions, conduit les motos de grosse cylindrée, monte les chevaux, chasse le gibier. Avec un rien de misogynie, j’aurais conclu hâtivement au garçon manqué. Si je n’avais aperçu son image toute en rondeurs féminines. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, c’est un compliment. Il y a peu de temps, on ne savait pratiquement rien d’elle si ce n’est qu’elle était une riche héritière qui a su développer son entreprise réussissant à se classer parmi les vingt-cinq premières femmes arabes qui comptent.

Depuis une certaine annonce, on sait presque tout d’elle, ou du moins le croit-on. Sa belle mère, Amina Rachid, à elle seule un patrimoine artistique national, nous dit dans l’mage d’Épinal qu’elle dresse de sa bru, presque toute son intimité, sa gentillesse, son humanité, son succès, en un mot sa parfaititude. Ne cherchez pas ce vocable dans le dictionnaire, allez plutôt sur Internet. C’est curieux mais ces deux femmes, malgré la différence d’âge qui les sépare, ont quelque chose de majeur en commun.

Je la devine, dans ses tailleurs d’une élégance sobre et classique, comme une femme à poigne. Le « qui aime ne regarde pas à la dépense » devient dans sa bouche : « quand je tiens à quelque chose je ne compte pas. »

Elles sont toutes les deux des précurseuses. J’aurais pu dire pionnières, mais maintenant que la femme prend la place qui est la sienne, il faut féminiser, les mots, les titres, la vie… AMINA RACHID, L’ACTRICE QUE L’ON SAIT, est montée sur les planches à un moment où au Maroc les rôles de femmes étaient encore tenus par des hommes. C’est une féministe avant terme. Avant que les Marocaines ne découvrent le terme féminisme. Meriém Bensaleh Cheqroune, sa belle-fille, meneuse d’hommes et de femmes aux Eaux minérales d’Oulmès, filiale du groupe Holmarcom, va devenir la première patronne des patrons. La CGEM comme royaume. Cette femme de pouvoir mérite bien qu’on lui tresse des couronnes.

Je ne vais pas tout vous dire, vous allez en avoir à satiété dans les jours, les semaines et les mois à venir. Mais je la devine, dans ses tailleurs d’une élégance sobre et classique, comme une femme à poigne. Le «quand on aime on ne regarde pas à la dépense» devient dans sa bouche : « quand je tiens à quelque chose je ne compte pas.» En apprenant qu’elle s’adonnait à la chasse, instinctivement je suis allé voir dans le Robert. Rousseau en dit : «La chasse endurcit le coeur aussi bien que le corps; elle accoutume au sang, à la cruauté». Prenez la citation pour ce qu’elle est, une métaphore. Dans un monde machiste et dans un milieu de chasseurs de têtes sans pitié, vaut mieux savoir dégainer la première. Ouf ! On peut respirer, le Maroc se porte encore bien.english to chinese translation

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