Médicaments covid-19, la rupture est confirmée

L’alerte lancée depuis quelques mois quant aux ruptures de stocks des médicaments traitant la covid-19 a été confirmée par une nouvelle étude des pharmaciens.

Nous l’avons signalé il y a quelque temps. Bon nombre de médicaments traitants la covid sont introuvables chez les pharmacies comme le cas de la vitamine C ou encore le Zinc…La semaine dernière, le ministère de la santé a tenté de rassurer les patients et les professionnels de la santé sur la disponibilité d’un stock suffisant pour couvrir les prochains mois.

Or, les résultats d’une étude menée sur un échantillon de 719 pharmaciens exerçants dans toutes les régions du Royaume viennent confirmer la théorie de pénuries sur le marché. En chiffres, 91% des pharmaciens ont constaté des perturbations d’approvisionnement en médicaments utilisés dans la prise en charge des patients atteints de Covid-19. Dans le détail, pour 96,8% des pharmaciens, l’hydroxychloroquine et la chloroquine n’ont pas été disponibles ou rarement disponibles chez leurs fournisseurs. Pour  79%des pharmaciens, les spécialités à base de vitamine C n’ont pas été disponibles ou ont été rarement disponibles chez leurs fournisseurs. Pour le Zinc, ce sont 92% des pharmaciens qui estiment qu’elle n’a pas été disponible ou a été rarement disponible chez leurs fournisseurs. Concernant le paracétamol, 95,7% des pharmaciens confirment sa disponibilité sur le marché.

Réquisition de la chloroquine

Selon Abderrahim Derraji, pharmacien et auteur de l’étude, les médicaments à base de chloroquine ont été réquisitionnés et mis à la disposition des patients uniquement à travers les structures publiques, les pharmaciens ne pouvaient pas s’en approvisionner. « La décision était plutôt pertinente au début de la pandémie puisqu’elle avait limité les achats paniques et le mésusage qui pouvait en résulter. Mais l’augmentation du nombre de cas de Covid-19 et la nécessité de prendre en charge les malades en ambulatoire devrait nous inciter à rendre cette disposition caduque pour faciliter l’approvisionnement des patients », dénote t-il. Il ajoute par ailleurs que «des malades souffrant de pathologies chroniques nécessitant une prise régulière d’hydroxychloroquine ont eu des difficultés à se procurer leur consommation mensuelle en la matière ».

Production insuffisante

« En ce qui concerne les spécialités à base de vitamine C et Zinc, produits à prescription facultative, le marché a connu de fortes perturbations qui pourraient s’expliquer par une production ne couvrant pas les besoins actuels de la population qui ont connu une augmentation exponentielle », juge l’étude qui explique  l’indisponibilité de ces spécialités par une répartition inéquitable entre les pharmacies ou entre le secteur privé et le secteur public.

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