Nouveau modèle de développement : Les précieuses précisions de Chakib Benmoussa

Chakib Benmoussa, didactique comme à son habitude, avec à ses côtes Mehdi Gaouane, cadre du ministère des Affaires étrangères affecté au Secrétariat de la Commission en charge du Nouveau modèle de développement.

Désormais, on en sait plus sur la mission et le mode de fonctionnement de la commission en charge de l’élaboration d’un nouveau modèle de développement. Son président, Chakib Benmoussa, qui a été désigné pour cette mission par le Souverain le 19 novembre dernier, a réuni chez lui à Rabat, ce dimanche 8 décembre 2019, des représentants des médias nationaux.

Lors de cette première sortie officielle, Benmoussa a annoncé que les membres de la commission seront nommés par le Roi Mohammed VI dans les prochains jours. Ils seront des bénévoles choisis parmi des experts marocains compétents vivant dans le pays ou à l’étranger. Sans préciser le nombre de la future équipe, son président a juste souligné que, par souci d’efficacité, elle sera plurielle sans être pléthorique pour pouvoir remplir sa mission, qui est limitée dans le temps, avec la méthodologie qu’elle définira. «Le cahier des charges, déjà fixé par le Souverain, sera le cadre de travail de la future équipe qui devra rendre son rapport fin juin 2020 », a-t-il ajouté. Il a aussi précisé que ce rapport ne prendra pas la forme d’un plan quinquennal, mais tracera le cadre référentiel dans lequel évoluera le Maroc à l’horizon des 10 ou 15 prochaines années, sur la base de larges consultations en amont.

Benmoussa l’a dit et plusieurs fois répété, il s’agit d’une commission consultative qui ne sera pas un G14 bis. En faisant plutôt le parallèle avec la commission royale pour la réforme de la Moudawana qu’avait piloté, avec brio, feu M’Hammed Boucetta, le président de la commission pour le nouveau modèle de développement souligne que tout se fera dans le strict respect des dispositions de la constitution, sans jamais outrepasser ce cadre. Il n’empêche, poursuit-il, aucune question essentielle liée au développement du pays ne sera occultée. La redistribution des richesses, la gouvernance, l’informel, l’enseignement, la cohésion sociale, et l’ensemble des préoccupations majeures dans le pays, y compris les libertés individuelles, seront examinées pour que soient proposées à la fois des solutions efficaces, mais pratiques et pouvant être rapidement mises en place avec un esprit à la fois anticipatif et novateur.

Benmoussa souligne que pour toutes les problématiques devant être examinées, il ne s’agira pas de réinventer la roue en faisant table rase sur les débats ayant déjà eu lieu et sur les avancées déjà réalisées, mais il s’agira plutôt de capitaliser sur l’existant pour l’améliorer et de s’arrêter sur les faiblesses pour y remédier. Il promet une rupture dans l’approche et dans la gestion du temps. Le tout en ayant toujours présent à l’esprit la recommandation royale de mettre l’humain au centre du processus de développement.

Chakib Benmoussa fonde beaucoup d’espoir pour voir le rapport de la commission faire l’objet d’une appropriation collective. Lui, qui devra accomplir sa nouvelle mission en continuant à assumer son travail d’ambassadeur du Maroc à Paris, mesure l’énormité de la tâche. «Rien ne se fera sans transpiration.», conclut-il.

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