Oujda en raï majeur

Cheb Khaled

Par : ANIS HAJJAM
L’association Oujda Arts organise le samedi 9 février 2013 le premier Colloque international sur le raï. Une rencontre soutenue par le ministère de la Culture avec la participation d’experts algériens et marocains.

C’est ce «raï» qui nous a troublés il y a une trentaine d’années, qui nous fait réagir aujourd’hui. A notre époque, il y a plusieurs années, cette musique était simplement à bannir. Et pour une cause surréaliste : le Maroc et l’Algérie ne sont plus des amis. Quoi ? On s’en tape le guellal. Cette musique, venue définitivement d’Oran et régions, nous parle. Très fort. Oujda la voisine le sait. Mais pas Rabat qui provoque, à cette époque, l’ire de nos voisins. Un journal de la Capitale, par l’ignorance de l’un de ses rédacteurs écrit ceci d’insensé : « Le raï est marocain ». Réaction immédiate d’un quotidien algérien :
« Dans ce cas, on lègue Oujda au Maroc ». Finesse et contre-attaque en bonne et due forme. Le Maroc n’a son raï que par la proximité. Le raï de Bellemou n’est pas celui des présents. Le raï est roi, découlant de la dynastie incontrôlée d’empereurs aux intitulés magistraux : les Chioukhes pour ne pas s’aventurer à les citer en oubliant d’autres. Des stimulants humains fonctionnent dans ce sens, sans forcément le savoir. Notre expérience avec le raï est multiple. Avec Raïna Raï en 1986 lorsqu’ils nous disent à Marrakech : « Ce sont Nass El Ghiwane qui nous ont poussés à monter notre groupe, tellement on était éblouis par ce qu’ils faisaient ». Avec ou à côté de ceci, Khaled qu’on allait chercher, systématiquement à l’aéroport de Casablanca à chacune de ses visites au Maroc posait-en prime- cette question en référence à Batma : « El Arbi f dar lbida ? » La réponse était variable, la femme du grand artiste n’étant –à cette époque- pas encore de notre monde professionnel. Comme le raï ne se limite pas à ce garçon qui a bellement et tellement exprimé son amour à cet art, on bifurque sur l’inconnu, celui qui veut nous diriger vers le 1er Colloque international sur le raï. Le Maroc est le premier pays de la région à avoir pensé à réunir les spécialistes de cette histoire pour une première rencontre sur le phénomène. Parmi les connaisseurs, on cite Bouziane Daoudi, intraitable critique du genre et journaliste depuis un quart de siècle à Libération France. Ses écrits font mouche à chaque fois que celles d’autres font dans le lisse ; Rabah Mezouane qui nous contera l’avenir du raï. La rencontre d’Oujda se base essentiellement sur la présence d’officiels, le ministre de la Culture en tête. Et pourquoi pas, si on s’évertue à penser à la suite.раскрутка сайтов

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