Ramid-Amnesty. Le grand dilemme du ministre des droits de l’Homme

Mustapha Ramid du temps où Amnesty était utile

 

Objectivement, le ministre des Droits de l’Homme aurait du démissionner suite au scandale qu’il a suscité en exploitant une secrétaire pendant plus de 23 ans dans son cabinet d’avocat sans droits sociaux. C’est ce qui se serait passé, si nous étions dans un pays qui ne transige pas avec l’intégrité. Mais à y voir de plus près, les choses peuvent être un peu plus nuancées.

L’affaire d’Amnesty International, qui accuse le Maroc, sans preuves jusqu’à maintenant, d’espionner des journalistes, a révélé un aspect très important du jeu politique. Qui va être aux premières lignes de front contre Amnesty? Le ministère des droits de l’Homme, c’est évident. Or, Mustapha Ramid qui est encore le titulaire du poste, ne peut oublier ce que Amnesty avait fait pour son parti islamiste, le PJD, quand il était encore dans l’opposition.

Le PJD allait se plaindre auprès de l’ONG à la moindre anicroche avec la police, comme c’était le cas lors des dernières élections communales.

Le PJD s’était plaint qu’un de ses chefs locaux à Oujda avait subi des actes de maltraitance de la part de la police, le plongeant dans le coma. Ramid qui était le chef des droits de l’homme de son parti, via une association qu’il présidait, ne refusait pas le petit coup de main d’Amnesty.

Mais ça c’était avant. Aujourd’hui, il ne peut plus tolérer que l’ONG britannique se mêle des affaires du pays, en mentant, de surcroit.

D’ailleurs, son département vient de nier dans un communiqué, avoir reçu la moindre correspondance d’Amnesty International au sujet des personnes qui prétendent avoir été espionnées.

Mais, comme on dit, la tête qui ne tourne pas est une colline. Ramid n’a eu aucun mal à se retourner contre l’ONG des droits de l’homme. Facile, le PJD, lui-même a retourné sa veste dès qu’il a mis les pieds au gouvernement.

On peut demander ce qu’on veut au PJD. Dans ce parti, si l’homme a inventé la veste, c’est pour qu’elle soit retournée. Ce n’est pas un parti, c’est retoucherie.

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