AMO : Les Kinés sont en colère

Le gouvernement vient de donner le feu vert pour l’entrée effective des régimes de l’AMO et de la retraite des indépendants. Sauf que les modalités techniques annoncées par l’Exécutif ne semblent pas au goût de certains professionnels dont les kinésithérapeutes.

Par Mounia Kabiri Kettani 

Le tant attendu projet des régimes de l’AMO et de la retraite des indépendants, dont les textes de loi ont été adoptés en 2017 et les décrets d’applications en 2018, prend enfin forme. Lors du conseil du gouvernement du 29 août dernier, l’Exécutif a adopté une liste préliminaire de 14 professions et 56 sous catégories de professions concernées. Les sages-femmes, les adouls et les kinésithérapeutes marqueront le démarrage effectif du système. Toutefois, ces derniers se sentent « lésés » par ce qui a été prévu à leur égard. Les discussions entamées depuis plusieurs mois avec le gouvernement n’ont pas abouti à un consensus.« Nous ne sommes pas contre la couverture sociale, mais on ne peut pas accepter la proposition du gouvernement.

D’ailleurs, les textes de lois stipulent qu’il faut un consensus. Ce qui n’est pas le cas. Après la dernière réunion tenue en juillet dernier, on s’attendait à une autre rencontre de concertation mais le gouvernement a pris la décision sans nous avertir », explique Diae El Gharbi, secrétaire générale de la Fédération Nationale des Kinésithérapeutes Physiothérapeutes du Maroc (FNKPM). En effet, si l’Etat veut que les kinés qui ont moins de 5 ans d’expérience paient deux fois le SMIG. Au-delà de 5 ans, les professionnels doivent débourser 3 fois la SMIG.

La FNKPM, elle, propose (1,5 fois le SMIG pour moins de 5 ans d’ancienneté et 2 fois le SMIG pour les plus de 5ans). « Nous ne pouvons pas payer plus que 1,5% le SMIG », martèle Diae El Gharbi. Et d’ajouter « le secteur est en crise actuellement. Les chiffres d’affaires des kinés sont en berne et certains ont été même contraints de mettre la clé sous le paillasson. De plus, une bonne partie des professionnels sont des jeunes fraichement diplômés en phase de démarrage.

On ne peut pas leur demander de payer de telles cotisations mensuellement pour un panier de services qui n’est pas complet à la base puisque les kinés ne bénéficieront ni de maternité, ni d’allocations familiales ni encore d’indemnités journalières ». Un sondage effectué à l’échelle nationale pour recenser les avis des professionnels montre, comme nous le révèle Diae EL Gharbi, que 90% des professionnels ne pourront pas payer plus que 1,5 fois le SMIG.

Selon le décret du gouvernement, les cotisations se feront mensuellement à partir du 1er de chaque mois. Et les pénalités de retard du paiement seront comptabilisées à partir du 1er du mois suivant. Pour défendre les intérêts de la profession et légitimer sa représentativité au niveau des instances, un ordre sera créé dans les 24 mois prochains comme le prévoit la loi 45-13 publiée le 26 Août dernier. En attendant, la fédération ne compte pas rester les bras croisés devant la situation actuelle. « Nous pourrons accepter si c’est une question de quelques dirhams de plus déboursés. On avait besoin de cette couverture médicale.

En même temps, cette couverture ne doit pas nous pénalisé dans l’exercice de notre métier. Nous allons saisir les différentes parties prenantes. Si le gouvernement campe sur sa position, nous allons passer à d’autres formes de contestations ».

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