Il faut en finir avec l’islam radical

En réaction aux attentats qui viennent d’endeuiller l’Espagne, Ahmed Charaï a publié ce samedi 19 août 2017 un article d’analyse dans le quotidien espagnol La Razon, dont voici la traduction.

En réaction aux attentats qui viennent d’endeuiller l’Espagne, Ahmed Charaï a publié ce samedi 19 août 2017 un article d’analyse dans le quotidien espagnol La Razon, dont voici la traduction.

Ce qui s’est passé ce jeudi 17 août à Barcelone est une horreur absolue. Bien évidement toute ma sympathie et ma solidarité vont aux familles des victimes, à l’Espagne meurtrie. Les assaillants sont des barbares, ils ne méritent que mépris.
Après Paris, Nice, Bruxelles, la stratégie de la haine entretenue par l’islam radical montre à nouveau l’objectif qu’elle cherche à atteindre, celui de traumatiser et de créer une peur générale chez les populations et d’ébranler les gouvernements qui sont engagés contre l’Etat islamique.
Nous sommes à l’évidence face à un nouveau profil de jihadistes, largement plus inquiétant. Il s’agit des jeunes délinquants ou désœuvrés, en dissidence avec la société, qui choisissent le terrorisme, comme une vengeance, un moyen d’exprimer leur colère, leur ressentiment. Pour ces profils, la radicalisation n’est pas d’essence religieuse.
Elle n’exprime pas une lecture particulière du Coran, celle de la Salafiya jihadia par exemple, mais beaucoup plus la haine du pays, de l’Occident. Les recruteurs, ce groupe terroriste appelé « Etat Islamique » ne perdent plus de temps à expliquer leurs théories religieuses, mais s’attachent à inculquer la haine chez les esprits faibles.
Nous savons tous que la hantise des sécuritaires c’est le phénomène dit les «loups solitaires». C’est-à-dire des individus agissant seuls, sans lien avec l’étranger. C’est une hantise, parce qu’ils sont indétectables.
Cependant, Il faut avoir le courage de poser les vraies questions qui nous interpellent tous, le monde musulman en premier lieu. Il y a, il y a eu, des pratiques de l’islam très différentes au cours de l’histoire. Il n’y a aucune ressemblance entre l’islam de Cordoue et celui des fatimides.
Le grand échec concerne les textes et leur interprétation. Le refus de la contextualisation fait que le dogme ordonne que ces textes sont éternels. Ainsi, les juifs et les chrétiens sont désignés comme des ennemis pérennes. Alors que le monde moderne n’est pas celui de guerres de religion, mais d’intérêts. De même que l’aspect guerrier de quelques sourates du Coran était très daté, et que le contexte, 14 siècles après n’est plus le même. Rien ne justifie l’imposition aux croyants de préparer la guerre.
Il faut réformer la conception que les musulmans ont de leur propre religion. Le monde musulman est en panne face aux évolutions du monde, c’est un constat amer, et il faut le reconnaître.
Les élites, manquant de courage, ne jouent pas leur rôle. Elles acceptent des tabous, préfèrent rejeter la responsabilité sur l’autre. Ces mêmes élites, sont dans une posture justificative de la barbarie quand elle provient de leur camp présupposé.
Ce combat doit être mené sur tous les fronts. Les religieux ont la lourde charge de démontrer que l’islam peut s’adapter à notre temps. Les philosophes, les hommes de lettres, les politiques, doivent proposer une autre perspective au monde musulman que l’adversité de l’altérité.
Oui, il faut interroger les représentants d’une religion qui a eu des périodes magnifiques dans l’histoire de l’humanité, mais qui aujourd’hui ne s’exhibe que dans le mal.
Par fidélité aux morts, aux victimes de Barcelone, nous devons tous militer contre toutes les abjections. Racisme, barbarie. Nous devons le faire pour nos enfants, nous n’avons pas le droit de leur léguer un monde où seul les extrêmes s’affrontent.

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