Vidéo – « Wiqaytna » anti Covid-19: comment marche le traçage et faut-il le craindre ?

 

Comme d’autres pays dans le monde, le Maroc a lancé ce lundi une application mobile de traçage par smartphone pour stopper la propagation de la Covid-19. Mode d’emploi et précisions sur les données personnelles utilisées.

 

« Wiqaytna » veut dire littéralement « notre protection ». Lancée officiellement ce lundi 1er juin 2010, cette application mobile pour smartphones sert à prévenir ses utilisateurs, volontaires, qu’une personne confirmée positive au  nouveau coronavirus se trouve ou s’était trouvée à proximité d’eux au cours des 21 derniers jours.

Créé conjointement par le ministère de la Santé, le ministère de l’Intérieur, l’Agence nationale de réglementation des télécoms (ANRT) et l’Agence du développement du digital (ADD), l’application est 100% marocaine et son utilisation est gratuite.

Techniquement, comme l’expliquent ses initiateurs, Wiqaytna est basée sur une approche collaborative où les appareils utilisant l’application enregistrent les rencontres des utilisateurs lorsqu’ils sont à proximité les uns des autres. L’application échange des signaux Bluetooth avec les téléphones d’autres utilisateurs qui se trouvent à proximité.

À chaque rencontre un code unique aléatoire et anonyme est enregistré. Ces échanges restent sur les téléphones utilisant l’application. Si un utilisateur est confirmé positif au Covid-19, les codes anonymes échangés des personnes qui se seraient trouvées à proximité de lui seront récupérés pour pouvoir notifier les autres utilisateurs exposés.

« Vous serez notifiés et pris en charge rapidement. Étant notifié rapidement, vous éviterez de contaminer vos proches, amis et collaborateurs », peut-on lire sur le site officiel de l’application. Il est aussi précisé, qu’enn aucun cas, l’identité de la personne contaminée, le lieu de la rencontre et l’heure de la rencontre ne sont révélés.

Conçue sur la base de « Privacy by design by default », « Wiqaytna » peut être téléchargée et installée, par les personnes qui le désirent, à l’aide d’un smartphone fonctionnant sous Android ou iOS (iPhone). Bien sûr, il faut se trouver au Maroc et posséder un numéro de téléphone marocain pour pouvoir l’utiliser.

L’application affiche quotidiennement le nombre de cas confirmés, de guérisons et de décès.

Quid des données personnelles ?

Des internautes continuent à exprimer leurs craintes envers Wiqaytna. Ils craignent que les données personnelles recueillies ne soient utilisées abusivement. Mais ses initiateurs tentent de rassurer les sceptiques: « Les données Bluetooth (durée de la connexion) sont cryptées et stockées uniquement sur les téléphones des utilisateurs pour une durée de 21 jours glissants. Au-delà des 21 derniers jours, les données sont automatiquement supprimées ».

La même source précise que seul le numéro de téléphone est collecté lors de l’installation de l’application. Certes, ces informations optionnelles pourraient être renseignées sur la tranche d’âge, le genre (Femme, Homme) et la province ou préfecture de résidence, mais elles sont « utilisées uniquement afin de faciliter l’identification rapide des personnes qui ont pu être contaminées par le virus Covid-19 et aider à la lutte contre sa propagation par les autorités sanitaires ».

Autre précision avancée : les téléphones qui fonctionnent sous système Android exigent que, lors de l’activation Bluetooth, il est demandé d’accepter l’activation de la localisation, mais en aucun cas l’application Wiqaytna n’utilise la localisation de l’utilisateur.

Wiqaytna a été

Exigences techniques

Pour que l’application fonctionne correctement, il est impératif de laisser le Bluetooth du téléphone actif tout le temps. L’application a aussi besoin de se connecter à internet au moins une fois par jour pour récupérer les identifiants anonymes nécessaires à son fonctionnement et les statistiques quotidiennes sur la situation épidémique. La quantité de données consommée est estimée à 200 kilooctets par mois.

France : Mounir Mahjoubi défend StopCovid

 

Le député de La République en marche d’origine marocaine, Mounir Mahjoubi, s’énerve dans cet extrait vidéo lors de son intervention au parlement français au sujet de StopCovid. Pour lui, ce n’est pas cette application de traçage (ndlr, similaire à Wiqaytna), qui doit inquiéter, mais plutôt des plateformes comme TikTok, Facebook et autres réseaux sociaux qui exploitent les données personnelles, au vu et au su de leurs abonnés.

 

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