CORONAVIRUS : Les restaurants McDonald’s ferment mais pas les Drives et livraisons à domicile

Précaution
Le géant du fast-food dit se conformer aux directives suivies par un nombre croissant de villes et d’États interdisant les services des restaurants.

McDonald’s Corp. (MCD -15,88%) a annoncé la fermeture de ses restaurants aux États-Unis tout en demandant aux franchisés de prendre la même mesure pour faire face à la pandémie du coronavirus.
Le géant du fast-food basé à Chicago a indiqué que ses drives et services de livraison à domicile seraient maintenus, ajoutant que la majeure partie de ses franchisés se conformerait aux nouvelles modalités.
« Nous allons faire tout ce qui est nécessaire pour aider chaque propriétaire-exploitant et partenaire à survivre à cette crise. Nous ne vous laisserons pas tomber », rassure le PDG Chris Kempczinski dans une vidéo publiée lundi par l’entreprise.
McDonald’s dit se conformer aux directives suivies par un nombre croissant de villes et d’États interdisant les services des restaurants. Le Groupe a également annoncé la fermeture de ses espaces de jeux pour enfants dans les restaurants américains et le report des projets de construction prévus dans ses restaurants à travers le pays.
La baisse du nombre des clients et la surabondance des restaurants depuis des années pesaient déjà sur la croissance des ventes de l’industrie de la restauration aux États-Unis. Désormais, les fermetures forcées et les efforts visant à séparer les employés des clients pendant la pandémie du coronavirus exercent une pression financière supplémentaire sans précédent sur les restaurants allant de McDonald’s aux cafés indépendants.
Le président Trump a appelé lundi les Américains à ne pas se rendre aux bars et aux restaurants. Une douzaine d’États, dont l’Illinois, le Massachusetts, Washington, le New Jersey, le Connecticut et New York, ont interdit aux citoyens de se rendre aux restaurants et bars dans le but de ralentir la propagation du virus. Aux Etats-Unis, les sorties aux restaurants ont diminué d’un tiers à la fin de la semaine dernière par rapport à l’année dernière, selon les données du site de réservation OpenTable.
« Il y a une tristesse calme et sereine en toile de fond », déplore Alex Sirigu, le directeur d’Atwood’s Tavern, un établissement basé à Cambridge, Massachusetts. Lequel a licencié 25 employés auxquels il a distribué de la nourriture ainsi qu’à des musiciens qui animaient régulièrement le restaurant.
Dans le même contexte, Starbucks Corp., (SBUX -16,20%) Shake Shack Inc. (SHAK -15,99%) et Chick-fil-A Inc. incitent également les clients à utiliser leurs services drive et livraisons à domicile suite à la fermeture de leurs milliers de restaurants américains. Shake Shack a retiré lundi ses prévisions pour l’année. Denny’s Corp. (DENN -23,56%)  a de son côté souligné que la pandémie aurait un impact significatif sur ses finances. L’entreprise a annoncé l’annulation d’un programme de rachat d’actions et le retrait de sa ligne de crédit renouvelable.
McDonald’s, qui détient environ 5% de ses 13.850 restaurants aux États-Unis, fait partie des chaînes américaines qui ont transféré la propriété de plusieurs de leurs restaurants à des franchisés ces dernières années. Cela présente un autre point faible pour le secteur de la restauration aux États-Unis, surtout si les franchisés n’ont pas les réserves nécessaires pour résister à une longue période de baisse des ventes. McDonald’s et d’autres chaînes ont demandé aux propriétaires de faire de gros investissements pour moderniser la technologie dans leurs magasins ces dernières années, obligeant certains à s’endetter davantage.
Mark Salebra, président de la National Franchisee Leadership Alliance, un groupe représentant plus de 2.000 propriétaires de McDonald’s aux États-Unis, affirme que les opérateurs soutiennent la décision de suspendre les repas dans les restaurants.
Après les attaques terroristes du 11 septembre, certains restaurants avaient souffert de la baisse du nombre des clients pendant un certain temps. La crise financière de 2008 fût un coup dur pour ce secteur car bon nombre de consommateurs se sont tournés vers les repas faits maison.
La pandémie du coronavirus est une menace encore plus sérieuse pour toutes sortes de restaurants, selon les analystes. De nombreux restaurants avaient déjà du mal à booster le nombre de repas sur place puisque les consommateurs ont réparti leurs dépenses entre une variété de restaurants et les nouvelles options de restauration, notamment les kits repas et les plats à emporter dans les épiceries du coin.
La baisse du trafic a déjà poussé certaines chaînes à se placer sous la protection du chapitre 11 du code des faillites au cours de l’année dernière, notamment la compagnie Burger Krystal Co., les gastropubs Bar Louie Restaurants et Houlihan’s Restaurants Inc., ainsi que les sociétés de la restauration décontractée Kona Grill Inc.,( KONAQ -15,38%) Perkins & Marie Callender’s LLC et l’American Blue Ribbon Holdings LLC.
Les restaurants indépendants sont encore plus vulnérables que les chaînes car de plus en plus d’Américains restent confinés chez eux, déplore Brad Austin, responsable de la restauration chez McGuireWoods LLP. « Ils ressentent les effets d’abord parce qu’ils manquent de réserves pour absorber une telle perturbation », explique M. Austin.
Au Beetroot Market and Deli à Portland, Oregon, la propriétaire et chef Sonya Sanford a cessé ses services de restauration ce vendredi. Elle a affirmé avoir temporairement viré la plupart de ses neuf employés. Ms. Sanford et son chef cuisinier essayent de garder le moral en faisant des blagues dans la cuisine pendant qu’ils se préparant des plats.
« Ce que les professionnels de l’industrie de la restauration font, c’est… rassembler les gens », a-t-elle souligné. « Aujourd’hui, la chose qui nous motive, n’existe plus ».
Jacob Bunge a contribué à cet article.

Par Heather Haddon

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