Dans la tourmente, Jet Airways réduit ses activités

Le deuxième transporteur aérien de l’Inde, en termes de parts de marché, a été contraint d’annuler tous ses vols internationaux ne laissant que sept appareils pour voler en attendant l’injection de liquidités d’un consortium de bailleurs de fonds qui en a pris le contrôle.

Par Corinne Abrams et Debiprasad Nayak

La compagnie indienne Jet Airways, qui a considérablement réduit ses activités, cherche un investisseur pour acquérir une participation majoritaire dans la compagnie et contribuer ainsi à réduire sa dette croissante.

Le deuxième transporteur aérien de l’Inde, en termes de parts de marché, a été contraint d’annuler tous ses vols internationaux ne laissant que sept appareils pour voler en attendant l’injection de liquidités d’un consortium de bailleurs de fonds qui en a pris le contrôle.

Les prêteurs, dirigés par la State Bank of India, ont pris le mois dernier le contrôle de Jet Airways du fondateur Naresh Goyal dans le cadre d’un plan de restructuration de la dette.

La compagnie a été fondée en 1992 en tant que première compagnie aérienne indépendante indienne lorsque le pays a ouvert le secteur aux acteurs privés. Avant de clouer ses avions au sol, Jet Airways proposait des vols vers 56 destinations en Inde et à l’étranger avec une flotte de 119 appareils.

La compagnie traverse une crise financière alors que le secteur du transport aérien en Inde est devenu de plus en plus concurrentiel ces dernières années.

« Ce fut un défi pour tout le monde. Mais le coup a été encore plus dur pour Jet, peut-être le pire car la compagnie devait évidemment rattraper aussi bien la concurrence que le retard technologique », a souligné Mark Martin, fondateur de Martin Consulting, basé à New Delhi.

La dette de la compagnie aérienne a atteint 85 milliards de roupies ( 1,2 milliard de dollars). Après avoir enregistré des pertes au cours des quatre derniers trimestres consécutifs, Jet n’a pas pu rembourser sa dette ni payer son personnel.

Etihad Airways, basée à Abou Dhabi, détient une participation de 24% dans la compagnie.

De hauts responsables du bureau du Premier ministre indien Narendra Modi ont rencontré vendredi soir le secrétaire à l’Aviation civile, Pradeep Singh Kharola, pour discuter de la situation de Jet Airways, disent des sources proches du dossier. M. Modi, qui est arrivé au pouvoir il y a cinq ans avec pour objectif de relancer l’économie, cherche actuellement à être réélu.

Goyal et son épouse Anita Goyal ont démissionné du conseil d’administration de la compagnie le mois dernier. Et ce, dans le cadre du plan de restructuration selon lequel les prêteurs avaient accepté d’injecter 15 milliards de roupies ( 216,8 millions de dollars) dans Jet Airways.

Les parties avaient jusqu’à vendredi pour manifester leur intérêt à soumettre une offre pour une participation majoritaire dans Jet Airways. Ces manifestations d’intérêt seront examinées avant le processus d’appels d’offres officiel. La vente ou l’émission d’actions aux investisseurs devrait être finalisée au mois de juin, a précisé Jet Airways dans un communiqué publié le mois dernier.

Le porte-parole de la State Bank of India s’est abstenu de tout commentaire. Il a plutôt orienté le Wall Street Journal vers SBI Capital Markets, qui traite les déclarations d’intérêts de divers soumissionnaires.

Les 22.000 salariés de Jet Airways n’ont pas été payés depuis le mois dernier, ajoute la même source. Les cadres supérieurs, pilotes et ingénieurs compris, n’ont pas été payés non plus depuis trois mois. Les employés ont manifesté samedi à l’aéroport international de Delhi pour demander l’intervention de M. Modi.

Pour les passagers touchés par les annulations, la compagnie tente de les mettre sur des vols avec d’autres compagnies aériennes ou leur rembourser les billets, affirme le porte-parole de Jet Airways.

« Jet Airways regrette le désagrément causé à ses invités en raison de la restriction de son planning actuel », ajoute le porte-parole dans un communiqué.

L’immobilisation au sol des appareils de Jet, ainsi que les Boeing 737 Max du transporteur low-cost SpiceJet, a fait augmenter les prix et ralenti la croissance du nombre de passagers, selon l’agence de notation ICRA.

laissez un commentaire