D’ici trois ans, Uber compte tester les voitures volantes

L’annonce est loin d’être encore claire, même en ce qui concerne l’étendue des essais prévus. Par Greg Bensinger

Uber Technologies Inc. a dévoilé, mardi 25 avril, ses projets ambitieux d’occuper le ciel. L’entreprise envisage en effet de se lancer dans les voitures volantes, alors qu’elle ne s’est pas encore remise d’une série de controverses dont notamment un procès qui pourrait entraver son initiative cruciale des véhicules autonomes.

Lors d’une conférence à Dallas, loin du quartier général de San Francisco, où les dirigeants d’Uber luttent contre la plus grande crise de son histoire, le directeur Produits Jeff Holden a annoncé l’intention d’Uber de tester des voitures volantes dans les trois prochaines années à Dallas et à Dubaï. L’annonce fait suite à un livre blanc, publié en octobre par Uber, exposant sa vision d’un réseau de véhicules volants permettant aux navetteurs d’éviter les embouteillages en survolant les autoroutes et les rues encombrées. Uber a souligné mardi que le but était de réduire le temps de déplacement et les coûts du transport. L’entreprise américaine envisage de commencer par des tests sur les premières versions des véhicules à décollage vertical VTOL. Holden a également indiqué qu’Uber possède le savoir-faire réglementaire et logistique pour être un leader dans le domaine du transport en voitures volantes. Pourtant, l’annonce n’a pas été très claire par rapport à l’étendue des tests prévus. Il faudra probablement bien des années avant qu’une flotte complète de tels véhicules puisse être déployée, compte tenu des obstacles réglementaires et technologiques.

Ce genre de véhicules a depuis longtemps été l’objet de la science-fiction et de l’imagination des enfants. Mais les régulateurs sont susceptibles de considérer ces véhicules volants privés avec un certain scepticisme. Car le moindre échec technologique pourrait causer des morts ou des dommages sur le sol. Uber a été secoué cette année par une série de revers à propos de sa culture d’entreprise et l’environnement de travail. Un ancien ingénieur a été accusé de harcèlement sexuel et de sexisme. Le patron et fondateur de l’entreprise, Travis Kalanick, s’est excusé après la publication d’une vidéo où il était en train de réprimander un conducteur d’Uber. Ensuite plusieurs dirigeants de haut niveau sont partis l’un après l’autre. Holden a indiqué que le coût de la voiture volante se situerait vers 1,32 $ par passager-mille, à peu près le même prix actuel du service UberX. « C’est pourquoi Uber fonce dans ce projet au lieu d’adopter une approche plutôt prudente, et lente », explique Holden. Et ce dernier d’ajouter : « Nous voulons l’inaugurer aussi vite que possible ».

Uber travaille également sur des véhicules autonomes terrestres et futuristes. Un projet qui, selon l’entreprise, pourrait éliminer un jour le besoin de posséder une voiture pour beaucoup de gens, et réduire les coûts en éliminant les dépenses en main-d’œuvre. Cependant, l’efficacité de cette technologie n’est pas encore prouvée. En plus, Uber est visé par une poursuite déclenchée par son concurrent Alphabet Inc. qui l’accuse de vol de technologies. Ce dernier a demandé à un juge d’arrêter carrément le programme d’Uber de la conduite autonome. Les technologues mettent des millions de dollars dans le développement de véhicules volants à courte distance, les considérant comme une solution aux véhicules polluants et aux embouteillages. Le co-fondateur de Google, Larry Page, soutient les startups impliquées dans l’innovation dans ce domaine. Uber – qui a déclaré qu’il ne s’occuperait pas de la construction des véhicules pour son réseau futur de voitures volantes – s’associe à plusieurs entreprises, pour avancer dans la technologie. Parmi ses partenaires : Embraer SA et Bell Helicopter de Textron Inc. Pour les plateformes d’atterrissage sur les bâtiments, Uber a conclu un partenariat avec Hillwood Development Co. Lorsqu’Uber a publié son livre blanc, il a déclaré que ses premiers avions devraient être prêts dans les cinq prochaines années. Et son réseau premier serait en place d’ici 2026. Les voitures volantes pourraient atteindre jusqu’à 150 milles/heure, transporter plusieurs passagers à la fois, atterrir sur des parcs de stationnement transformés et des hélistations existantes, selon le livre blanc de l’entreprise.

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