Le Coronavirus entraîne une baisse des investissements à l’étranger

Conjoncture
Les économistes de l’ONU indiquent que le tassement des investissements étrangers sera particulièrement ressenti dans les pays les plus touchés par la propagation du virus, comme la Chine, et les économies avec lesquelles elle entretient des liens commerciaux étroits.

Les entreprises vont probablement réduire leurs investissements à l’étranger de 5 à 15% cette année en réponse à l’épidémie de coronavirus. Mais il pourrait également y avoir un mouvement de longue haleine visant à rapatrier la production vers leur pays d’origine, a indiqué l’ONU vendredi.
Dans leur étude, les économistes de l’ONU indiquent que le tassement des investissements étrangers sera particulièrement ressenti dans les pays les plus touchés par la propagation du virus, comme la Chine, et les économies avec lesquelles elle entretient des liens étroits.
« L’ensemble de l’Asie de l’Est, non seulement la Chine, mais aussi le Japon et la Corée, subiront les contrecoups de la baisse des IED », met en garde James Zhan, directeur de la division des investissements et des entreprises de la Cnuced. « Le Covid-19 affectera également les flux d’investissement transfrontaliers dans les 10 pays d’Asie du Sud-Est, car la sous-région a été profondément intégrée dans les réseaux de production internationaux ».
Et M. Zhan d’ajouter que l’IED mondial risque de chuter à son plus bas niveau depuis la crise financière de 2008.
La CNUCED a indiqué que sur les 100 plus grandes entreprises implantées dans différents pays, 41 ont émis des profits warnings dont 10 citant une baisse des ventes, 12 une interruption de la production et 19 disent s’attendre à faire face aux deux problèmes.
Et la CNUCED d’ajouter qu’une bonne partie des 5.000 plus grandes entreprises en termes de revenus avaient revu à la baisse leurs prévisions de bénéfices au cours du dernier mois de 9% en moyenne.
« Les bénéfices anticipés ont été revus à la baisse, notamment dans les secteurs de l’énergie, des matières premières et de la consommation cyclique. Les secteurs de l’automobile, des voyages et du tourisme ont été parmi les plus touchés », affirme la Cnuced. « Les entreprises de ces secteurs et industries sont normalement d’importants investisseurs en capital ».
En plus de la baisse du flux des investissements qui reflète des attentes de profit peu optimistes, il y aura probablement des conséquences à plus long terme pour les investissements étrangers lorsque les entreprises réexamineront leurs chaînes d’approvisionnement.
Au cours des dernières décennies, de nombreuses entreprises ont transféré une partie de leur production vers des pays où la main d’œuvre est bon marché, tandis que d’autres ont misé sur d’autres entreprises basées dans ces pays pour fabriquer des composants pour leurs produits finis.
Ces mouvements ont créé ce qu’on appelle les chaînes d’approvisionnement mondiales. Bien qu’elles permettent des réductions en termes de coûts, elles rendent les entreprises vulnérables aux interruptions d’approvisionnement à tout moment. Les arrêts de production en Chine destinés à contenir la propagation du virus se sont avérés être des perturbations, les plus graves à ce jour.
« L’épidémie du Covid-19 accélérera potentiellement les tendances existantes de découplage et de reshoring motivées par le désir … de rendre les chaînes d’approvisionnement plus résilientes », a déclaré la CNUCED.
Si les flux des IDE devaient chuter en 2020, cela marquerait la cinquième année consécutive de baisse. En 2019, les investissements à l’étranger ont chuté à 1,39 trillion de dollars, contre 1,41 trillion de dollars en 2018.
Au cours des dernières années, la hausse des tarifs douaniers et la menace de nouveaux conflits commerciaux entre les États-Unis et divers pays ont soulevé des questions sur la fiabilité des chaînes d’approvisionnement dont dépend la mondialisation. En outre, le contrôle étatique des prises de contrôle par les entreprises étrangères a également été renforcé, en mettant davantage l’accent sur les conséquences pour la sécurité nationale et les avantages technologiques.

Par Paul Hannon

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