Mohamed Dkhissi : « La sécurité est l’affaire de tous »

En sa double qualité de directeur de la police judiciaire et du bureau d’Interpol au Maroc, Mohamed Dkhissi était l’invité de l’émission « Sans langue de bois », diffusée sur Medradio vendredi 15 novembre. Et c’est effectivement avec le franc parler qui fait sa réputation, que ce haut responsable sécuritaire a répondu à toutes les questions de Ridouane Erramdani. Dans un entretien qui a duré près d’une heure et demie et dont nous publions de larges extraits, le ton n’a pas changé même quand les dossiers les plus chauds ont été abordés. D’ailleurs l’engagement pour dire la vérité a été pris dès la première réponse.

 

Med Radio : N’est-il pas difficile pour un responsable sécuritaire de parler sans langue de bois ?

Mohamed Dkhissi : Je suis ici pour représenter une institution où je travaille comme fonctionnaire public ayant prêté serment, abstraction faite de ma fonction. Donc, soyez assuré que je vais vous répondre en toute franchise et sans la moindre gêne pour toutes les questions que vous me poserez ou que pourraient poser des citoyens.

Merci pour cet engagement on ne peut plus clair. Entrons dans le vif du sujet : en quoi consiste le travail pour lequel le fonctionnaire que vous êtes est payé par l’argent du contribuable ?

Pour que nous puissions parler de la Direction de la police judiciaire où je travaille, il est nécessaire que je parle au préalable de la Direction générale de la sûreté nationale (ndlr, DGSN) dont elle relève. Cette direction a vu le jour en 1956, a connu plusieurs phases de développement et continue d’évoluer jusqu’à aujourd’hui. Elle est constituée de différentes directions centrales qui sont elles-mêmes constituées de différentes entités, et le tout est complémentaire. En 1999, avec l’intronisation du Roi Mohammed VI, le Maroc a connu de profonds changements stratégiques dans tous les domaines : politique, économique, diplomatique, sécuritaire, religieux… C’était donc normal que notre institution évolue elle aussi, en application des orientations stratégiques du Souverain. Dans ce sens, les discours du Roi Mohammed VI constituent des feuilles de route pour la gestion de la chose sécuritaire. C’est à travers ces discours qu’a été introduit le nouveau concept de l’autorité, c’est aussi par ce biais que la protection des libertés publiques et des droits de l’Homme a été renforcée. Autant d’orientations stratégiques que l’institution sécuritaire se devait d’appliquer. De 1999 à 2012, à travers la Direction de la police judiciaire, la Direction de l’ordre public et de la circulation et la Direction du renseignement, qui sont des directions opérationnelles relevant toutes de la DGSN, nous avons créé la police de proximité. De 2012 à 2018, nous avons instauré la police judiciaire citoyenne. Et de l’année dernière à nos jours, nous travaillons sur l’instauration de la police judiciaire citoyenne et démocratique.

Police judiciaire citoyenne et démocratique. Est-ce que ce n’est pas là un concept qui risque de relever  aux yeux des citoyens de la langue de bois ?

Si vous ne m’interrompez pas, je démontrerai le contraire et le citoyen pourra en juger. La DGSN est une direction paramilitaire, basée sur les règles d’obéissance et de discipline. C’est l’institution en charge de l’ordre public, de la préservation de la vie et des biens des citoyens, de la préservation des libertés individuelles et publiques dans le cadre de l’État de droit. Cette Direction offre un service public. Dans les années 1970, elle était plutôt perçue comme un organe d’abus de pouvoir et d’autoritarisme. Une période que certains qualifient d’années de plomb. A cette époque-là, le Maroc avait connu de nombreux problèmes dont des actions visant le renversement du pouvoir et la déstabilisation du pays ayant été menées par des groupes radicaux, tant islamistes que d’extrême gauche. Aujourd’hui, on est bien loin de tout cela. La DGSN est reconnue comme étant une institution citoyenne qui offre un service public de proximité à toutes les citoyennes et les citoyens. C’est aussi une institution en charge de l’exécution de la Loi sous la supervision du parquet général. Ce travail est effectué par ses différentes composantes qui ont été modernisées après la nomination à la tête de la DGSN, en 2015, du nouveau Directeur général qui connaît parfaitement la maison et ses rouages. Le fait qu’il est aussi le Directeur général de la Direction générale de la surveillance du territoire (ndlr, DGST) a permis d’apporter efficacement les changements nécessaires. Le citoyen ressent le changement à travers les services de qualité qui lui sont directement rendus.

C’est surtout le mode de management qui a changé ?

Le grand changement apporté est le résultat de l’introduction dans la gestion de nos services du management stratégique, du management opérationnel, du management participatif et du management de risques. La transformation apportée a concerné aussi notre communication interne et externe qui est basée maintenant sur un ensemble de règles d’or dont la confiance, la considération, la cohérence, la clarté et le courage dans l’application de la Loi. Sans oublier la reddition des comptes, en application des dispositions de la Constitution de 2011, la bonne gouvernance sécuritaire et la consolidation du sentiment de sécurité chez les citoyens.

 

« Tout citoyen qui met en doute les opérations antiterroristes n’a qu’à suivre les procès des personnes interpellées dans ces affaires. Cela mettra certainement fin à ses doutes ».

Est-ce que l’application de ces règles d’or a permis une réconciliation du citoyen avec sa police ?

Il ne faut pas oublier que le policier est d’abord un citoyen comme tout autre citoyen. Il peut y avoir parfois un différend entre un policier et un autre citoyen, voire une injustice de la part d’un policier, mais de là à généraliser, c’est dangereux. L’institution policière n’a jamais été en conflit avec les citoyens. On n’est aujourd’hui dans un autre contexte que celui des années 1970. Mais en tous les temps, la sécurité a été et restera l’affaire de tous et pas seulement des forces de polices. Y interviennent les acteurs institutionnels, la société civile, les médias et les citoyens. C’est pour cela qu’on parle de police citoyenne et démocratique.

C’est un énorme slogan…

Nous sommes des sécuritaires, autrement dit des techniciens et des experts qui sommes dans l’action, jamais dans les slogans. Nous formons la génération actuelle des forces de police pour qu’elle soit au plus haut niveau à la fois de l’humanisme, de la modestie et de la bienveillance, mais aussi de la fermeté.

Ces valeurs amènent, selon vous, le citoyen à ne plus voir en le policier uniquement une autorité qu’il craint mais un fonctionnaire à son service ?

Aujourd’hui, la question n’a même plus lieu d’être posée. Je réponds sans hésiter parce que je compare le Maroc aux nombreux autres pays où je participe à des conférences en ma qualité de directeur d’Interpol dans le Royaume. Nous avons une bonne longueur d’avance sur le plan sécuritaire non seulement par rapport à des pays arabes et africains, mais également à des pays européens. L’une des illustrations concrètes du changement de perception de la police par le citoyen est la 3e édition des journées portes ouvertes que nous avons organisées cette année à Tanger. Il faut savoir qu’en trois jours seulement, nous avons totalisé plus de 500.000 visites. C’est aussi le même succès que rencontrent les conférences et les rencontres auxquelles nous participons ou celles que nous organisons au sein des établissements scolaires et des universités. Ces deux dernières années, nous avons rencontré 2 millions 180 mille écoliers, collégiens, lycéens et étudiants universitaires, et plus de 12.000 ONG. Ces rencontres donnent lieu à des débats à travers lesquels nous répondons à toutes les questions qui nous sont posées. Des remarques pertinentes nous sont parfois faites en ces occasions et nous en prenons bien compte. Nous acceptons parfaitement la critique constructive.

Quelqu’un qui critique aujourd’hui la police n’a pas à avoir peur ?

Mais pourquoi devrait-il avoir peur ? Vous savez, nous suivons tout ce qui est publié dans les médias comme sur les réseaux sociaux. Le but n’est pas d’espionner ceux qui écrivent, mais d’en tirer les enseignements nécessaires et d’en relever les attentes exprimées. Il arrive parfois qu’un message sur Facebook dénonce un dealer dans un quelconque quartier, nous réagissons en conséquence et vite.

 

« Grâce à la bonne coordination entre la DGSN et la DGST , de 2002 à 2019, les services de sécurité ont démantelé 200 cellules terroristes et mis en échec 395 dangereux projets terroristes. »

Donc vous réagissez aussi sur la base des signalements qui sont donnés parfois sur les réseaux sociaux…

Bien sûr. Et nous ne le dirons jamais assez, la sécurité dans notre pays est l’affaire de toutes et de tous. Le citoyen a un rôle essentiel à jouer contre le terrorisme, par exemple.

 

C’est là un sujet essentiel sur lequel vous avez beaucoup à dire. Où en-est le Maroc dans la lutte contre le terrorisme ?

Grâce à la bonne coordination entre la DGSN et la DGST, de 2002 à 2019, les services de sécurité ont démantelé 200 cellules terroristes et mis en échec 395 dangereux projets terroristes. Si le moindre projet terroriste avait pu être concrétisé, à Casablanca à Tanger ou à Marrakech, ses répercussions auraient été désastreuses pour tout le pays.

Que pensez-vous de certaines publications mises en ligne via les réseaux sociaux faisant croire que les démantèlements de cellules terroristes ne seraient que des coups de théâtre ?

Je me limiterai à vous dire qu’au vu de «l’œuvre», on reconnaît l’ouvrier.

C’est-à-dire ?

Dès que quelqu’un écrit quelque chose, en cherchant bien, on peut facilement connaître ses motivations, ses orientations idéologiques et ce qui le pousse ou le motive à le faire. Je vous pose la question : comment savez-vous que ce sont des Marocains qui publient les commentaires dont vous venez de parler ? On peut aussi se poser des questions sur le lieu de la rédaction, son contexte… Bref, le citoyen doit avoir un esprit critique par rapport à tout ce qu’il lit, entend ou voit.

Restons sur le sujet du terrorisme, est-ce que le Maroc fait face à une grande menace terroriste ?

Oui, au vu de la position géostratégique du Maroc et au vu de la propagation de l’idéologie obscurantiste à travers le monde. (…) Pour mesurer le danger du terrorisme et pour bien montrer qu’on est bien loin des «coups de théâtre», je vais vous raconter une histoire que j’ai moi-même vécue. C’était en 2004. Nous venions de démanteler une cellule terroriste. Sans entrer dans les détails, ses membres ont joué à pile ou face pour décider qui allait égorger l’individu ciblé. Après l’interpellation de leur émir, je lui ai demandé pourquoi ils avaient tué leur victime. Il m’a répondu que c’était un mécréant qui méritait de mourir. Je lui ai ensuite demandé s’il me considérait moi aussi comme personne bonne à tuer. Il a répondu par l’affirmative sans la moindre hésitation. Or, ce tueur, érigé en émir, n’avait pas dépassé la deuxième année du primaire et il s’improvisait mufti s’arrogeant le droit de décider qui doit mourir. Encore une fois, le terrorisme est beaucoup plus grave qu’un esprit sensé peut imaginer. S’il n’y avait pas l’obligation légale du secret des interrogatoires, on aurait donné la possibilité à des citoyens pour qu’ils soient directement témoins des aveux terrifiants des terroristes. En tout cas, tout citoyen qui met en doute les opérations antiterroristes n’a qu’à suivre les procès des personnes interpellées dans ces affaires. Cela mettra certainement fin à ses doutes. Sans aller jusqu’aux affaires de terrorisme, même au niveau des barrages policiers, si des citoyens pouvaient venir entendre ce que disent certains contrevenants à nos agents, ils n’en croiraient pas leurs oreilles. Qui crie qu’il est je ne sais pas qui…

Toujours en rapport avec le terrorisme, on reproche aux services de sécurité la spectacularisation des opérations de démantèlement de cellules terroristes. Certains se demandent si ce n’est pas dangereux pour les citoyens de s’agglutiner autour de vos éléments lors d’importantes interventions. Qu’en dites-vous ?

Cela relève de la spécificité du citoyen marocain qui aime bien les éléments de ses services de sécurité. Lesquels éléments sont des professionnels hautement formés, et n’ont besoin de personne pour leur rappeler ce qu’est un polygone de sécurité et les règles lors de leurs interventions. Quand vous voyez que la présence de citoyens est autorisée lors de certaines opérations, c’est que toutes les dispositions sécuritaires nécessaires ont été déjà prises au préalable. On ne peut en aucun cas mettre en danger la sécurité de nos concitoyens qui ne viennent d’ailleurs que pour féliciter leurs services de sécurité pour leur efficacité. Des services dont le professionnalisme et la rigueur sont aujourd’hui reconnus à l’international… Il n’empêche que dans notre pays, certains sous-estiment tout le monde, du policier à l’instituteur, sans parler du chaouch… Il y a une crise de valeurs chez certains, mais y remédier n’est pas la responsabilité des services de sécurité.

Ce manque d’estime de la part de certains ne fait en aucun cas oublier l’estime dont jouissent aujourd’hui les services de sécurité marocains au niveau international, comme vous venez de le souligner. Quelle est la recette de ce succès ?

Cette reconnaissance s’inscrit dans la continuité des résultats ayant fait suite aux profondes transformations qu’a connues le Maroc à l’ère du Roi Mohammed VI que Dieu le glorifie. L’institution sécuritaire a accompagné ces transformations stratégiques et a bâti un système sécuritaire fort qui préserve la légalité, les institutions, les constantes du pays et la dignité du citoyen ainsi que ses droits et ses libertés. Il n’y a pas de secret, le Maroc a su développer ses forces de sécurité et leur a donné les moyens de travail nécessaire, comme il a su mettre à jour son arsenal juridique. La force des services de sécurité réside aussi dans leur grande capacité d’anticipation, dans la parfaite complémentarité entre les différents services et l’échange permanent d’informations et d’expertise.

 

« Il y a une crise de valeurs chez certains, mais y remédier n’est pas la responsabilité des services de sécurité ».

Un système sécuritaire fort ne veut pas dire forcément un État policier ?

Cette terminologie commence à être galvaudé et on sait par qui. Tant en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme que les différentes formes de crime organisé ou encore les crimes transnationaux de blanchiment d’argent ou de traite des êtres humains, le système de sécurité marocain constitue une inspirante école. De même, le leadership du Maroc dans le domaine sécuritaire est connu et reconnu au niveau régional, continental et international. Face à l’extrême efficacité contre les cellules terroristes et qui font désormais la renommée mondiale des services de sécurités marocains, le citoyen se demande pourquoi ces services n’arrivent pas à mettre fin au phénomène de «tcharmil», notamment à Casablanca par exemple… Le mode opératoire des services de sécurité contre le terrorisme n’est pas le même que face à des problèmes d’insécurité urbaine. La lutte contre le terrorisme est un travail de longue haleine qui peut durer dans certains cas des mois et l’insécurité urbaine est un travail quotidien. Mais il faut juger de l’efficacité des services concernés, par les chiffres et non pas par des paroles en l’air. Il faut savoir que du 1er janvier à ce jour, nous avons procédé à l’interpellation de 520.000 personnes, parmi elles 110.000 étaient recherchées. Le taux de répression a été de 92%. Autres chiffres qui montrent l’efficacité des services de sécurité, 147 tonnes de haschisch ont été saisies dans le cadre d’une parfaite collaboration entre la PJ et la DST durant la même période. De même, nous avons procédé à la saisie d’un million 200.000 comprimés psychotropes, 62 kilogrammes de cocaïne, 6 kilogrammes d’héroïne et 22.500 armes blanches. Il faut aussi savoir que les problèmes de sécurité au Maroc ne sont en aucun cas comparables à plusieurs pays à travers le monde où là, on peut parler d’une vraie insécurité. L’approche sécuritaire donne de bons résultats dans notre pays, les autres approches éducatives, socio économiques et autres doivent aussi tendre vers la même efficacité.

Mais qu’est-ce qui donne à certains citoyens cette impression d’insécurité dès qu’ils parlent de quelques quartiers ?

Le citoyen a des droits, mais aussi des devoirs. Quand on habite un quartier, il y a forcément un arrondissement de police dirigé par un commissaire et disposant d’une brigade de la police judiciaire. Il suffit juste de les appeler par téléphone à chaque fois que se pose un problème d’insécurité. On peut même aller témoigner sans courir aucun risque puisque les témoins sont protégés par la loi dans notre pays. Mais cela ne sert à rien de se limiter aux critiques verbales et de verser dans le nihilisme. Je le redis, la sécurité est la responsabilité de tous.

Pour dénoncer des situations d’insécurité, certains choisissent de publier des vidéos via les réseaux sociaux. Sauf que vous mettez souvent en doute leur authenticité…

Nous prenons bien compte des vidéos dont l’authenticité est avérée, mais il y en a qui sont «préfabriquées». Nous avons 29 brigades de veille, au niveau national, qui sont spécialisées dans les crimes cybernétiques. Composées notamment d’ingénieurs d’État et de techniciens, leur travail consiste justement à mener les enquêtes techniques et opérationnelles nécessaires pour s’assurer de l’authenticité des publications liées à la sécurité dans le pays. Ce sont ces brigades qui déterminent rapidement si certaines vidéos concernent réellement le Maroc ou pas. On se souvient, par exemple, de la vidéo d’une agression dont on disait qu’elle a été filmée à Derb Omar. Après enquête, il a été vite déterminé que la scène a été filmée plutôt dans un pays de l’Amérique latine. Dans ce cas, la procédure judiciaire a été vite enclenchée pour interpeller celui qui a publié cette vidéo et les fausses informations qui l’accompagnent. Au-delà de ce cas, les citoyens doivent savoir que si quelqu’un filme une personne dans une piscine, dans un café ou sur une plage, et publie sa vidéo sans son consentement, il est passible de poursuites et de sanctions en application de la législation en vigueur qui prévoit des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans.

Des sanctions sont également prévues pour les insultes que certains publient sur les réseaux sociaux, n’est-ce pas ?

Effectivement ! Dans la cybercriminalité il y a aussi la cyberintimidation, comme il y a la sextorsion. Tous ces crimes sont punis par la loi que nul n’est censé ignorer.

Abordons maintenant un autre thème. Que pourriez-vous nous dire de la gestion des manifestations devant le Parlement et ailleurs ?

Il faut que le citoyen sache que notre devoir est d’assurer la sécurité lors des manifestations et des mouvements de protestation, mais nous ne sommes pas les négociateurs des manifestants et des protestataires. Le citoyen doit faire la part des choses et bien comprendre que chacun doit assumer ses responsabilités. Le dialogue et sa gestion relèvent des responsables des secteurs concernés par les manifestations ou les protestations. Nous intervenons quand certaines manifestations dérapent, avec des jets de pierre, des atteintes aux biens d’autrui, etc. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés dans ces cas. Et lors de ces interventions pour le maintien de l’ordre public, on entend certains dire «Etat policier». Je leur réponds que si le Maroc était un État policier, je ne serais pas là en train de répondre à vos questions. Et même celui qui fait de telles déclarations craindrait de le dire publiquement. Il faut bien qu’on le dise et qu’on se le dis, nous sommes un pays d’institutions démocratiques et nous sommes un État ancré dans l’Histoire.

Cela n’empêche pas certains d’accuser les services de sécurité de plusieurs maux. Dernièrement, on a accusé ces services d’avoir torturé Zefzafi…

Les accusations de cette personne qui a un problème avec la loi ne concernent que lui. Mais si vous voulez qu’on parle de la torture véritable, je vous dirai que c’est celle qu’ont subie des policiers qu’on a voulu brûler vif à l’intérieur de leur caserne en interdisant aux ambulanciers et aux pompiers l’accès au lieu délibérément incendié, avec l’utilisation de barricades. C’est cela pour moi la vraie torture à la fois physique, psychologique et morale. Pourtant, ces policiers ne faisaient que sécuriser pacifiquement les mouvements de protestation ayant duré plus de six mois et dont le nombre a dépassé 350. Je rappelle que pour la préservation de la sécurité, même en subissant les pires insultes et les plus intenables provocations, aucun policier n’a utilisé son arme de service. En faisant preuve d’une aussi incroyable retenue, ces policiers, que je félicite pour leur professionnalisme, ont bien montré qu’ils sont bien formés. Pour en revenir à l’accusateur que vous citez, il a lui-même déclaré au début de son procès que les services de sécurité se sont bien comportés avec lui. Maintenant, il peut dire ce qu’il veut. Ce sont ses dernières cartouches.

 

 

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