Neila Tazi : « Les activités culturelles seront les dernières à reprendre ».

A propos d’un éventuel déconfinement après les 20 mai, la présidente de la Fédération des industries culturelles et créatives de la CGEM joue la carte de la prudence et rappelle que le secteur lourdement impacté par la crise sanitaire du covid-19 « sera le dernier à reprendre car il repose sur des rassemblements et des flux de public ». Neila Tazi parle néanmoins « d’un regain de confiance chez les professionnels du secteur depuis la nomination du nouveau ministre qui a montré des signes forts dès sa prise de fonctions ».

 

 

Tout le monde parle d’un possible déconfinement le 20 mai, est-il possible?

Le déconfinement est un sujet sérieux dans lequel aucun Etat au monde n’a eu d’expérience. Sur cette question, il faut donc faire confiance aux autorités sanitaires qui, au Maroc, ont démontré une certaine maîtrise et un sens de l’engagement face à la pandémie. Au Maroc, le nombre de nouveaux cas ne baisse pas; ailleurs dans le monde, le virus se déclare par de nouveaux symptômes; le virus réapparaît à Wuhan; des jeunes sont contaminés (9% au Maroc, heureusement avec des symptômes légers) alors qu’on nous expliquait au départ que les enfants n’étaient pas vulnérables. Tout cela révèle que le covid-19 est beaucoup plus imprévisible qu’un simple virus respiratoire. L’heure est donc encore à la prudence, par un déconfinement probablement après le Ramadan, graduel et en deux phases adossées à un dispositif strict de gestes barrières. Il faut dans une première étape mettre le Maroc au travail pour toutes celles et ceux qui ont une activité professionnelle. Après évaluation de la première, on passera à la deuxième pour mettre la société en mouvement pour retrouver une vie normale.

Comment voyez-vous la relance du secteur de la culture après le déconfinement ? 

On ne relance pas une activité culturelle de la même façon qu’on rouvre un commerce ou une société de service. Une activité culturelle nécessite de la préparation et des délais de production incompressibles. Cela est valable pour l’ensemble des industries culturelles, créatives et événementielles. De fait le secteur est impacté sur une plus longue durée. Ajoutons à cela que les activités culturelles seront les dernières à reprendre car elles reposent sur des rassemblements et des flux de public. Il faudra donc attendre pour savoir quand cela sera possible avant de planifier des événements. Une forte anxiété a gagné les professionnels mais il y a un regain de confiance depuis la nomination du nouveau ministre qui a montré des signes forts dès sa prise de fonctions.

Le nouveau ministre de la Culture Othman El Ferdaous a justement injecté dès son arrivée 13 millions de dirhams pour venir en aide au secteur. Est-ce suffisant ?

C’est un acte important qui reflète un style, celui de l’efficacité et la volonté de faciliter le travail, de lever les blocages, de libérer les énergies. C’est de cela que le secteur a besoin, mais c’est un secteur qui a également besoin de plus d’ambitions et de moyens, et maintenant plus que jamais, car à l’instar de ce qui a été fait partout dans le monde, il faut faire de la culture un levier essentiel pour mettre la société en mouvement.

 

 

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