La "Samir" autorisée à continuer son activité. Quel avenir pour la raffinerie?
Le tribunal de commerce de Casablanca autorise la société "Samir" à poursuivre son activité pour une période supplémentaire de 3 mois.

Pour la 30ème fois, le tribunal de commerce de Casablanca a rendu un nouveau jugement autorisant la société "Samir" à poursuivre son activité pour une période supplémentaire de 3 mois. Houcine El Yamani, président du front national pour la sauvegarde de la Samir, apporte des précisions à ce sujet.

« L’autorisation de poursuivre l'activité ne signifie pas un retour à la production de l'entreprise, comme certains pourraient le comprendre. Par cette décision, le tribunal vise à maintenir les contrats en cours avec la société "Samir", y compris les contrats de travail, dans le but de vendre l'entreprise en tant que raffinerie de pétrole », explique président du front national pour la sauvegarde de la Samir, Houcine El Yamani ajoutant que « cette option est considérée comme la seule garantissant les droits des employés et les intérêts des créanciers, notamment l'État en raison des dettes douanières et des impôts indirects ». Le professionnel note qu’en cas de refus de l'autorisation de poursuivre l'activité, les employés restants (514 sur 964 au moment de la liquidation) seront définitivement licenciés et les unités de production seront démantelées et vendues sur le marché des débris à un prix insuffisant pour couvrir même les frais de démontage.

Avenir incertain

Le président du front national pour la sauvegarde de la Samir précise par ailleurs que la majorité des dettes de la société "Samir" sont des créances publiques, notamment un prêt de possession d'un montant de 12 milliards de dirhams accordé par le ministre des Finances Nizar Baraka sous le gouvernement de Benkirane. « Si la vente de la société "Samir" n'a pas lieu et que son activité continue en tant que raffinerie de pétrole, il deviendra impossible de récupérer les milliards de dirhams du trésor public coincés dans les dettes de la société "Samir", qui s'élèvent à plus de 90 milliards de dirhams », ajoute-t-il.

Houcine El Yamani appelle ainsi à une coopération entre le pouvoir judiciaire et exécutif pour protéger les intérêts du Maroc dans le dossier de la société "Samir" avant qu'il ne soit trop tard et que toutes les opportunités de sauvetage soient épuisées. Il insiste sur la nécessité d'établir la responsabilité et de poursuivre tous ceux qui ont mal géré cette affaire, depuis la privatisation jusqu'à la période post-liquidation, y compris les irrégularités commises par les dirigeants. « Il est primordial de mettre fin à la destruction des actifs matériels de l'entreprise et à la perte des ressources humaines, qui souffrent de conditions sociales déplorables en raison de la privation de salaires complets et de droits à la retraite », conclut-il.