Immobilier. Un marché en panne sèche
Le marché immobilier marocain démarre 2025 en net repli, marqué par une forte baisse des ventes malgré une relative stabilité des prix.

Le marché immobilier marocain vit une zone de turbulences depuis le début de 2025. Les transactions s’effondrent touchant aussi bien le résidentiel que le foncier et l’immobilier professionnel, tandis que les prix continuent, pour l’instant, à se maintenir. 

Entre janvier et mars, les ventes dans le secteur immobilier ont reculé de 30 % par rapport au trimestre précédent, selon Bank Al-Maghrib. Une contraction qui touche toutes les catégories : résidentiel, foncier et immobilier professionnel. En comparaison avec la même période de 2024, le volume global des transactions a chuté de 15,2 %.Le segment foncier est le plus durement touché : les ventes de terrains ont plongé de 33,1 % au premier trimestre, avec une baisse de prix de 2,5 %. Sur une année glissante, la contraction atteint 16,4 %, un signal inquiétant qui pourrait freiner les projets de construction à venir.L’immobilier professionnel n’est pas épargné. Les transactions reculent de 31,4 % sur trois mois, avec une chute particulièrement marquée des bureaux (-40,5 %). Les prix suivent la même tendance, en baisse de 4,2 % sur un an. Quant aux locaux commerciaux, ils tiennent un peu mieux : leurs prix restent stables, mais le volume des ventes recule de 29 % sur le trimestre.Résidentiel, la demande s’essouffleLe résidentiel, qui représente le cœur du marché, recule de 29,3 % en volume. Dans le détail, les ventes d’appartements chutent de 29 %, celles des maisons de 34,6 % et celles des villas de 31,8 %. Pourtant, les prix tiennent bon : +0,1 % par rapport à début 2024. Mais cette stabilité pourrait être trompeuse, tant la demande est pénalisée par la hausse des coûts de construction et les difficultés croissantes d’accès au crédit.Pour l’instant, les prix restent relativement figés : -0,1 % pour le foncier, -0,3 % pour l’immobilier professionnel. Mais les professionnels du secteur s’attendent à ce que la tendance baissière des ventes se poursuive ce qui pourrait finir par peser sur les prix.Le secteur immobilier, longtemps moteur de la croissance, se retrouve ainsi pris dans une double contrainte : une demande en berne et des financements plus difficiles. Si les volumes continuent de s’effondrer, la question n’est plus de savoir si les prix baisseront.