Réformes : L’Égypte accélère ses processus
Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé de nouveaux décaissements en faveur de l’Égypte dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (EFF) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF), tout en exhortant les autorités à accélérer les réformes structurelles.
L’institution a validé les cinquièmes et sixièmes revues du programme économique appuyé par l’EFF, ainsi que le premier examen au titre de la RSF. Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat d’environ 2,3 milliards de dollars, dont 2 milliards au titre de l’EFF et 273 millions dans le cadre de la RSF. Le programme EFF, initialement approuvé le 16 décembre 2022 pour une durée de 46 mois, a été prolongé jusqu’au 15 décembre 2026.Selon le FMI, les indicateurs macroéconomiques de l’Égypte se sont nettement redressés, portés par une politique monétaire et budgétaire restrictive ainsi que par une plus grande flexibilité du taux de change. La croissance du PIB réel a atteint 4,4 % au cours de l’exercice 2024/2025, tandis que l’inflation est retombée à 11,9 % en janvier 2026.Le déficit du compte courant s’est contracté à 4,2 % du PIB, soutenu par la solidité des transferts de fonds et des recettes touristiques. Les réserves internationales brutes ont progressé, passant de 54,9 milliards de dollars en décembre 2024 à 59,2 milliards en décembre 2025.Le Fonds relève également une amélioration de la situation budgétaire, grâce à une hausse des recettes fiscales et à une modération des investissements publics. Toutefois, le solde primaire demeure en deçà des objectifs fixés, en raison notamment de retards dans le programme de cessions d’actifs. Par ailleurs, le niveau élevé de la dette publique et l’importance des besoins de financement brut continuent de limiter les marges de manœuvre budgétaires.Sur le plan des réformes structurelles, les avancées sont jugées contrastées. Le FMI appelle à accélérer le retrait de l’État des secteurs non stratégiques et à renforcer la concurrence afin de promouvoir un modèle de croissance davantage porté par le secteur privé. Le maintien d’un régime de change flexible, la poursuite de la désinflation, l’élargissement de l’assiette fiscale et la mise en œuvre d’une stratégie globale de gestion de la dette figurent parmi les priorités.En parallèle, le programme soutenu par la RSF progresse, notamment sur le volet climatique. Les autorités ont publié un calendrier pour atteindre leurs objectifs en matière d’énergies renouvelables et adopté une directive imposant aux banques de déclarer leur exposition aux risques liés à la transition climatique.Malgré ces avancées, le FMI souligne que les risques restent élevés, en raison des tensions géopolitiques régionales et du resserrement des conditions financières internationales. L’institution appelle ainsi à poursuivre résolument les réformes afin de consolider une croissance durable et plus inclusive.**related_articles[20313-Enfants et écrans : le Parlement égyptien passe à l’action]**