Médiouna : un méga-centre pour tourner la page des déchets
Une décharge "verte" nouvelle génération

Une enquête publique vient d’être lancée autour du futur centre de stockage et de valorisation des déchets de Médiouna. Un projet de grande envergure appelé à transformer durablement la gestion des ordures dans la région de Casablanca-Settat.

La région de Casablanca-Settat s’apprête à franchir un cap dans la gestion de ses déchets. À Médiouna, un centre de stockage et de valorisation des ordures ménagères est en cours de concrétisation, avec un investissement global estimé à 3,1 milliards de dirhams. Objectif ? Répondre à une urgence environnementale tout en amorçant une transition vers une économie plus circulaire.Projet structurantUne première étape a été franchie en avril avec le lancement d’une enquête publique sur l’impact environnemental du projet. Cette procédure, prévue sur une durée de vingt jours, s’inscrit dans un cadre réglementaire visant à associer les citoyens et à garantir la transparence du processus.« S’étalant sur une superficie de 260 hectares au niveau de la commune Mejjatia Ouled Taleb le futur centre d’enfouissement et de valorisation des déchets de Casablanca est destiné à recevoir les déchets ménagers et assimilés de la commune de Casablanca et des communes relevant des provinces de Médiouna et de Nouaceur, soit une moyenne de 6.000 tonnes par jour », détaille le Centre régional d’investissement sur son site officiel. S’étalant sur une superficie de 260 ha, la nouvelle décharge sera dotée d’une capacité de traitement de 4400 tonnes/jour.Pensé sur une période de 33 ans, ce chantier s’inscrit dans la continuité d’une convention-cadre signée en 2023. Il vise avant tout à désengorger la décharge actuelle de Médiouna, aujourd’hui saturée et source de préoccupations sanitaires et environnementales. Le futur centre reposera sur des technologies avancées. Il comprendra notamment un site de stockage contrôlé, des unités de valorisation du biogaz, un système de traitement des lixiviats (jus de décharge) ainsi que des installations de production d’énergie. L’enjeu est double : réduire l’impact écologique des déchets et en valoriser une partie sous forme de ressources énergétiques.Levier économiqueAu-delà de la dimension environnementale, le projet se veut également un moteur de développement local. Doté d’un financement dépassant les 3 milliards de dirhams, dont 2 milliards mobilisés par le ministère de l’Intérieur, il devrait générer des emplois, directs et indirects, et contribuer à moderniser les infrastructures de la région. Le centre est appelé à traiter les déchets issus de plusieurs communes du Grand Casablanca, dans une logique de mutualisation et de rationalisation de la gestion des ordures.Face aux interrogations exprimées par une partie des riverains, les autorités mettent en avant le respect strict des normes environnementales sans dispositif d’incinération. Les études d’impact, réalisées avec l’appui d’experts internationaux, visent à limiter les nuisances, notamment dans cette zone à vocation agricole et en pleine croissance démographique.Dans le même esprit, des réunions d’information et des ateliers participatifs doivent être organisés afin de présenter les différentes phases du projet et recueillir les observations des citoyens. À terme, ce centre ambitionne de devenir un modèle de gestion durable des déchets, dans une région confrontée à une pression croissante sur ses infrastructures.