Festival Gnaoua 2026 : à Essaouira, les fusions musicales réinventent les traditions du monde
De Mehdi Nassouli à Richard Bona, en passant par Carlinhos Brown et Asma Lmnawar, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde fait de la création collective le cœur de sa 27e édition. À Essaouira, artistes marocains et musiciens internationaux se retrouvent autour de concerts-fusions où traditions africaines, jazz, gospel et sonorités contemporaines dialoguent sans frontières.
Depuis près de trois décennies, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira construit sa singularité autour d’une idée forte : faire de la rencontre un véritable espace de création. Ici, les traditions ne se contentent pas de coexister avec les musiques contemporaines. Elles se mêlent, s’écoutent et se réinventent dans des créations pensées spécialement pour le festival.Pour sa 27e édition, prévue du 25 au 27 juin, le rendez-vous d’Essaouira confirme cette identité artistique en réunissant Maâlems gnaoua, musiciens africains, artistes de jazz, voix du gospel et figures des scènes internationales autour d’un même langage : celui de la fusion et de l’expérimentation.Le concert d’ouverture donnera immédiatement le ton avec une création portée par Mehdi Nassouli, à la croisée de deux patrimoines inscrits à l’UNESCO : l’art gnaoua et la danse rwandaise Intore, représentée par la troupe i Buhoro. La création réunira également deux voix féminines remarquées, la chanteuse marocaine Sara Moullablad et l’artiste indienne ganavya, accompagnées du musicien français Sylvain Barou.Cette ouverture s’inscrit dans une démarche initiée par le festival autour des patrimoines africains inscrits à l’UNESCO, après des mises à l’honneur consacrées à la Côte d’Ivoire en 2024 puis au Sénégal en 2025. Cette année, le Rwanda occupera une place particulière dans cette programmation tournée vers les dialogues culturels africains.Autre moment fort de cette édition : la résidence artistique, véritable laboratoire de création du festival. Chaque année, des musiciens venus d’horizons différents y construisent une œuvre collective à travers un travail de recherche, d’écoute et d’improvisation. Pour cette édition 2026, Maâlem Hassan Boussou mènera une création réunissant Alexandre Herichon, Mohamed Derouich, Jacques SchwarzBart, Cheikh Ndoye, Karim Ziad et Meryem Aassid. Une œuvre inédite qui sera dévoilée pour la première fois à Essaouira.Le festival proposera également une rencontre musicale entre le Maroc et l’Éthiopie à travers la fusion entre Maâlem Mohamed Montari et Badume’s Band accompagné de Selamnesh Zéméné. Entre rythmes gnaoua et mélodies éthiopiennes, cette création explorera les résonances profondes entre deux héritages musicaux africains.Autre dialogue attendu : celui du gospel américain et de la tradition gnaoua. The Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan partagera la scène avec Mehdi Qamoum dans une création où les voix du gospel rencontreront les pulsations du guembri, autour d’une même énergie spirituelle et collective.Le Brésil sera également présent avec le retour très attendu de Carlinhos Brown, qui se produira aux côtés de Maâlem Hamid El Kasri. Cette rencontre promet une fusion festive et organique entre rythmes afro-brésiliens et traditions gnaoua, portées par deux figures majeures des musiques du monde.Enfin, le bassiste camerounais Richard Bona accueillera la chanteuse marocaine Asma Lmnawar pour une collaboration spéciale qui prolongera un dialogue artistique déjà amorcé entre les deux artistes.Avec cette 27e édition, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde confirme une nouvelle fois sa place singulière dans le paysage culturel international : un espace où les patrimoines vivants se croisent, où les frontières musicales s’effacent et où la création se construit collectivement, au rythme d’Essaouira.