Cybercriminalité : Grand coup de filet d’Interpol dans la région MENA
Des centaines de suspects interpellés et des plateformes démantelées

Des milliers de victimes identifiées, des centaines de suspects arrêtés et des réseaux d’escroquerie numérique démantelés. Coordonnée par Interpol, l’opération « Ramz » a mobilisé treize pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, dont le Maroc en révélant l’ampleur croissante des cyberattaques et des fraudes en ligne qui frappent la région.

Une vaste offensive régionale contre la cybercriminalité vient de dévoiler l’ampleur des réseaux d’escroquerie numérique opérant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Coordonnée par Interpol, l’opération baptisée « Ramz » a permis d’identifier des milliers de victimes, d’interpeller des centaines de suspects et de démanteler plusieurs infrastructures utilisées pour des attaques en ligne.Des milliers de victimesMenée entre octobre 2025 et février 2026 dans treize pays de la région, cette opération visait principalement les réseaux spécialisés dans les fraudes numériques, les campagnes d’hameçonnage et les plateformes d’arnaques financières. Selon l’organisation policière internationale basée à Lyon, près de 3.867 victimes ont été recensées au cours des investigations.Les services de sécurité engagés dans cette campagne ont procédé à l’arrestation de 201 suspects, tandis que 382 autres personnes ont été identifiées dans le cadre des enquêtes en cours, annonce Interpol dans un communiqué publié sur site officiel ce lundi 18 mai 2026. Les opérations ont également conduit à la saisie d’une cinquantaine de serveurs utilisés pour des activités cybercriminelles.En Jordanie, les enquêteurs ont arrêté une quinzaine d’individus soupçonnés d’avoir piégé des victimes à travers une prétendue plateforme de trading présentée comme légitime. Une fois les fonds déposés, l’accès à la plateforme devenait impossible, laissant les investisseurs sans recours, ajoute la même sourcce.Escroquerie et traite humaineLes investigations ont par ailleurs révélé une dimension plus grave du dossier. D’après Interpol, plusieurs personnes impliquées dans ces opérations étaient en réalité des victimes de traite humaine. Recrutées dans des pays asiatiques sous de fausses promesses d’emploi, elles auraient été dépouillées de leurs passeports à leur arrivée en Jordanie puis forcées de participer aux activités du réseau, détaille le communiqué.Au Qatar, les autorités ont découvert des ordinateurs piratés utilisés à l’insu de leurs propriétaires pour diffuser des menaces informatiques et mener des cyberattaques. Au Maroc, les investigations ont abouti à la saisie de plusieurs équipements informatiques, notamment des ordinateurs, des smartphones et des disques durs externes contenant des données bancaires ainsi que des logiciels destinés à des opérations d’hameçonnage.Mobilisation régionaleInterpol souligne également que cette opération a reposé sur un important partage de renseignements entre les pays participants. Près de 8.000 informations jugées cruciales ont été échangées afin de soutenir les enquêtes et de faciliter l’identification des réseaux criminels. "Treize pays ont pris part à l’opération « Ramz » : le Maroc, l’Algérie, la Libye, le Bahreïn, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, le Liban,Oman, la Palestine, le Qatar, la Tunisie et les Émirats arabes unis", énumère Interpol. Cette mobilisation intervient alors que la cybercriminalité continue de représenter une menace économique mondiale majeure. Dans une étude publiée en avril 2025, le Forum économique mondial estimait que les activités cybercriminelles coûtaient à l’économie mondiale près de 18 millions de dollars par minute, soit environ 9.500 milliards de dollars par an.