La diaspora marocaine veut investir… et passe déjà à l’action
Une nouvelle génération de Marocains du Monde veut désormais transformer son attachement au Royaume en investissements concrets dans les secteurs d’avenir.

À Tanger, le Forum national sur « l’Investissement et les Marocains du Monde » a révélé une nouvelle génération de MRE qui ne veulent plus seulement transférer de l’argent, mais investir dans les start-up, la tech, l’IA ou encore l’industrie spatiale. Certains ont déjà franchi le pas.

À Tanger, le Forum national sur « l’Investissement et les Marocains du Monde » n’a pas seulement réuni des institutions et des décideurs publics. Dans les couloirs du forum, ce sont surtout des entrepreneurs, investisseurs et cadres marocains venus des quatre coins du monde qui ont donné corps à une nouvelle dynamique : celle d’une diaspora qui ne veut plus uniquement transférer de l’argent vers le Maroc, mais participer directement à la création de projets, d’emplois et d’innovations. Finance, tech, spatial, intelligence artificielle, santé ou encore start-up : les témoignages recueillis en marge de l’événement traduisent une évolution profonde du profil des Marocains du Monde. Beaucoup arrivent désormais avec des compétences internationales, des réseaux d’affaires et une volonté affichée de s’inscrire dans la transformation économique du Royaume.Parmi eux, Adil Lekrafi, dirigeant d’un cabinet de conseil en finance de marché, raconte comment un simple groupe de réflexion entre Marocains installés à l’étranger s’est transformé en véritable structure d’investissement. Il y a un an et demi, avec plusieurs membres de la diaspora, il lance un club dédié au financement et à l’accompagnement des start-up marocaines.
Adil Lekrafi président-directeur général d'ALFIC et cofondateur de MFOUNDERS.
Depuis, 17 jeunes entreprises ont été soutenues dans des secteurs très variés : fintech, agritech, éducation... mais aussi industrie spatiale. « Nous n’apportons pas seulement du financement. Nous partageons aussi notre temps, notre expertise et nos réseaux internationaux », explique-t-il.Le club rassemble aujourd’hui une centaine de membres répartis entre le Maroc, la France, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni ou encore le Japon. Leur objectif : ouvrir des passerelles entre les entrepreneurs marocains et les marchés internationaux. « Nous voulons aider les start-up marocaines à grandir au Maroc mais aussi à l’international », souligne Adil Lekrafi.Cette même volonté d’investir et de transmettre se retrouve chez Najima El Arbaoui, députée à Bruxelles et entrepreneuse dans les secteurs médical et informatique. Née en Belgique, elle affirme garder un lien fort avec le Maroc et voit dans le Royaume un terrain d’opportunités pour les années à venir.
Najima El Arbaoui femme d'affaires, entrepreneure et membre du parlement de la Région de Bruxelles-Capitale.
« Le Maroc, c’est le futur et pour investir, c’est le moment », affirme-t-elle. Forte de 17 années d’expérience dans l’informatique, elle envisage désormais d’investir dans la tech au Maroc, convaincue du potentiel de la jeunesse marocaine et des compétences locales dans le numérique.Au-delà des annonces institutionnelles, le forum semble avoir joué un rôle concret de mise en relation entre investisseurs, entrepreneurs et administrations. Plusieurs participants saluent la qualité des échanges avec les Centres régionaux d’investissement, les ministères et les structures d’accompagnement présentes sur place.C’est également le cas de James Benouda, entrepreneur marocain installé à l’étranger ayant choisi de revenir investir au Maroc dans un secteur encore émergent : l’industrie spatiale. Son entreprise développe au Maroc des équipements destinés aux tests et à la qualification de satellites et de composants spatiaux. « Nous avons développé des machines conçues et fabriquées au Maroc qui respectent les standards de la NASA et de l’Agence spatiale européenne », explique-t-il.
James E. Benouda directeur général de QUBE Testing et cofondateur d’ALQAMAR Space.
L’entrepreneur affirme vouloir faire du Maroc une base industrielle tournée vers l’Afrique, les pays du Sud mais aussi les start-up européennes et américaines du secteur spatial. Pour lui, le forum a surtout permis de créer des connexions inédites entre Marocains du Monde partageant les mêmes ambitions entrepreneuriales.À travers ces témoignages, une tendance se dessine clairement : une nouvelle génération de Marocains du Monde cherche désormais à investir dans l’innovation, la technologie et les secteurs à forte valeur ajoutée, avec l’ambition de participer directement à la montée en puissance économique du Royaume.