Forum de Paris sur la Paix. INNOVX veut accélérer la transformation agricole de l’Afrique.
À Rabat, INNOVX a plaidé pour une agriculture africaine mieux financée, plus innovante et capable d’accélérer les transitions résilientes du continent.

À Rabat, lors de la Réunion de printemps du Forum de Paris sur la Paix, INNOVX a mis en avant la transformation agricole comme levier majeur de résilience, de sécurité alimentaire et de développement économique en Afrique. L’accent a été mis sur la mobilisation des financements, l’innovation et le renforcement des chaînes de valeur agricoles à l’échelle du continent.

Alors que les débats du Forum de Paris sur la Paix se sont ouverts à Rabat sous le thème des « transitions résilientes », l’agriculture africaine s’est imposée comme l’un des principaux sujets de réflexion. Face aux défis de la sécurité alimentaire, du changement climatique et de la croissance démographique, plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de repenser les modèles de développement agricole du continent.Prenant la parole lors des travaux consacrés à l’initiative Atlas-MAVA, Younes Addou, vice-président en charge de l’Agrobusiness et des Solutions de durabilité chez INNOVX, filiale du Groupe OCP, a rappelé le rôle stratégique de l’agriculture dans les trajectoires de développement africaines. « L’agriculture n’est pas seulement essentielle pour la sécurité alimentaire de l’Afrique. Elle constitue également l’une des plus grandes opportunités pour accélérer le développement économique, renforcer la résilience climatique et créer de la valeur sur l’ensemble du continent », a-t-il affirmé.Un secteur stratégique mais encore sous-financéMalgré son poids économique et social, l’agriculture africaine demeure confrontée à de nombreux obstacles. Selon Younes Addou, le secteur emploie près de 60 % de la population active du continent et contribue de manière significative aux économies nationales, tout en restant insuffisamment financé et fortement fragmenté.Pour le responsable d’INNOVX, cette situation limite la capacité des filières agricoles à moderniser leurs pratiques, à améliorer leur productivité et à attirer les investissements nécessaires à leur transformation.« Répondre à ces défis nécessite plus que des financements. Cela exige davantage de coordination, des partenariats solides et un effort collectif permettant de relier les politiques publiques, les technologies, les investisseurs et les acteurs de terrain », a-t-il expliqué.C’est dans cette logique qu’a été lancée l’initiative Atlas – Agricultural Transitions Lab for African Solutions – destinée à favoriser le dialogue entre décideurs publics, institutions financières, entreprises et organisations internationales autour des enjeux agricoles du continent.Associée au programme MAVA, né du partenariat entre l’International Finance Corporation (IFC) et le Groupe OCP et piloté par INNOVX, cette plateforme ambitionne de faciliter la mobilisation des investissements et le développement de modèles économiques durables. L’objectif est notamment d’aider les investisseurs à identifier des projets bancables, de renforcer les chaînes de valeur agricoles africaines et d’améliorer l’accès des producteurs aux technologies, aux services financiers et aux marchés.Le défi de l’innovation à grande échellePour Younes Addou, l’Afrique ne manque plus d’initiatives innovantes. Des solutions émergent aujourd’hui dans des domaines aussi variés que l’agriculture intelligente face au climat, la mécanisation, les services numériques ou encore l’inclusion financière. Le véritable enjeu réside désormais dans leur déploiement à grande échelle. « Le défi n’est plus l’innovation elle-même, mais la capacité à créer les écosystèmes qui permettront à ces solutions d’atteindre des millions d’agriculteurs », a-t-il noté.Cette problématique était au cœur des discussions organisées à Rabat, où les participants ont exploré différentes pistes pour mobiliser davantage de capitaux privés, réduire les risques perçus par les investisseurs et favoriser l’émergence de nouveaux mécanismes de financement adaptés aux réalités du secteur agricole.Au-delà des questions agricoles, les débats du Forum de Paris sur la Paix ont mis en évidence le lien étroit entre sécurité alimentaire, développement économique et stabilité sociale.Pour les acteurs réunis à Rabat, renforcer la résilience des systèmes agricoles africains constitue désormais une condition essentielle pour réussir les grandes transitions économiques, climatiques et énergétiques du continent.Dans cette perspective, l’initiative Atlas-MAVA entend contribuer à faire émerger des coalitions d’acteurs capables de transformer les ambitions en projets concrets et d’accompagner durablement les agriculteurs africains face aux défis des prochaines décennies.